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 Le président de Journalistes en danger, Donat M’Baya Tshimanga. Le premier secrétaire de rédaction de Finance, l’ancêtre du Soft. LE SOFT NUMERIQUE.
«Comment peux-tu bosser ici, dans ce journal?», hurle le Prof
MISE EN LIGNE 05 AVRIL 2010 | LE SOFT INTERNATIONAL N°1037 DATÉ 15 MARS 2010.
C’est un honneur et un plaisir pour moi de prendre la parole ce soir devant tant de sommités pour commémorer le 20 ème anniversaire du journal Le Soft International.
Je voudrai tout de suite vous dire que cet anniversaire est aussi celui de ma carrière de journaliste. En effet, c’est dans le numéro 00 du Magazine Finance, ancêtre du Soft International, que j’ai publié le premier article de ma vie. Cet article portait sur le contentieux belgo-congolais revenu à la surface après un énième fâcherie de l’ex-Zaïre contre son ancienne puissance colonisatrice.
Ainsi donc, chaque fois que Le Soft célébrera son anniversaire, celui-ci sera aussi celui de ma carrière.
A l’issue de cet article, j’ai été accepté pour rejoindre l’équipe rédactionnelle de Finance dont la rédaction se trouvait à l’époque sur l’avenue colonel Lukusa à Kinshasa/Gombe juste à côté des anciens bureaux de Renault devenus aujourd’hui ceux de Vodacom. Je fus le premier secrétaire de rédaction de ce magazine ambitieux paraissant mensuellement en quadrichromie sur du papier glacé.
La fête de ce soir est certes celle d’un grand journal dont l’histoire reste liée aux péripéties des 20 dernières années de l’histoire de notre pays. Cette fête, fausse modestie mise à part, est aussi celle de la reconnaissance du travail d’un homme, d’un journaliste de talent, téméraire et plein d’ambitions. J’ai cité le professeur Kin-kiey Mulumba.
A la rédaction, nous l’appelions «Prof». Quand nous étions entre nous, nous le désignions par les initiales de son nom «KKM». Vingt ans après, je continue à l’appeler «Prof».
Il le fut à double titre. Il fut mon professeur à l’Institut des Sciences et Techniques de l’Information (ISTI) devenu IFASIC (Institut Facultaire des Sciences de l’Information et de la Communication). Il fut également mon «Maître» dans ma carrière de journaliste. Il m’a appris non seulement le métier mais aussi l’art du journalisme.
En effet, je me souviens de ce reportage que j’ai effectué, peu avant le 24 avril 1990, avec mon collègue Matthieu Boukitou sur le fleuve Zaïre perché sur un remorqueur de barges faisant la liaison Kinshasa/Kisangani via Mbandaka. Nous avons suivi pendant six jours des jeunes gens, souvent diplômés, mais qui avaient décidé, faute d’emploi, de gagner leurs vies dans le transport fluvial. Avec eux, tout un monde transporté sur le fleuve où tout se vend et s’achète. Le reportage était intitulé: «Les Seigneurs du Fleuve».
Je me souviens de cette nuit où «le Prof» a débarqué dans mon bureau avec en main la première mouture de ce reportage. Me montrant le papier, il me dit: «Mon cher ami, ta maison va s’écrouler. Tous les éléments de la bâtisse sont là mais ils sont mal agencés. Pour faire une jolie maison, on commence par la fondation, puis viennent les murs et avant de mettre la toiture, il faut la charpente».
La fondation, c’était les faits. Et qui dit faits dit sources. Il tenait beaucoup aux faits et à la crédibilité des sources.
Un jour, au conseil de rédaction, il me pose la question de savoir combien de P-dG ou de ministres j’ai rencontrés au courant de la semaine. Sans comprendre, je lui réponds: «aucun».
Etonné, il s’exclame: «comment peux-tu travailler au Soft et ne pas rencontrer ceux qui possèdent l’information et qui sont des sources par excellence?».
Au prochain conseil, il nous distribua des agendas pour y noter tous les rendez-vous utiles à notre boulot. La leçon a été bien apprise.
J’ai rencontré tous ceux qui comptaient à l’époque. A l’exception du Maréchal Mobutu. Sur ce même chapitre, je m’étonnais un jour qu’en tant que journaliste, il ne buvait pas à Matonge.
Sourire aux lèvres, il me rétorqua: «Le Soft n’est pas un journal pour Matonge. Ses sources ne sont pas à Matonge. Je suis là où sont les sources du Soft».
C’est cela le Maître. Rien ne paraissait à Finance ou au Soft qu’il n’ait lu et relu plus d’une fois. Et lorsque le papier ne pouvait être sauvé malgré toute la bonne foi, son auteur le recevait parfois en plein visage. Cette rigueur dans l’écriture, il l’avait vis-à-vis de lui-même aussi.
Je me rappelle que plus d’une fois, après avoir tapé brouillement sur son Mac, la chemise déboutonnée et juste avec ses chaussettes aux pieds, il venait nous voir (moi-même, Willy Katupa ou le Pr Lukusa Menda) pour nous soumettre son papier afin qu’on lui dise ce qu’on en pense.
C’était de véritables séances de critiques. Ces séances se poursuivaient tard dans la soirée au point où Mireille (Mme Kin-kiey) était souvent appelée au secours de nos ventres oubliés avec des jolis plats dont le Mfumbwa que je raffole depuis cette époque.
Bon anniversaire au Soft International
Que vive à jamais Le Soft International.
| Donat M’Baya Tshimanga, Président de JED. |
lesoftonline.net 05/04/2010
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