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CÉLÉBRER SES MARTYRS.


«Lumumba n'était pas aussi costaud que le présente le Monument», la légende, dit Mama Pauline. PHOTO KOKOLO.

Pauline, la veuve Lumumba, rectifie et donne sa version des faits

MISE EN LIGNE LE 20 JANVIER 2007 | LE SOFT INTERNATIONAL2 N°891 DATÉ 19 JANVIER.
On est certes trop longtemps resté à la maison cette semaine faire de la «méditation» sauf quand on avait la chance d’avoir une invitation et que l’on devait se rendre à une cérémonie officielle.
Le programme de nos «Trois Glorieuses» (lundi, mardi, mercredi) n’ayant pas prévu de manifestation de foule, la télévision nationale a pu, comme elle pouvait, occuper nos heures dans nos divans.

Et comme le jeu consiste à pianoter sans cesse sur sa télécommande, voilà que je tombe sur un programme relativement pertinent. En réalité, une cassette vidéo enregistrée sur une chaîne de télévision belge, sans doute la RTBF...

«LETTRE DOCTRINE».
Alors que je me proposais de refaire le voyage dans l’histoire, la SNÉL se fait inviter: une coupure, puis une deuxième, puis - semble-t-il - un délestage! Entre-temps, quand la SNÉL accepte de me remettre le jus, l’émission s’est terminée.

.. Et j’appuie sur des boutons nerveusement. Je continue de zapper. Voilà que je tombe sur une dame - une vieille maman, le type que l’on rencontre dans nos villages. Elle s’exprime difficilement, en lingala et je sens tout le talent que le journaliste met à reprendre ses questions. Qui est-ce?

Dans un coin d’écran, j’entrevois l’image du premier Premier ministre de R-dC, Patrice-Émery Lumumba. Puis, «Maman Pauline». Ainsi s’adresse à elle le journaliste. Je décide de m’arrêter. Il faut bien que je tue mon temps.

Le programme «Que sont-ils devenus» paraît digne d’intérêt. Je perçois l’impertinence toute indiquée du journaliste.

Où était Patrice Lumumba avant de venir à Kinshasa? Qu’est-il venu faire dans la Capitale? Qui l’a mis chez Polar, l’actuelle UNIBRA? Quel travail faisait-il à la Poste à Kisangani? A-t-il trouvé la mort parce qu’il voulait de la femme - vous - alors qu’il aurait pu échapper à la mort en continuant sa traversée dans la pirogue?

Et, gâteau sur la cerise, cette lettre qu’il vous aurait adressée, aux derniers instants de sa vie, et qui a fait le tour du monde, l’avez vous vue, l’avez-vous lue? Quelles études a-t-il faites, Patrice Lumumba, pour qu’il puisse si bien écrire le Français? Quelles relations avait-il avec Mobutu, son tombeur? Vous avait-il dit un jour qu’il menait son «combat» pour la libération du Peuple r-dcongolais?

Était-il aussi irascible qu’on le montre sur tous les médias? Était-il si grand, si haut, si costaud que le monument le montre?

Pour moi, les trois jours de congé n’auront pas tout à fait été vains.

Je sais par exemple, de la bouche de «Mme Pauline», que Lumumba ne pouvait aussi bien écrire ses lettres, même s’«il lisait beaucoup, écrivait beaucoup»; que le couple n’a pas quitté la maison caché sous le fauteuil d’une voiture; que le bac avait été «pris» par des militaires et que ce sont ceux-ci qui ont arrêté «de l’autre côté de la rivière» Lumumba après qu’il eût effectué sa traversée; que la «lettre Doctrine» attribuée à Lumumba n’est qu’une invention d’historiens - dans quel but - «non, je n’ai jamais reçu cette lettre; j’en entends parler»; que Lumumba a bien dit à Mobutu (son «petit ya confiance», dit Maman Pauline) de prendre l’argent des Blancs mais de lui épargner la vie; que «beaucoup de ceux qui se disent Lumumbistes cherchent plutôt à se constituer un fonds de commerce»; qu’il était loin d’être aussi costaud que le monument de Limeté le montre.

«CET HOMME».
Puis, c’est au tour du fils, Roland, de parler de «cet homme», qui a mené un «combat inutile», qui n’a jamais rencontré le Raïs Nasser même si celui-ci a donné toute son hospitalité à sa famille. À la demande du Guinéen Sekou Touré soudain réaliste - apeuré, face à l’Occident, d’avoir à accueillir lui-même «l’encombrant colis». «Trop de mensonges, reprend «Maman Pauline», circulent».

Et, quand, en fin d’émission, on lui demande si elle a quelque chose d’autre à ajouter, elle préfère s’arrêter là, afin que nul ne fasse des commentaires déplacés, dit-elle prudemment. Ailleurs, au débat scientifique où deux éminents historiens r-dcongolais - Ndaywell et Mbokolo, tous les deux vivant à l’étranger - étaient à l’honneur, les questions fusent, assassines. Telle celle-ci: Pourquoi d’autres anti-Occident (Kadhafi, Saddam, Fidel Castro, etc.) ont-ils duré? Pourquoi les nôtres ont-ils eu la vie courte?

Étaient-ils vraiment porteurs d’une doctrine, d’une vision? Ou n’est-ce que l’invention de l’homme?

D. DADEI.
lesoftonline.net 20/01/2007

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