Surveillance renforcée à N'Djili-Aéro
  • lun, 29/06/2026 - 10:54

KINSHASA, PARIS, BRUXELLES.
Le Soft International n°1667 | LUNDI 29 JUIN 2026.

À l’Aéroport International de N’Djili, la surveillance des passagers en provenance des zones affectées par le virus Ebola a été renforcée par les services sanitaires.

«Concrètement, nous établissons une liste préalable des personnes revenant des zones touchées par l’épidémie, notamment l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Cette liste est ensuite transmise aux différents services concernés, en particulier à la Direction Générale de Migration (DGM)», a déclaré Mireille Lembwadio, coordinatrice provinciale au Programme national de l’hygiène aux frontières (PNHF), service public de surveillance des épidémies aux frontières du pays.

Elle a indiqué que, grâce à son système d’information, la DGM est en mesure, comme dans d’autres situations nécessitant des restrictions de déplacement, d’identifier ces personnes et de leur interdire de voyager pendant la période requise.

«Dès leur arrivée à Kinshasa, les voyageurs sont clairement informés de cette mesure. Il ne s’agit nullement de leur cacher une information, mais au contraire, de les sensibiliser en amont. Nous leur expliquons qu’à leur arrivée dans une zone non épidémique, ils ne pourront pas effectuer de voyage international pendant 21 jours» et, durant cette période, les passagers font l’objet d’un suivi sanitaire.

«Si, au terme de cette observation, ils ne présentent aucun symptôme, ils seront autorisés à voyager. En revanche, si des symptômes apparaissent ou si la maladie est confirmée, les passagers devront être pris en charge conformément aux protocoles sanitaires en vigueur, avant d’observer, une fois guéris, une nouvelle période de surveillance de vingt et un jours».

Mireille Lembwadio a salué la coordination multi sectorielle impliquant dans le cadre de cette opération, la DGM, la Régie des Voies Aériennes (RVA), la police des frontières, les Forces armées ainsi que l’ensemble des services concernés. Ces services disposent des mêmes informations grâce à un système interne de gestion et de partage des données.

Et les personnes soumises à cette restriction sont facilement identifiées et empêchées d'effectuer un voyage à l'étranger. Le ministère de la Santé a la capacité de recouper ces informations par le système d’encodage de la fiche sanitaire du voyageur. Un dispositif qui permet, dès les premières étapes du processus, d’informer le voyageur qu’il n’est pas autorisé à voyager s’il revient d’une zone épidémique.

«Certaines personnes nous demandent parfois s’il leur est permis de retourner en Ituri plutôt que de rester à Kinshasa, notamment en raison du coût de la vie. La réponse est oui. Toutefois, si elles retournent dans une zone épidémique, le délai de 21 jours recommencera intégralement à courir à partir de leur prochain retour dans une zone non touchée par l’épidémie», a-t-elle fait remarquer.

«Il est essentiel que cette mesure soit comprise dans la mesure où elle est contraignante mais relève avant tout d’une démarche de prévention. Il est préférable d’agir de manière proactive aujourd’hui plutôt que d’attendre une augmentation du nombre de cas avant de réagir», a insisté Mireille Lembwadio.

La reprise rapide des vols d’Air France interrompu depuis deux jours est un élément rassurant. Pendant les deux jours de suspension, la compagnie a pris le temps de mieux comprendre les mesures sanitaires mises en place, mais également de les évaluer à travers les opérations assurées par d’autres compagnies partenaires.

À l’issue de l’évaluation de la situation, il a été conclu que les dispositifs de contrôle étaient effectivement en place, d’où la nécessité de renforcer ces mesures et de veiller à leur application avec davantage de rigueur. «L’objectif n’est pas de compliquer le voyageur, mais de garantir que toutes les mesures de prévention soient effectivement respectées par chaque passager, sans exception.

Chaque voyageur est désormais tenu remplir sa fiche sanitaire et de se soumettre à l’ensemble des contrôle prévu avant de poursuivre son parcours de voyage», a déclaré Mme Lembwadio.


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