- lun, 07/09/2026 - 12:56
KINSHASA, PARIS, BRUXELLES.
Le Soft International n°1674 | LUNDI 7 SEPTEMBRE 2026.
En rasant la tour Dikembe Mutombo, sur les hauteurs du quartier Binza UPN, l’Hôtel de ville ou Daniel Bumba Lubaki, le gouverneur de la ville depuis le 29 avril 2024, c’est selon, vient de démontrer à la face des Kinois qu’il n’y aura pas d'intouchables dans sa croisade de démolition des constructions anarchiques érigées dans la capitale.
Çà et là, à Kinshasa, surtout dans des communes crève-misère - Kimbanseke, Matete, Ngiri-Ngiri, Bandalungwa -, marchés de survie des familles entières, flats-hôtels, échoppes, bars et terrasses, n’ont nullement bénéficié d’une moindre mesure de compassion des autorités urbaines.
Pour de nombreux vendeurs, le choc reste difficile à surmonter. À la veille de la rentrée scolaire, une école a été rasée, vendredi 21 août, dans la commune de Barumbu, malgré les doléances et les pleurs à chaudes larmes des parents dont beaucoup avaient payé les trois quarts des frais scolaires exigés dans toutes les écoles de Kinshasa.
Le ministre provincial de l’Environnement, de la Propriété et de l'Embellissement de la ville, Léon Mulumba Mwana Nshiya, reste intraitable. « Tout édifice qui se retrouve sur l’emprise publique sera rasé sans autre forme de procès», répète-t-il ou fait-il répéter.
Pour ce conseiller municipal de la commune de Ngaliema non autrement identifié dont des documents de valeur ont été emportés lors de la démolition de la tour Dikembe Mutombo - du nom de la figure emblématique de la NBA et membre du Naismith Memorial Basketball Hall of Fame éteint lundi 30 septembre 2024 à 58 ans des suites d'un cancer du cerveau -, « les pouvoirs publics doivent manifester la même fermeté face aux commerces et biens immobiliers tenus par des expatriés qui se retrouvent dans la case des constructions anarchiques, notamment dans la commune de la Gombe ».
DES INTOUCHABLES.
Mais, pour le conseiller municipal, «l’Hôtel de ville a cessé toute menace de démolition contre l’immeuble Bisou-Bisou sur l’avenue du Commerce. Ici, badauds et commerçants à la sauvette soutiennent que Brazzaville aurait appelé Kinshasa pour plaider en faveur de l’immeuble qui appartient, non pas à un Kino-congolais mais à un commerçant d’outre-fleuve, Gervais Milandou N'lemvo ».
Né au Congo-Brazzaville, l'homme d'affaires brazza-congolais multi-millionnaire en $US qui a acquis la nationalité r-dcongolaise après la guerre au Congo-Brazzaville en 1997, est un partenaire de taille de la Banque Centrale du Congo, BCC.
Propriétaire et Président du Conseil d'Administration, PCA, de l'empire MilTex, qui compte plusieurs sociétés - Léon Hôtel de la Paix Brazzaville, Léon Hôtel Kinshasa, Léon Hôtel Centre Ville-Brazzaville, transport avec trois bus de voyage et un canot rapide, centres commerciaux La Galerie Bisou Bisou, Galerie Le Délice, livraison à domicile, livraison express par moto, formation avec l’académie « Léon Academy », IMF Bisou Bisou SA micro finance, etc. - Miltex pèse plus de 30 millions de $US d’actifs. Fin avril 2026, le D-G de la micro-finance, Paul Odimba- un nom qui rappelle l’ex-famille présidentielle gabonaise restée incontournable dans les affaires- a dit avoir reçu une note de satisfecit de la BCC par rapport à l’instruction n°55.
Voilà pourtant 20 mois déjà qu’à l’issue d’une réunion interministérielle regroupant notamment l’alors ministre des Affaires foncières, Acacia Badumbola Mbongo et le Gouv' Daniel Bumba Lubaki, a été levée la décision de démolir toutes les constructions anarchiques qui sont à moins de 100 m du fleuve Congo.
« En ce qui concerne le site de baie de Ngaliema, le gouvernement instruit le gouverneur de la ville de Kinshasa à démolir toutes les constructions qui sont à moins de 100 m du fleuve Congo et les certificats d’enregistrement des constructions anarchiques seront annulés », lit-on dans le communiqué conjoint des ministres Affaires foncières et Urbanisme et Habitat.
