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POURQUOI le président Laurent-Désiré
Kabila s'est rendu jeudi dernier (ndlr 21 décembre 00)
à Libreville tout en sachant bien que ses opposants en
exil n'y viendront pas pour le rencontrer comme convenu? Pourquoi
a-t-il fait déplacer dans la capitale gabonaise plus de
200 Congolais venus de Kinshasa aux frais de l'État alors
qu'il était prévisible que la réunion allait
tourner court? Il apparaît clairement que le chef de l'État
a voulu montrer à l'opinion tant nationale qu'internationale
qu'il ne constitue pas un obstacle à la paix. En effectuant
le déplacement de Libreville, LD Kabila a voulu jeter
le discrédit sur ses opposants armés et non armés
qui, en refusant de le rencontrer chez Omar Bongo, apparaissent
aujourd'hui comme des gens qui ne veulent pas la paix. La radio
et la télévision officielles ont, dans leurs éditoriaux
et commentaires de vendredi et samedi derniers, affirmé
clairement ce point de vue en présentant le chef de l'État
comme un homme de paix pour s'être rendu à Libreville
alors que ses adversaires politiques sont des ennemis de la paix.
Frustration.
Mais la majorité des délégués
congolais de Kinshasa qui se sont rendus dans la capitale gabonaise
ont plutôt quitté Libreville vendredi dernier avec
un goût amer. Une question revenait régulièrement
dans leur bouche : "Pourquoi nous a-t-on amenés ici
à Libreville?" Ils étaient amers parce qu'ils
estiment qu'on les a fait déplacer pour rien. Leur amertume
est due aussi à l'improvisation, à l'impréparation
et à l'amateurisme constatés dans l'organisation
de cette rencontre avortée de Libreville. Le président
Kabila, durant son bref séjour librevillois, n'est même
pas allé vers les 200 délégués des
institutions publiques, des partis politiques, de la société
civile et des principales confessions religieuses. Aucune autorité
congolaise, aucun membre de la commission d'organisation n'est
allé vers eux pour leur expliquer ce qui s'est passé
pour reporter la rencontre. C'est jeudi 21 décembre 2000
vers 16 h 30' qu'ils ont vu quelqu'un venir à la résidence
de l'ambassadeur de la Rd-C à Libreville située
au bord de l'océan Atlantique, au coeur même de
la forêt équatoriale d'Afrique. Ils ont pu se consoler
en contemplant le beau paysage et les beaux immeubles de la capitale
gabonaise. Bien que sans argent de poche, ils ont été
logés dans les deux hôtels les plus luxueux de la
ville : Inter-Continental Oukoume Palace et le Méridien
Re-Ndama.
Une longue attente.
Nous avons constaté que la commission spéciale
relative au dialogue inter-congolais présidée par
le pasteur Masu Ga Rugamika s'est révélée
incompétente. Il y a eu des délégués
qui sont restés à l'aéroport de N'Djili,
faute de place dans les deux avions. Leurs places dans les avions
étaient occupées par des agents du protocole et
même des gardes du corps de JC Okoto, P-ad de la Miba,
et deux autres membres de la délégation sont restés
à Libreville, faute de place dans l'avion. Le président
de la commission spéciale, le révérend Dr
Masu a quitté Libreville vendredi vers 3 h 00' du matin,
laissant derrière lui une centaine de délégués
perplexes. Ainsi, on a vu les Yerodia Ndombasi, Raphaël
Ghenda, Longandjo, Marini Bodho, El Hadj Mudilo, Mpeye Nyango,
Bintou-a-Tshabola, Jeannot Wingenga, Kinkela-vi-Kansi, etc...
trimés durant toute la journée de vendredi à
l'aéroport international Léon Mba de Libreville,
où ils attendaient un avion hypothétique. L'avion
est arrivé vers 13 h 30' pour repartir à 15 h 00.'
Tabu Ley super star.
Le Seigneur Tabu Ley, alias Rochereau, grand chanteur congolais
devenu député, a fait la vedette à Libreville.
Lors de l'arrivée du président Kabila à
l'aéroport de Libreville, on a vu des ministres gabonais
qui se hâtaient pour se faire photographier avec le chanteur
Tabu Ley. Il est à noter que la musique congolaise de
Kinshasa est très prisée par les Gabonais. Sur
les chaînes de radio et de télévision locales,
dans les bars et les places publiques, c'est la musique congolaise
qui est de loin la plus diffusée. Apparemment, c'est Wenge
Musica Maison Mère qui s'y impose après ses récentes
productions à Libreville.
Tawano.
La Tempête des Trop., 26 déc. 00.
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