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Le RCD estime
que l'ancien vice-président de l'assemblée était
"ivre" d'une ambition dévorante
Arthur Z'Ahidi Ngoma a créé à Paris
un nouveau parti politique, l'Union des Congolais pour la Paix
(UCP en sigle) mettant ainsi fin à son mouvement "les
Forces du Futur" qui l'avait fait connaître à
Kinshasa un tant soit peu sous le régime Mobutu et sous
la bannière duquel il s'était porté maintes
fois candidat malheureux au poste de Premier ministre, ne parvenant
même pas à recueillir 4 pc des voix. Z'Ahidi Ngoma
a lancé son parti après qu'il eût annoncé
d'abord à Paris, ensuite à Bruxelles, et avec fracas
son départ du RCD (Rassemblement congolais pour la Démocratie)
au lendemain d'une lamentable défaitedevant l'Assemblée
des fondateurs qui se réunissait depuis deux mois à
Goma.
Ngoma n'avait pas supporté la fin de non-recevoir réservée
à sa demande à la fois par les autorités
de Kigali que par celles de Kampala de le voir occuper la présidence
ou la coordination du Rassemblement. En annonçant son
départ, il a eu des propos très durs à l'encontre
de ses anciens camarades alors qu'aucun de ses rares partisans
ne l'a suivi. Il a expliqué que le "RCD n'est pas
représentatif des Congolais et les contradictions internes
de ce mouvement masquent mal une opération militaire venant
de l'extérieur." Ngoma a appelé à "une
solution pacifique par la négociatoion politique. C'est
la seule voie qui nous est offerte de sortir de la spirale de
la guerre. La négociation politique est la seule voie
d'éviter le dépeçage de notre territoire."
Ajoutant que la guerre du RCD "a totalement échappé
aux Congolais." Il a accusé le RCD d'être "isolé"
et d'avoir échoué dans ses tentatives de mobiliser
la population congolaise. "C'est grave. les gens qui désertent
comme cela sont des irresponsables", a réagi le commandant
Jean-Pierre Ondekane, chef d'état-major des forces rebelles
depuis son fief de Kisangani. "Ngoma voulait à tout
prix être président mais aux élections, il
ne passait pas. Alors, il invente des prétextes pour ternir
l'image du mouvement. Mais cela ne devrait pas affaiblir la rébellion",
a-t-il ajouté. Jean-Pierre Bemba, le président
du MLC basé à l'Equateur a lui aussi expliqué
que "Ngoma commet une très grave erreur." A
Bruxelles, alors qu'il réunissait dans un hôtel
des membres de l'opposition non armée, ceux-ci l'ont écouté
poliment. Dans le commentaire ci-après publié à
Goma par le Départemlent de l'Information, Presse et Affaires
culturelles, au lendemain de la défection de Z'Ahidi Ngoma,
le RCD prend acte de ce départ et se félicite "de
ce que notre ancien camarade ait pu exprimer de virulentes critiques
contre le mouvement à Goma sans être inquiété
le moins du monde", ajoutant que "cet esprit de tolérance
démocratique marque une différence de taille entre
le RCD et le régime de Kabila de Laurent-Désiré
Kabila qui l'avait incarcéré, torturé et
presque tué pour des remarques bien moins dures rendues
publiques naguère à Kinshasa." Ngoma a estimé
avoir subi une humiliation à l'occasion de la redistribution
des rôles dans la direction du Rassemblement laquelle n'aurait
pas suffisamment tenu compte de ses prétendus talents,
écrit encore le RCD qui explique que l'ancien vice-président
de l'Assemblée est un homme "ivre d'une ambition
dévorante", qui misait exclusivement sur la Présidence
du Mouvement ou la Coordination de l'Exécutif. "Ayant
perdu le vote à plusieurs reprises, il sombre dans la
confusion et fait de l'auto-projection sur ses anciens camarades."
Texto.
"Le Vice-Président de l'Assemblée du RCD,
le professeur Arthur Z'Ahidi Ngoma vient d'annoncer son départ
du mouvement dont il fut l'un des initiateurs en août dernier.
