- jeu, 23/07/2026 - 17:15
KINSHASA, PARIS, BRUXELLES.
Le Soft International n°1669 | JEUDI 23 JUILLET 2026.
Le problème du Dialogue annoncé le 17 juillet par le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo à une délégation d'Évêques des Églises catholique, du Christ au Congo, de Réveil du Congo, de la Communauté musulmane du Congo, ce n’est pas les Évêques congolais qui vantent publiquement, solennellement, incroyablement Paul Kagame quand Paul Kagame, le président rwandais, détruit publiquement, solennellement, incroyablement le Congo, et qu'il s’annonce dans un projet d’annexion définitive des territoires congolais à son pays, qu’il dit et répète sans cesse désormais lui appartenir, quand Paul Kagame détruit les Évêques de son pays, le Rwanda, leur cloue le bec sans que cela n’émeuve personne sur terre.
Le problème du Dialogue annoncé ce n’est pas la tenue ou non de ce dialogue - en démocratie, le dialogue est permanent et, face à une crise, le dialogue rapproche et solidifie les rangs, assure l’unité - mais l’unité ne fait nullement reculer l’agression.
Qui ne penserait à l’Ukraine si unie politiquement, patriotiquement autour de son président Volodymyr Olexandrovytch Zelensky ou à l’Iran si rangée derrière son Chef Suprême, ses Pasdarans, les Gardiens de la Révolution mais ces pays - ou ces régimes - auraient-ils pu avoir la tête haute comme c'est le cas - le premier face à la puissante armée russe, le deuxième face à l’armada américano-israélienne - s’ils n’avaient pas disposé et déployé avec férocité et détermination une puissance de feu qui fait réfléchir l’ennemi et le fait reculer ?
«LE SOLEIL ROUGE».
Qui n’a pas vu ce film western spaghetti emblématique franco-italien-espagnol «le Soleil rouge» sorti en France le 15 septembre 1971 que jeune, j'ai tant regardé et admiré, avec à l’affiche Charles Bronson, Alain Delon, Ursula Andress, Toshirō Mifune, Germaine Lefebvre, dite Capucine, Guido Lollobrigida, qui montre que face à l’ennemi commun, face à une bande de hors-la-loi qui, quand en 1870 en Arizona, Sakagushi, l'ambassadeur du Japon, accompagné de deux samouraïs, Kuroda et Namuro, se rend, en train à Washington, à bord d'un wagon privé pour prendre ses fonctions, des hors-la-loi attaquent le train et s'emparent d'une cargaison d'or et d'un sabre de grande valeur que l'ambassadeur souhaitait offrir au président des États-Unis et que le samouraï est chargé par son ambassadeur de retrouver le sabre sous sept jours, faute de quoi il devra se faire hara-kiri, suicide par éventration -, le camp doit resserrer les rangs mais pour gagner, il doit sortir l’artillerie lourde s’il veut se faire craindre et se faire respecter.
Mais le matériel seul ne suffit nullement, le camp patriotique devant compter sur les hommes engagés (le casting), la discipline, la gouvernance. Sans une armada, sans les hommes, que peut-on faire face à un agresseur surarmé, déterminé, que l’extérieur apprécie par ailleurs et appuie matériellement et diplomatiquement?
Les discours récents et répétés du président rwandais n’éclairent-ils pas la pensée du Rwanda d'aujourd'hui ?
Je résume : « l’AFC-M23 n’est rien. Ils peuvent s’en aller, retourner chez eux. Mais les causes profondes de cette guerre seront réglées par la récupération tôt ou tard de nos territoires cédés au Congo par les colons belges ».
Sans les hommes, sans les armes, le Congo peut-il échapper à ce qui est appelé la soudanisation ou la balkanisation? Le pays n'est-il dans la situation comparable à celle d'une famille fusionnelle qui voit un soir des hommes lourdement armés, des assassins froids et impitoyables entrer dans son salon, y prendre place sans y avoir été invités, décidés d'y passer la nuit ?
L'AGRESSION D'UNE FAMILLE.
À quelles scènes cet homme, sa femme, ses enfants doivent-ils s'attendre ? N'est-ce pas à l'accaparement des stocks de nourriture et de boissons conservés au frigo et au congélateur, à l'occupation des chambres des parents, à des scènes publiques de viol ? Si cette famille n'avait rien vu venir et donc, n'avait pas disposer de système de défense - les armes - ne va-t-elle pas assister à un carnage sauf à accepter de se laisser dépouiller de tout et à abandonner ses biens ?
Quand des Évêques vantent incroyablement Paul Kagame, cela rappelle comment les mêmes chefs religieux en visite en février 2021 à Kindu, chef-lieu de la province du Maniema, à l'est, ont loué des infrastructures érigées par l'ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo Mapon et appellent les hommes politiques de leurs provinces à suivre son exemple.
Avaient-ils oublié ou n'étaient-ils pas informés - ce qui est grave - que les millions de $US mis dans la construction de ce complexe universitaire Mapon - du nom de son initiateur - provenaient de fonds détournés d'un projet à l'est tant vanté du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo ?
À Kindu, on avait pu entendre ces phrases glorieuses sorties de la bouche des évêques. «M. Matata Ponyo mérite d'être hissé parmi les Congolais les plus respectables. Ce qu'il a fait de Kindu, c'est déjà une partie de la République qui était élevée. Si chaque Congolais qui était élevé à son rang arrivait à faire comme lui, on aurait un exemple d'un village où il y aurait plusieurs foyers de feu et qui serait alors éclairé (...)
Ce pays peut être développé quand il y a de la bonne volonté (...). Un exemple à recommander aux autres pour que le pays aille de l'avant (...) Il faut respecter M. Matata. Il faut avoir le courage de parler de bien de lui (...)».
Mais mardi 20 mai 2025, le verdict du procès Matata Ponyo tombe à la Cour constitutionnelle. Pour détournement de deniers publics - 240 millions de $US - l'ancien premier ministre est condamné à 10 ans de travaux forcés. La justice ordonne la confiscation de tous ses biens au prorata de la somme détournée.
À QUEL PRIX ? QUEL CRÉDIT?
Le 20 juillet 2026, le Congo trouve au bas d'un communiqué de presse le nom de Augustin Matata. Intitulé «le C64 donne une chance au dialogue et attend des actes avant le 15 août 2026», le texte écrit: «(...)
Si le dialogue national inclusif n'est pas officiellement convoqué au plus tard le 15 août 2026, ou si les engagements annoncés demeurent sans traduction concrète, la Coalition en tirera toutes les conséquences politiques et appellera le peuple congolais (...) à reprendre les actions citoyennes».
Qu’en conclure ? Je vois mon tweet (X) daté du 19 juillet: «Un détourneur de millions de $US de fonds publics, condamné par la plus haute justice du pays, s’évade au soir du prononcé, trouve refuge à l’étranger, s’associe avec des opposants, signe une sommation adressée aux Institutions réclamant le dialogue, etc., Dieu aide mon pays».
KKMTRY.





