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 Quelques titres de la presse à Kinshasa. PHOTO LE SOFT NUMÉRIQUE.
Des confrères outrés par la HAM devenue «machine à suspendre»
MISE EN LIGNE LE 16 SEPTEMBRE 2006 | WWW.LE SOFT.BE.
L’«annonce» médiatique de la «suspension» du «Soft International» par l’éditeur du journal «Le Potentiel» est vécue comme un scandale dans les milieux professionnels r-dcongolais. Se confiant au «Soft International», le président de l’UNPC, Union nationale de la presse du Congo, Kabeya Pindi Pasi s’est dit outré par cette mesure alors que Donat Mbaya Tshimanga, président de JED, Journalistes en danger, partenaire de RSF, Reporters Sans frontières, promettait une vive réaction.
Celle-ci a pu se lire dans une lettre récemment adressée à la MONUC, directement au représentant de Kofi Annan en R-dC, l’Américain William Lacy Swing dans laquelle Mbaya déplore le traitement réservé à la presse en cette période électorale.
Deux confrères à Kinshasa, «l’Éveil» (hebdomadaire, propriété du Secrétaire général de l'UNPC Kasonga Tshilunde) et «l’Avenir» (quotidien du groupe de presse l'Avenir) dont on ne peut dire qu’ils appartiennent à une même ligne éditoriale, viennent parmi d’autres de publier une réaction qui conforte la position du «Soft» qui, rappelons-le, a décidé de n’introduire aucun recours à la HAM.
Invoquant le «devoir de vérité» qui incombe à la presse en charge d’éclairer l’opinion publique par des analyses et plus particulièrement en période électorale, «le Soft International» a levé l’option de ne solliciter aucune «mesure de clémence» auprès de la HAM.
«Notre article est inattaquable au plan de l’éthique tout comme au plan de la déontologie et au plan du professionnalisme. Très sourcé, il est à certains égards mathématique. Nous n’écrirons donc pas à Mutinga, pas plus que «le Soft International» n’introduira un recours à l’éditeur du «Potentiel», même si nombre de professionnels et d’amis nous le demandent. Quand l’imposture est énorme, elle ne fait pas mal».
«Au moment où nous mettions en place la HAM, à Sun City, nous avions décidé que celle-ci serait conduite par l’Université. L'Université est suffisamment à même d’exercer la neutralité qui s’impose dans le jeu de régulation. Bien sûr, Mutinga, qui curieusement, n'a pas fait partie de la Commission qui a traité de cette matière ne pouvait le savoir».
«Lorsque l’on est éditeur d’un journal aux prises tous les matins avec d’autres, et qu’on entreprend une radio et une télévision, le risque est grand d’entrer dans un conflit d’intérêts, d’être juge et partie quand on est en même temps président d’une structure qui veut se consacrer à la régulation. Il est vrai qu’il y a dans ce pays des rédactions qui sont inquiètes, le moins que l’on puisse dire, quand «le Soft International» paraît le matin… Un mois de suspension, ça peut permettre à certains d'engranger du bénéfice», avait déclaré vendredi 8 septembre le fondateur du «Soft International», le professeur Tryphon Kin-kiey Mulumba, répondant à la question d’un journaliste de la Rtnc Guy Matundu.
Ci-après, les articles de nos confrères «l’Éveil» et «l’Avenir».
Suspension du «Soft», une décision inique
La Haute Autorité des Média a décidé, dernièrement, de suspendre l’hebdomadaire «Le Soft» et d’infliger un blâme à son éditeur, auteur de l’article incriminé, Kin-kiey Mulumba.
Nous trouvons que cette décision de la HAM est inique, dans la mesure où elle viole systématiquement les dispositions de la loi n°96-002 du 22 juin 1996 fixant les modalités de l’exercice de la liberté de presse en Rd Congo.
En effet, l’article 28 stipule que «sont pénalement responsables, à titre principal, des délits de presse, dans l’ordre suivant:
1. l’auteur de l’article;
2. à défaut de l’auteur, le directeur de la publication ou l’éditeur;
3. l’imprimeur lorsque ni l’auteur, ni le directeur de la publication, ni l’éditeur ne sont connus».
Nulle part, on parle des sanctions contre le journal où il n’y a pas que les journalistes, mais tout un personnel diversifié qui n’est pas nécessairement lié par les écrits d’un journaliste.
Or, dans le cas présent, l’auteur de l’article est connu, parce qu’il l’a signé. Pourquoi alors suspendre le journal? À moins d’un règlement des comptes!
