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 Le PM Adolphe Muzito Fumunzi. Aux bookmakers, nul payait cher le sort du chef du gouvernement désormais durement critiqué voire même en son sein. LE SOFT NUMÉRIQUE.
Muzito, face à ses poursuivants, l’impossible victoire
MISE EN LIGNE 13 MAI 2010 | LE SOFT INTERNATIONAL N°1046 DATÉ 13 MAI 2010.
Jour après jour, la position politique personnelle du Premier ministre Adolphe Muzito Fumunsi semblait faiblir et d'aucuns se demandaient - les bookmakers ne vendant pas cher sa peau - s’il a encore assez de ressorts pour continuer à exercer sa charge dans le respect et la dignité que requiert celle-ci.
Mercredi 12 mai à la mi-journée, journalistes et cameramen ont reçu un appel du MLC (opp.) faisant état de «l’imminence» du dépôt par l’opposition de la motion de censure contre le Premier ministre initiée par le Député d’opposition Jean-Lucien Bussa Tongba et les invitant à se rendre hic et nunc au Palais du Peuple?
Un groupe de journalistes a bien pris d’assaut les couloirs du Palais du Peuple et a cherché en vain l’ombre de Jean-Lucien Bussa Tongba. L’appel téléphonique qui a fait courir les journalistes émanait d’un membre de l’opposition qui expliquait que la motion allait être remise dans l’heure protocolairement au président du Bureau de l’Assemblée nationale Evariste Boshab Mabudj... Une blague ou Boshab s’est-il décommandé à la toute dernière minute?
Dans le milieu des signataires de la motion, personne pourtant n’avait bougé. «Nous voulons assurer à l’événement une couverture médiatique maximale», a déclaré dans la soirée au Soft International l’un des signataires qui a expliqué que les 125 signatures requises avaient bien été atteintes.
La veille, le Député Bussa l’avait déclaré à une station de radio locale estimant que «l’affaire était désormais l’affaire du groupe de signataires qui doit désormais choisir la stratégie la meilleure de la conduire à terme».
Jour après jour, la situation devenait délicate pour le Premier ministre depuis que la Chambre haute, à l’unanimité, a estimé devoir l’interpeller à son tour. Assiégé, Adolphe Muzito peut-il se sauver? Aux bookmakers, nul ne vendait cher sa peau.
Ça suffoquait de partout. Adolphe Muzito ne semblait plus à même de pouvoir tenir longtemps. D’ailleurs à sa place, tout le monde aurait jeté l’éponge...
Car le scandale est énorme, retentissant. Il ne s’agirait plus au fond de tenter de réunir les moyens pour essayer de se maintenir un jour de plus en poste; il s’agit désormais sans doute d’arrêter d’en demander à la Majorité parlementaire. À force de chercher à mettre trop cette Majorité à l’épreuve, on court le risque de la casser. Loyauté et fidélité peuvent être invoquées, elles ne sauraient l’être à tous les prix…
Chaque jour qui passe apporte en effet son lot de problèmes à un Premier ministre désormais littéralement assiégé. À commencer par les siens propres, ceux du Parti Lumumbiste Unifié, Palu. Ceux du Gouvernement où solidarité et cohésion n’étaient plus désormais de mise. Tout au moins à ce que l’on voit et à ce que l’on en entend. Et les bookmakers ne payaient pas cher le sort du chef du gouvernement
Hier ce fut la Chambre basse qui lui cherchait des poux sur la tête - du moins à en croire ses partisans -, motion de censure de Jean-Lucien Bussa Tongba à la clé. Voici que la Chambre haute - celle théoriquement des sages - lui crée désormais des soucis.
«Il se permet de signer des décrets pour conférer le statut de ville et de commune à des puits, à des bivouacs, à des baraquements. Alors que le texte de loi fixe des critères démographiques et urbanistiques pour ce qui peut être une ville ou une commune. Lui, en invente les siens, des critères géographiques ou autres…», raille un Sénateur de l’opposition.
Le Sénateur AMP Sesanga (le père du Député d’opposition MLC Delly Sesanga Hipungu Dja Kassenga) lui avait adressé une question orale avec débat. Le Premier ministre a choisi de s’y faire représenter par le Vice-premier ministre AMP-PPRD en charge de l’Intérieur Adolphe Lumanu Mulenga Bwana N’Sefu.
Pas de chance, le Sénateur ne s’est pas laissé convaincre par les réponses lues par le Vice-premier ministre Lumanu de la part du Premier ministre...
Plus grave, le Sénateur, suivi par toute sa Chambre unanime, estime que le Premier ministre a systématiquement manqué de courtoisie à l’égard de sa Chambre. Depuis sa nomination, il n’a jamais estimé devoir mettre les pieds dans cette Chambre.