Mais dans le même communiqué, la ministre des Affaires foncières se dégonfle en suppliant le promoteur du site de Majestic River, « à se conformer aux lois de la République ». Majestic River est, en fait, un bateau à trois ponts servant de bars, restaurants, etc., hôtels.
Son propriétaire, multi-millionnaire en $US, Jean-Claude Hoolans, né à Kisangani de père belge et mère congolaise, a aménagé à sa manière un débarcadère sur le fleuve dans les parages des installations du groupe de sécurité privé, G4. Les Hoolans tiennent l’économie de la province du Sud-Ubangi, au lendemain de l’extinction de l’empire Bemba Saolona.
À leur actif, Miluna (Green Center Gwaka), une concession agricole de plus de 25.000 ha rachetée à la société Unilever ou encore Nocafex, portée sur la logistique, les transports fluvial et routier des produits agro-alimentaires, Green Congo Development, GCD, qui s'investit dans la Zone économique spéciale, ZES, de Gwaka. Les Hoolans n’ont visiblement que faire des menaces de démolition de leur beach Majestic River proférées par l’Hôtel de ville et le ministère des Affaires foncières.
Mais la ministre de l’Environnement, développement durable et nouvelle économie du climat, Marie Nyange Ndambo tient à « anticiper les risques liés au changement climatique », a-t-elle soutenu en annonçant la création de l’Office congolais de l’Eau, OCE, onze ans après la promulgation de la loi n°15/026 du 31 décembre 2015 relative à l’eau communément appelée Code de l’eau.
Au Congo, il est établi, aux termes de ce texte, que les fonds riverains d’un cours d’eau ou d’un lac sont grevés, sur chaque rive, d’une servitude d’utilité publique d’une largeur de 100 m à partir des berges, dite servitude de libre accès, destinée à permettre la mobilité des engins de curage et d’entretien et à l’administration de l’eau d’installer des moyens de signalisation, de mesure et de relevé.
Et que le titulaire d’un droit réel immobilier ou toute personne ayant la jouissance d’un fonds grevé de servitudes est tenu de s’abstenir de tout acte pouvant nuire à l’objet pour lequel la servitude a été établie.
Par ailleurs, les fonds inférieurs, dits fonds servants, sont tenus, envers ceux plus élevés, dits fonds dominants, de recevoir les eaux qui en découlent naturellement.
Un arrêté conjoint des ministres ayant les Affaires foncières et l’Urbanisme dans leurs attributions devrait fixer les conditions et modalités de l’établissement des servitudes ci-dessus, les droits de l’État ou du concessionnaire du fonds auquel la servitude est due, ainsi que les causes et modalités de l’extinction de ces servitudes.
Le Code de l’eau stipule également que des aires de protection sont établies autour de sources, cours d’eau ou parties de cours d’eau, de retenues de barrage, de lacs, de mares, zone de captage d’eau souterraine et, d’une manière générale, des étendues d’eau destinées au moins partiellement, à la consommation humaine ou animale.
Ces aires sont également instituées pour protéger des zones de recharge des nappes souterraines. Pour besoin de captage d’eau de consommation, des périmètres de protection, en tant que mesure de salubrité publique, sont obligatoires. En clair, toutes les constructions le long du fleuve dans la Capitale sont anarchiques.
À vol d’oiseau, l’on peut constater que des biens immobiliers comme Waterfront Villas, entre l’avenue des Nations-Unies et le Fleuve, les tours Protea Hotel by Marriot non loin du Casier judiciaire, The King Tower, 28 étages, érigé directement sur les berges de la Gombe, le Royal Tower dans le quartier diplomatique, les immeuble Rays, la Galerie du Fleuve de SOGECO, l’immeuble Concorde, etc., la concession Utexafrica, etc., pourraient être visées par les mesures ci-haut énumérées. Tous sont des biens des étrangers lotis d’une certaine puissance financière. Et pas seulement.
Certes, le Code de l’eau précise que «tout propriétaire d’une construction, clôture ou plantation existant dans les zones grevées d’une servitude ou érigée en contradiction avec les interdictions et prescriptions relatives aux périmètres de protection, dispose d’un délai de douze mois, à dater de la publication des mesures d’application de la présente loi, pour la démolir…
Lorsque la construction, la clôture ou la plantation est couverte par un titre immobilier légal, le délai prévu à l’alinéa précédent court à partir du paiement d’une juste et préalable indemnité au propriétaire».
POLD LEVI MAWEJA.