En fait, cela faisait plusieurs mois que M. Ngoma exprimait aussi
bien à Goma qu'à l'extérieur son intention
d'abandonner la lutte armée conduite par le Rassemblement
pour diverses raisons. Lors de la première mise en place
des organes du RCD l'année dernière et une seconde
fois en pleine Assemblée générale des membres,
l'ancien 2ème Vice-président avait menacé
de quitter le mouvement pour n'avoir pas été entendu
par ses pairs. Il a évoqué cette fois la nécessité
à son point de vue de privilégier une solution
politique de la crise congolaise par rapport à l'option
militaire dans laquelle il s'était pourtant activement
impliqué jusque-là avec le RCD. M. Z'Ahidi Ngoma
a également accusé le mouvement dont il a été
l'un des principaux dirigeants de n'être pas représentatif
de l'ensemble du peuple congolais et de servir de couverture
à une opération militaire étrangère
contre le régime de Kabila qu'il continue de qualifier
paradoxalement de "dictature à combattre" mais
pacifiquement. Le Rassemblement congolais pour la Démocratie
prend acte de la défection de M. Z'Ahidi Ngoma et estime
que l'intéressé qui a adhéré librement
au Rassemblement était tout aussi libre d'en sortir. Nous
nous félicitons de ce que notre ancien camarade ait pu
exprimer de virulentes critiques contre le mouvement à
Goma sans être inquiété le moins du monde.
Cet esprit de tolérance démocratique marque une
différence de taille entre le RCD et le régime
de Kabila de Laurent-Désiré Kabila qui l'avait
incarcéré, torturé et presque tué
pour des remarques bien moins dures rendues publiques naguère
à Kinshasa. Par contre, il y a lieu de questionner les
convictions démocratiques d'un responsable qui refuse
de s'incliner devant le vote d'une majorité. Sur le fond
de la dernière querelle, on aura noté que le mécontentement
de M. Ngoma a éclaté au grand jour à la
fin de l'Assemblée Générale du mouvement
(novembre 98-janvier 99) au cours de laquelle il estime avoir
subi une humiliation à l'occasion de la redistribution
des rôles dans la direction du Rassemblement laquelle n'aurait
pas suffisamment tenu compte de ses prétendus talents.
Ivre d'une ambition dévorante, Arthur Ngoma misait exclusivement
sur la Présidence du Mouvement ou la Coordination de l'Exécutif.
Ayant perdu le vote à plusieurs reprises, il sombre dans
la confusion et fait de l'auto-projection sur ses anciens camarades.
On ne saurait expliquer autrement que cet ex-dirigeant du RCD
qui n'a jamais visité aucun territoire libéré,
même pas son Kindu natal, qui arrosait ses repas des vins
les plus capiteux et fumait les cigares les plus chers se permette
de qualifier ses anciens compagnons de rebelles bourgeois. Ce
cadre qui a perçu plus d'une fois d'importants frais pour
des missions qu'il n'a pas effectuées peut-il, lui qui
ne les jamais remboursés, traiter ses pairs de mauvais
gestionnaires? Z'Ahidi Ngoma qui passe son temps à traiter
de mobutistes ses anciens amis politiques a-t-il oublié
que sa candidature au poste de Premier ministre en 1984 avait
été sponsorisée et sa campagne à
cette fin totalement prise en charge par Mobutu? Il est étonnant
que celui qui accuse ses amis d'hier d'être inféodés
à des puissances extérieures n'ait découvert
cette "tare" qu'après avoir démocratiquement
perdu quelques échelons dans la hiérarchie du RCD
le 24 janvier dernier. Par ailleurs, on peut poser la question
de savoir si le RCD a cessé d'être représentatif
des populations congolaises seulement peu avant que le camarade
Ngoma le quitte ou si, parfaitement au fait de la prétendue
non-représentativité du Mouvement, l'intéressé
a malgré tout participé en pleine connaissance
de cause à ce qu'il qualifie d'usurpation aux fins d'en
tirer un profit personnel...
La vraie raison du départ de Z'Ahidi Ngoma réside
plutôt dans son ambition qui le pousse à manger
à tous les râteliers : pendant qu'il siégeait
avec nous, il était en pourparlers avec Kabila qui lui
avait promis d'abord le portefeuille de la Défense Nationale
et ensuite le poste de Premier ministre. Mais au-delà
des interrogations suscitées par la dernière sortie
du professeur Z'Ahidi Ngoma, c'est au peuple congolais et ses
aspirations bafouées par Kabila et sa clique que le RCD
tient absolument à ramener le débat. En donnant
la priorité à ses frustrations et à ses
ambitions personnelles qui le poussent à ériger
le RCD en ennemi principal, Z'Ahidi Ngoma détourne l'attention
publique du criminel Kabila, le bourreau du peuple congolais
en échange de ce qui a toujours été sa principale
motivation : le pouvoir et les prébendes. En tout état
de cause, le départ d'Arthur Z'Ahidi Ngoma n'aura aucun
impact sur la détermination du RCD à mener jusqu'à
la victoire la lutte qu'il a entreprise pour la libération
totale du peuple congolais de la dictature de Kabila."
Département de l'Information, Presse et Affaires culturelles.
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