Du coup, les Sénateurs veulent l’en entendre... mais cette fois dans le cadre d’une interpellation... Même si la Chambre haute ne saurait, aux termes de la Constitution, démettre le Premier ministre, des attaques frontales comme on peut en attendre le douchant pourrait lui faire perdre toute légitimité...
En fait, dans cette affaire de décret incriminé, la Chambre haute ne paraissait pas loin d’accuser Adolphe Muzito sinon d’incompétence avérée, du moins de légèreté coupable, ce qui est tout aussi inadmissible à ce niveau de la charge publique.
Jour après jour, la position politique personnelle du Premier ministre Adolphe Muzito Fumunsi semblait faiblir et on peut se demander s’il a encore assez de ressorts pour continuer à exercer sa charge dans le respect et la dignité que requiert celle-ci. Même si les mœurs politiques de R-dC peuvent différer à ce qui se passe ailleurs… Il faudra alors sans doute s’attendre le moment venu à la réponse du Peuple souverain impitoyable…
DE LA NOTION DE VIE PRIVÉE.
Quant à la démarche du Député Bussa, on a entendu ces derniers jours d’aucuns invoquer l’intrusion dans la sphère de la vie privée. Cela a aussi été entendu sur les conclusions faites à la plénière de la Chambre basse par un autre Député MLC (opp.) Fidèle Babala Wandu s’agissant de la question orale adressée à la ministre du Portefeuille Jeannine Mabunda Lieko (réf. Le Soft International n°1045 daté 7 mai). En réalité, on est ahuri...
Au fait, à quoi se rapporte la notion de vie privée? Vie privée n’est rien d’autre au fond que ce qui a trait à la vie intime d’une personne.
Le privé nomme précisément le regard de l’homme sur la femme et ses enfants - ceux «qui vivent dans l’intimité» et «qui n’ont pas part aux affaires publiques» - et qui n’a rien à avoir avec la politique, peut-on lire chez tous les linguistes. C’est-à-dire le public. Est public en revanche ce «qui concerne le peuple» et ce «qui appartient à l’Etat», expliquent-ils.
Le Pouvoir s’arroge donc la propriété de ce qui concerne le peuple.
Encore que dès lors que la vie intime d’une personne publique peut avoir une incidence sur sa vie publique, cela ne peut qu’intéresser l’opinion publique. Ainsi, si le fait pour une femme d’avoir un amant relève de sa vie privée, en revanche, celui d’avoir des enfants relève de l’état-civil.
Alors, par quel miracle les questions liées à la corruption et à l’enrichissement illicite d’un homme public par ailleurs traitée dans la Constitution de la République invoquées par les Députés Bussa et Babala appartiendraient-elles à la sphère de vie privée?
Tenter d’invoquer la vie privée quand il s’agit des faits allégués de corruption et d’enrichissement illicite est rien moins qu’un abus. Il est vrai que dans la vie politique, la vie privée est souvent mise en avant par des politiques qui cherchent à cacher ce qui pourrait nuire à leur carrière. Des dirigeants peuvent ainsi mener une politique homophobe en étant eux-mêmes homosexuels, ou mettre en avant leur intégrité morale, alors qu’ils mènent une vie dissolue.
On peut comprendre ce qui arrive aux membres de l’équipe gouvernementale; la recherche de moyens pour leur défense est malheureusement faite de façon souvent enfantine. Ce qui montre le degré d’implication de leurs Excellences dans ces affaires sales et qui ne permet pas de croire à ce qui est publiquement entendu.
On sait que le président Évariste Boshab Mabudj a, par courrier adressé aux motionnaires, estimé les accusations portées contre le Premier ministre et la ministre du Portefeuille comme «extrêmement graves et, si elles étaient avérées, devraient amener la Chambre basse à mettre en accusation ces membres du Gouvernement».
Le président de la Chambre basse réclamait des preuves. Mais cela, ont répliqué les Députés, retour de courrier, est loin d’être conforme au règlement intérieur de la Chambre basse. Toc!
Les Députés n’entendaient qu’une chose: mettre en place une commission d’enquête parlementaire qui plongerait dans les comptes bancaires des responsables incriminés et dans les autres avoirs. Les Députés auraient particulièrement hâte à se rendre à la Cour suprême.
Ils s’intéresseraient aux dossiers des déclarations de patrimoine qu’auraient déposés chacun d’eux! En vue d’en savoir un peu plus… L’affaire ne manquait pas de piquant...
| T. MATOTU. |
lesoftonline.net 13/05/2010
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