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 Le PM Adolphe Muzito Fumunsi s’apprête à prendre place à bord de sa limousine encadré par sa suite. Après une séance historique. LE SOFT NUMÉRIQUE.
Motion Bussa, sert-elle encore à quelque chose?
MISE EN LIGNE LE 5 MAI 2010 | LE SOFT INTERNATIONAL N°1044 DATÉ 4 MAI 2010. En réussissant mercredi 28 avril son exploit, le Député MLC peut s’estimer avoir fait ce que nul n’avait réussi à ce jour dans ce pays. Certes, il y en a bien qui ont sorti leur calculette de leur attaché-case. Il s’agit de faire le décompte des Députés. Combien ont signé la/LA (maudite, aux dires d’aucuns) motion? Combien leur en reste-t-il?
Combien de Députés séjourneraient encore en province? Combien se trouvent à l’étranger, précisément à La Haye, à la Cour Pénale Internationale, partis faire rapport de l’exploit au «boss», le Chairman, et qui doivent regagner le pays cette semaine?
«107 SIGNATURES ONT ÉTÉ COLLECTÉES».
Jean-Lucien Bussa Tongba affirmait lui-même lundi soir, peu avant minuit au Soft International au moment où le journal allait sous presses que «107 signatures ont été collectées».
Peut-on vérifier, demande notre journaliste, invoquant son droit de vérification. «Croyez-moi sur parole. Je n’ai pas l’habitude de mentir. C’est un collègue qui gère. Il vient à l’instant de me dire...» (Le collègue, ce serait Jean-Pierre Lisanga Bonganga).
De poursuivre: «Certes, il nous en faut 125. N’ayez aucune crainte. Nous les aurons d’ici deux jours. Nous avons une vingtaine de collègues en déplacement, et qui arrivent... Au plus tard jeudi, nous aurons déposé la motion de censure sur le bureau de l’Assemblée nationale».
Pour sûr...
- «Et après?» C’est le journaliste qui demande à savoir...
- «Et après? Mais ce sera le débat...»
Puis de poursuivre: «Je vois à quoi vous faites allusion! Vous voulez dire que nous n’irons nulle part; que nous ne contrôlons pas la majorité à l’Assemblée nationale...»
Puis le grand discours habituel. Celui qui endort...
Les principes. Oui, le principe pour l’Alliance de la Majorité Présidentielle est de dire: «jamais, nous ne mêlerons nos voix à celles de l’opposition pour nous défaire de l’un des nôtres».
«Nous soutenons ce Gouvernement par principe: parce qu’il est issu de notre sein. Et par principe, nous devons nous montrer loyaux...»
Le problème est de savoir si par principe, les élus du peuple ne doivent pas relayer les aspirations du peuple et, par principe, être ce qu’ils ont toujours été, à savoir, les représentants du Peuple souverain...
Et là, Jean-Lucien Bussa Tongba ne sèche pas. «Nous voulons engager un débat de fond, nous voulons engager un débat de société. Sur les 400 questions que le Premier ministre a eues des Députés, ceux-ci ont-ils eu le sentiment qu’il les a rencontrés ou ont-ils posé ces questions... par principe? Le peuple nous regarde...»
Le Député revient sur ses 10 questions qui ont donné lieu à sa question orale posée le 10 avril. Il parle de la question n° 6. Elle portait sur la corruption et l’enrichissement illicite.
IL A DÉJÀ LIVRÉ BATAILLE ET A GAGNÉ DANS TOUS LES CAS.
Et de réagir: «Pensez-vous que le Premier ministre a consacré ne serait-ce qu’un mot à cette question dans son allocution de mercredi 28 avril? Pourquoi veut-on que je le laisse aller comme ça alors que nous voyons tous très bien les faits d’enrichissement?»
Le Député dit connaître le Premier ministre de longue date.
«Nous avons étudié, je crois, à la même Université et je crois, à la même Faculté. Il me précédait d’une année et a terminé une année avant moi. Nous nous connaissons bien...»
«Mais le débat n’est pas d’ordre personnel. Par cette motion, nous voulons engager un débat de fond, un débat de société...».
On a compris: à la veille des élections, l’opposition veut exposer la Majorité... Pourtant, Jean-Lucien Bussa Tongba a déjà livré bataille et a gagné dans tous les cas de figure. En posant sa question, mieux, en exposant aussi publiquement le Premier ministre, du haut de la tribune de la représentation nationale, devant la Nation pleine et entière, le Député MLC a gagné. Que chercherait-il encore? En jetant au minimum le soupçon sur le Premier ministre, il a faibli sa position politique...
Lundi dans la soirée, on apprenait qu’un collectif d’avocats, agissant au nom du Premier ministre, aurait pris l’initiative d’attaquer en justice le Député. On croit rêver...
Pour que l’affaire aboutisse, il faudrait réaliser plusieurs préalables. L’Assemblée nationale doit voter la perte d’immunité du Député.
Ce qui, en l’espèce, est loin d’être une mince affaire et doit être mieux articulé. En revanche, le Premier ministre doit redevenir un simple justifiable afin qu’il sache mieux se défendre...
À court, moyen et long terme, ce n’est pas le Député qui perd. Chancelleries, ONG, médias, et..., généralement les invités de la République, sont à se demander si mise en cause d’une manière aussi précise, aussi publique, toute personne n’a pas, l’obligation de se justifier et/ou de laver son honneur avant de continuer à servir sous les ors de la République!
On parle du climat des affaires, nous y voilà! Quand ce débat a lieu au moment où le pays négocie un round crucial avec le Fonds Monétaire International, comment éviter des soupçons - donc des couacs? Quand ce débat a lieu au sein de la représentation du Peuple à la veille d’aussi grandes festivités - celles des 50 ans de l’Indépendance - comment éviter que des invités ne se dérobent pas, à la toute dernière minute? Eux, au moins, qui vouent du respect à leur opinion publique...
Que Bussa ait ou pas ses 125 Députés, que sa motion soit ou pas mise aux voix, qu’importe! Le Député a fait l’essentiel: mettre en accusation un Premier ministre en plein exercice de ses fonctions. Ceci ne s’était jamais produit auparavant dans ce pays. Sauf contre Mobutu. Et dans ce même Palais du Peuple. On connaît la suite...
| D. DADEI. |
lesoftonline.net 05/05/2010
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