En plus, Kin-kiey Mulumba a cité J.P. Bemba.
L’article 37 de la même loi précise que «toute personne citée dans un journal ou un écrit périodique, soit nominativement, soit indirectement, mais de façon telle q’'elle puisse être identifiée, a le droit d’y faire insérer une réponse ou une rectification». Bemba l’a-t-il fait ou a-t-il recouru à la HAM pour se plaindre?
On ne peut pas crier sur tous les toits le respect de loi par les autres lorsqu’on est incapable de le faire soi-même.
In «L’Éveil» n° 418 daté du 12 au 19 septembre 2006.
Ham, des suspensions aveugles
Les suspensions de la presse, un véritable fléau, à l’allure où tourne la «machine à suspendre», il faut craindre que l’on tombe dans l’arbitraire. À ce jour, il suffit qu’un politicien se sente lésé, non parce qu’un article de presse, une émission radiodiffusée ou télévisée l’aurait diffamé, mais le dénonce, pour qu’il porte plainte et que sans autre forme de procès, la Haute Autorité des Médias frappe.
Il y a quelques jours, «le Soft International» de l’honorable Kin-kiey Mulumba a été suspendu. Tous les professionnels de médias sont pourtant unanimes à reconnaître que la sanction est politique.
Car, sur le plan déontologique, l’article incriminé est visiblement inattaquable. Ce qu’on peut reconnaître, c’est qu’il y a très peu de journalistes dans ce pays qui sont capables de cet effort d’objectivité qui anime l’auteur de cet article.
Beaucoup de gens l’ont incriminé à partir du titre qui ne dit pas ce que d’aucuns pensaient. Et l’auteur l’explique clairement. Ce qu’il disait, il le tenait du Vice-président de la République en charge de l’ÉCOFIN.
Jusqu’à ce jour, à notre connaissance, il n’y a jamais eu de protestation. Mais, de la façon la plus la plus professionnelle, tout lecteur attentif comprend que l’auteur ne s’est pas arrêté aux déclarations du Vice-président qui pouvait diffamer les enfants de Mobutu par exemple.
On sent dans l’article que l’autre son de cloche a été entendu. Il n’y a plus professionnel que cela. La suspension de la HAM est donc étonnante.
Le Directeur de la publication de «l’Avenir» reçoit des menaces de mort. Le journal dénonce, la HAM lui envoie une convocation. Le D-g de la Rtga a été averti par la HAM parce qu’il aurait animé une émission au cours de laquelle il aurait laissé les invités verser dans la haine.
Mais l’émission elle-même est suspendue pour un mois pour autre motif de plus, à savoir, des propos de nature à gêner l’enquête autour des événements du 20 au 22 août 2006.
S’agit-il là d’une faute déontologique? Il semble désormais qu’il suffit de citer JP Bemba ou le MLC pour s’attendre à la convocation de la HAM.
Il devient difficile d’exercer le métier d’informateur dans un pays où la loi est remplacée par les convenances de la Haute Autorité des Médias.
En ce qui concerne la Rtga, la HAM n’a même pas eu à l’entendre. Dans la foulée, toutes les chaînes de télévision qui avaient reçu le signal de la Rtga ont été blâmées ainsi que l’animateur de l’émission. La HAM estime que telle émission devrait connaître obligatoirement la participation de toutes parties.
Cela s’appelle officialisation de la bipolarisation, mieux, la division de la société congolaise en deux.
Lorsqu’on invite quelqu’un pour participer à une émission, quelle qu’elle soit, même lorsqu’on ne sait pas d’avance ce que l’invité pourrait dire, on doit obligatoirement inviter l’autre camp. Cette caricature ferait rire si elle ne mettait pas en danger toute une profession. Car, on ne sait jamais par quel bout la HAM peut vous prendre.
Les membres de la Commission de vigilance et de l’éthique électorale à travers les médias ont leur interprétation des lois et des mots et même de la déontologie. L’existence de cette commission ne doit pas réduire le rôle de la presse à la campagne électorale.
Il est vrai qu’un certain comportement est requis pour ne pas agiter inutilement l’opinion. Mais il ne faut pas non plus édicter des principes et faire signer des accords liberticides. La population a besoin d’informations objectives pour bien émettre son jugement sur les dirigeants.
In «L’Avenir» daté jeudi 14 septembre 2006.
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lesoftonline.net 16/09/2006
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