A la Snél, les agents journaliers en colère contre la direction
  • jeu, 14/11/2019 - 03:24

KINSHASA, PARIS, BRUXELLES.
Le Soft International n°1471|JEUDI 14 NOVEMBRE 2019.

Sandrine Mubenga Ngalula saluée dans le monde de la recherche comme référence depuis que cette Congolaise s’est fait remettre en novembre 2018 «le prix de l’année» de l’Institut des ingénieurs électriciens et électroniciens (Institute of Electrical and Electronics Enginners, IEEE) de Toledo aux Etats-Unis, deux anciens membres du Gouvernement, Gihslain Chikez Diemu et Liska Abayume siègent depuis juillet 2017 au Conseil d’administration de la SNEL avec l’ancien porte-parole de l’ex-Majorité présidentielle Alain Atundu Liongo. Mais la nécessaire cohésion sociale pourrait être à l’arrêt au sein de cette entreprise commerciale depuis société anonyme.
Après avoir sollicité jeudi 3 octobre 2019 l’implication personnelle du Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, c’est au tour de la Présidence de la République.

MAUVAISE FOI DES DIRIGEANTS.
Rameaux en mains, fanfares, coups de sifflet, chants qui se font entendre le long du boulevard Colonel Tshatshi, etc., des agents journaliers de la SNEL, Société Nationale d’Electricité manifestent bruyamment.
Ils sont venus en masse «implorer» l’implication personnelle du Chef de l’Etat Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo en vue de la régularisation de leur situation administrative conformément à l’article 42 du code de travail et à l’esprit de la lettre n˚22/METPS/ IGT/OML/RM/1569/2014 DU 03/07/2014 et ce sera justice dans un Etat de droit…
Il est 12 heures c’est sous un chaud soleil qu’ils se tiennent debout devant le site du Mausolée Laurent-Désiré Kabila. Poings levés, nerfs tendus, ils entonnent: «Tokokende te, tokolala awa! Bakosi biso pe mingi» (Nous ne partirons pas. Nous passerons la nuit ici. On nous a fait que tourner en bourriques). Clairement, ils en ont assez. «Nous sommes venus réclamer la régularisation de nos salaires. Nous n’avons pas de matricule, la SNEL ne nous paie pas. Alors qu’elle ne nous paie pas, elle nous utilise abusivement», s’écrie l’un des manifestants. «Nous assumons des postes organiques. Pourtant, nous sommes des journaliers. C’est une violation grave de l’article 42 du Code de travail. La SNEL veut nous soumettre à un fallacieux test le 10 novembre afin de nous écarter et nous ne sommes pas d’accord avec ce système. Que la SNEL régularise notre situation sans condition conformément à la loi».
Pour le président du collectif de journaliers de la SNEL-Kinshasa, David Mulongo, la réaction du DG de la SNEL Jean-Bosco Kayombo Kayan est injustifiée. «Il veut soumettre à un test ces pères de famille qui ont travaillé pendant plusieurs années pour le compte de la société et dont l’issue est connue. La SNEL viole la loi en nous soumettant à cette farce. La loi ne doit pas être marchandée». Pour Mulongo, il existe depuis le 6 février de cette année une lettre en souffrance demandant à la Présidence de la République la dérogation. La Présidence de la République a été réceptive et a répondu le 12 février en donnant le go à la SNEL de régularisation des salaires des journaliers. «Jusqu’à ce jour aucune implication de la SNEL ne s’est fait remarquer. Nous étions au Ministère du travail, avons introduit une lettre qui est restée sans issue. Même cas avec la Primature et, aujourd’hui, nous avons décidé de saisir le Palais de la Nation. Le but est de nous entretenir avec le Directeur du Cabinet du Chef de l’Etat, Vital Kamerhe afin que la SNEL respecte le règlement sur les litiges des journaliers». «C’est depuis l’année 2000 que je preste pour la SNEL comme journalier au poste organique du centre des ventes et des services (CVS) dans la commune de Matete», raconte Matthieu Kabata. «Jusqu’à ce jour, je reste impayé. Comment voulez-vous que quelqu’un qui a travaillé pendant des années soit encore soumis à un test? Au lieu de le régulariser comme salarié, vous le soumettez à une épreuve sans fondement. C’est pure et simple de la mauvaise foi de la hiérarchie de la société nationale d’électricité».

SNEL
COMME SNEL.

«Au début de ces manifestations, le DG Kayombo a fait incarcérer des membres du groupe au Parquet général de la Gombe (ndlr, Palais de la justice) sous prétexte que nous sommes des mercenaires et commanditons une bande de voyous pour détruire le réseau SNEL et faire du sabotage. Heureusement pour nous, le Procureur après examen du dossier, a libéré sans peine les agents détenus au parquet», explique Matthieu Kabata.
Publiée le 25 octobre 2002, la loi n˚015/2002 du 16 octobre 2002 portant Code travail stipule: «Lorsque le travailleur est engagé pour occuper un emploi permanent dans l’entreprise ou l’établissement, le contrat doit être conclu pour une durée indéterminée. Tout contrat conclu pour une durée déterminée en violation du présent article est réputé conclu pour une durée indéterminée».
Outre ces bisbilles, la SNEL reste la SNEL. Loin de donner satisfaction à la population. L’arrêt des délestages promis par l’équipe d’administration nommée le 13 juillet 2017 devient rêve inatteignable. La faiblesse de la production est courante alors qu’on continue de vanter les capacités de la centrale hydro-électrique d’Inga au Kongo Central, les ingénieurs s’en mêlant incroyablement et invariablement les pinceaux pour les faire fonctionner en même temps que celles déjà en service.
DEBORAH MANGILI.


Related Posts