- lun, 19/10/2026 - 12:20
KINSHASA, PARIS, BRUXELLES.
Le Soft International n°1679 | LUNDI 19 OCTOBRE 2026.
On attendait toujours le week-end une réaction quelconque de l'opposition congolaise, incarnée aujourd'hui, par la Coalition Article 64 pour la défense de l'Ordre constitutionnel, C64, mais, à l'heure où nous allons sous presses, rien n'est entendu.
Hormis, un communiqué de presse sous ferme de démenti daté de jeudi 15 octobre 2026 infirmant des informations relayées sur les réseaux sociaux faisant état d'un débat au sein du présidium de la C64 sur la sortie du Front pour la Refondation de la Nation, FRN, mouvement politico-militaire présidé par l'ancien président congolais Joseph Kabila Kabange.
Selon ce communiqué signé par Matthieu Luboya, Nicolas Lenga, Évariste Bwema et Faustin Batonga, au nom du Secrétariat technique et opérationnel de la Coalition Article 64, «le Secrétariat Technique et Opérationnel «STOP», organe technique de «C64», informe l'opinion, tant nationale qu'internationale qu'un tel débat n'a jamais eu lieu au sein de son organe exécutif.
La question n'a pas encore été inscrite à l'ordre du jour, ni du Présidium ni de la Conférence des Présidents. Toute information circulant dans ce sens constitue donc un fake news et n'engage que ses auteurs».
Une question néanmoins qui en révèle tout : faut-il un débat, mieux, un débat de combien d'heures, de combien de jours, de combien de semaines pour que cette opposition C64 réagisse, mieux, communique après/sur une aussi énorme initiative prise par l'ancien président de la République, Joseph Kabila, qui fait disparaître deux anciennes rébellions, AFC, Alliance Fleuve Congo et M23, Mouvement du 23 mars, pour prendre lui-même a tête d'une énième rébellion, le FRN, acceptant de désigner comme vice-président de la nouvelle rébellion chacun des dirigeants de ces anciennes rébellions, à savoir, Corneille Nangaa Yobeluo, AFC, Bertrand Bisimwa et Sultani Makenga, M23 ?
LONG SILENCE AU C64.
Ce long temps dont a besoin la C64 qui s'est tue à ce jour et dont Moïse Katumbi Chapwe, Martin Fayulu Madidi, Delly Sesanga Hipungu Dja Kaseng Kapitu, Jean-Marc Kabund A Kabund, sont les leaders connus, n'en dit-il pas plus ? Ces opposants auraient-ils été surpris par Kabila? Mieux, auraient-ils été piégés ?
Il reste qu'au sein de l'USN, l'Union Sacrée de la Nation, la coalition parlementaire dirigeant le parlement congolais sous le président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et qui compte notamment des proches de l'ancien président, tous à l'unanimité - personnalités qui étaient à ce jour ou pas comme proches de Kabila -, les réactions ne se sont pas fait attendre.
On pourrait citer Patrick Nkanga Bekonda, le rapporteur du bureau politique du PPRD, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, de l'ancien président, qui, dans un communiqué daté de lundi 12 octobre 2026, a annoncé son départ de ce parti et la fin de ses responsabilités comme rapporteur du bureau politique.
Nkanga présente cette décision comme «lourde et pénible», indique vouloir prendre un temps de réflexion avant de définir une nouvelle orientation politique.
Vice-présidente de la Ligue des jeunes du PPRD, Allegra Fosh Ngalula a annoncé sa démission de ce parti dans une lettre datée du même 12 octobre.
Il y a l'ancienne ministre des Droits humains sous Kabila, Marie-Ange Mushobekwa. «Maintenant qu’il a choisit d’emprunter la voie armée pour défendre ses convictions politiques, je décide de prendre des distances avec cette voie à laquelle je ne suis liée de près ou de loin », écrit le 12 octobre l'ancienne ministre par son compte sur la plateforme X (ex-Twitter).
D'autres noms à citer parmi tant d'autres : l'ancien président de l'Assemblée nationale Vital Kamerhe Lwa Kanyiginyi Nkingi, l'ancien président de l'Assemblée nationale Thomas Luhaka Losenjola, l'ancien président du Sénat Modeste Bahati Lukwebo, l'homme d'affaires katangais Soriano Raphaël Katebe Katoto, l'homme politique katangais Jean-Claude Muyambo Kyassa qui désigne publiquement Kabila fils de parricide, l'ancien ministre et ancien directeur de cabinet de l'ancien président, Théophile Mbemba Fundu di Luyindu, Parole Kamizelo Sukadi, Henry Magie Walifetu, etc.
Ce dernier, proche et communicant de l'ancien président, qui avait même rejoint la rébellion à Goma, estime que «le FRN est mal né».
« Lors de la création du FRN, nous étions en droit d'attendre un mouvement national capable de rassembler les Congolais autour d'un projet commun. Malheureusement, ce qui devait être un grand rassemblement donne aujourd'hui l'impression de s'orienter vers une confédération d'intérêts ethniques et tribaux », déclare Henry Magie Walifetu qui dresse un parallèle historique qui fait mal « AFDL, RCD, CNDP, M23 et, aujourd'hui AFC et FRN.
Les appellations changent, mais les mêmes contradictions persistent. Les revendications nationales cèdent progressivement la place à des revendications ethniques et tribales», déclare-t-il.
Parmi les dernières réactions, celle de Daniel Vubu Munganga Tshikeva, le Secrétaire général du parti ECO, du député national Jean-Claude Masangu Mulongo, qui, à ce jour, a connu comme gouverneur la durée la plus longue de l'histoire - seize ans de 1997 à 2013 - à la Banque Centrale du Congo, BCC. Nommé par le père Kabila, le fils l'y a laissé de 2001 à 2013.
VÎNT MASANGU MULONGO.
« En ma qualité de Secrétaire Général du Parti Politique Engagement pour le Congo, ECO, Parti cher à l'Honorable Député National et Gouverneur Honoraire de la Banque Centrale du Congo, Jean-Claude Masangu Mulongo, écrit Daniel Vubu Munganga Tshikeva, j’ai noté que la sortie médiatique précipitée de M. Joseph Kabila Kabange, le 9 octobre dernier, fait suite au diagnostic, sans état d’âme avec chiffres à l’appui, sur l’économie congolaise présenté par le Gouverneur Honoraire sur la plateforme Space X le mardi 6 octobre».
Puis : « Par ailleurs, Son Excellence Monsieur le ministre des Finances, Doudou Fwamba, dans sa réaction au discours du Sénateur à vie du 9 octobre, est venu non seulement renforcer les propos du Gouverneur Honoraire mais enfoncer le clou avec des chiffres complémentaires tout aussi têtus et qui balaient tout débat.
J’exprime mon indignation face à la création du mouvement politico-militaire dénommé le Front pour la Refondation de la Nation, FRN, et dont son président n’est autre que le Sénateur à vie et Président Honoraire de la République, Joseph Kabila Kabange.
En tant qu’ancien Chef de l’État, resté aux commandes pendant dix-huit ans successifs, doit pouvoir répondre de son bilan devant l’Histoire. Il a eu tout le temps nécessaire pour mettre en œuvre sa vision de la société, pour contribuer à la construction de la nation et pour mettre fin à la guerre de trente ans nous imposé par le Rwanda».
Puis : «Ainsi, je rappelle ici que la démarche de «refondation» qu’il entreprend aujourd’hui risque de faire imploser le Congo, de l’amener aux affres de la guerre et d’en subir toutes les conséquences qui en découlent, y compris la balkanisation.
Par conséquent, je condamne fermement, au nom du parti ECO, toute démarche visant à faire des armes un moyen de conquête du pouvoir ou de règlement des désaccords politiques. On ne libère pas un peuple en le faisant saigner ! Pour ECO, la refondation nationale ne peut se construire sur base d’une confrontation armée.
Elle doit reposer sur un dialogue national sincère et responsable ayant pour objectif l’intérêt supérieur de la nation, la cohésion nationale, la défense de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la nation».
D. DADEI.





