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 Trésor Kapuku Ngoy, le gouverneur du Kasaï Occidental: «Nous sommes désormais à la phase des mesures politiques, administratives et judiciaires pour contrer une rébellion interne dont le RCD n’a plus besoin». Photographié dimanche 19 juillet 2009. PHOTO LE SOFT NUMÉRIQUE.
Trésor Kapuku Ngoy sort Azarias Ruberwa Manywa
MISE EN LIGNE 20 JUILLET 2009 | LE SOFT INTERNATIONAL N°999 DATÉ 21 JUILLET 2009.
Cette fois, ç’en est certainement fini d’Azarias Ruberwa Manywa. L’ancien Vice-président de la République du 1+4 en charge de la Politique et de la Défense en a certainement fait un peu trop. Le calice, pour ses ex-camarades, est bien plein.
Gouverneur du Kasaï Occidental, Trésor Kapuku Ngoy nous déclare dimanche 19 juillet, avenue de la Source, en sa résidence du quartier Ma Campagne, à Kinshasa: «Nous sommes désormais à la phase des mesures politiques, administratives et judiciaires pour contrer une rébellion interne dont le RCD n’a plus besoin».
Depuis la crise qui déferle sur l’ex-mouvement rebelle pro-rwandais, Kapuku a été nommé président du Comité de crise.
Ses positions estimées par Ruberwa comme «trop proches du pouvoir» l’avaient déjà conduit à croiser le fer avec l’homme qui, à Goma, lors des années rébellion, faisait la pluie et le beau temps au point d’obtenir jusqu’à l’éviction et à l’éloignement de celui qui fut son chef, son frère de tribu, l’ancien ministre des Affaires étrangères de l’Afdl et du Mzee Kabila, «Docta» Bizima Karaha, depuis, l’un de ses plus farouches adversaires.
LE MOUVEMENT S'ENFLE.
Trésor Kapuku se trouvait à Kinshasa, sans doute pour coordonner les mouvements du week-end: des jeunes du RCD, des Mamans et des Députés nationaux de ce qui est devenu depuis un parti politique, ont défié Azarias Ruberwa Manywa, le dénonçant publiquement et ralliant la cause du Comité de crise. Ruberwa qui voit jour après jour les insurgés monter en puissance ne savait plus où donner de la tête. Il est définitivement perdu.
Trois jours plus tôt, jeudi 16 juillet, il avait pourtant publié un énième oracle: il excommuniait en excluant une foule des insurgés, en tête le président du Comité de crise, mais aussi l’A-dg de l’Ogefrem, Émile Ngoy, déclaré «tiède». En réalité, celui-ci n’avait ni rallié le Comité de crise, ni annoncé son appui aux «derniers des Mohicans» de Ruberwa, une petite poignée composée principalement d’anciens ministres RCD-G du régime 1+4, des battus des dernières élections générales.
«Cette action du 16 juillet (Trésor Kapuku Ngoy exclut de prononcer le mot exclusion) visait à empêcher les jeunes, les femmes, les Députés à se joindre au désaveu.
Une tentative qui n’a rien produit et qui ne produira rien puisque la manifestation de samedi 18 juillet a fait comprendre que le Comité de crise jouit du soutien de tous les militants, de toutes les structures et qu’une personne sans qualité comme Ruberwa puisque frappée par la décision du Comité de crise ne peut désormais poser aucun acte engageant le RCD».
Kapuku rappelle la Déclaration politique du 17 juillet 2009 signée par lui-même à Kinshasa, au nom du Comité de Crise. «Ruberwa est un anarchiste», nous déclare le Gouverneur du Kasaï Occidental.
Dans ce texte dont «le Soft International» a reçu copie, le Comité de crise du Rassemblement Congolais pour la Démocratie, RCD, annonçait qu’il allait «prendre, dans les meilleurs délais, toutes les dispositions nécessaires en vue du rétablissement de l’unité, de l’ordre et de la discipline au sein du Parti».
Il s’insurgeait contre «la situation de confusion créée délibérément par un Groupe de 8 membres du Collège des Fondateurs du RCD à l’issue d’une réunion irrégulière tenue en date du 16 juillet 2009 sous la conduite du Camarade Azarias Ruberwa Manywa, alors déjà désavoué par la majorité des membres du Collège de Fondateurs du RCD».
Or, «ce groupe s’est arrogé, contre les dispositions statutaires, les prérogatives de prendre des décisions graves allant jusqu’à l’exclusion de certains membres du Collège des Fondateurs du RCD et à la cooptation d’autres».
«Alors que sous l’initiative des Honorables Députés et Sénateurs membres du Parti, une mission de bons offices était en cours et que des perspectives de règlement de la crise pointaient à l’horizon, ce groupe minoritaire de 8 personnes sur les 44 membres qui composent le Collège des fondateurs vient de compromettre dangereusement l’unité et la survie du Parti en jetant de la confusion au sein de l’organe Collège des Fondateurs, nonobstant les dispositions de l’article 32 des statuts du RCD qui stipule que c’est cet organe qui représente l’unité du Parti et en est le garant. La cooptation irrégulière de membres du Collège des Fondateurs et l’exclusion cavalière des autres en violation flagrante des textes, est sans le moindre doute, une unième tentative qui cache mal les visées du Camarade Azarias Ruberwa de se reconstituer une majorité «alimentaire» acquise à sa cause, dans l’unique dessein de se maintenir à la tête du Parti, alors qu’il a déjà été désavoué et que, du reste, le mandat dont il se prévaut n’est pas régulier. Il n’existe, en effet, aucune décision de l’organe compétent, désignant formellement M. Azarias Ruberwa Manywa à la tête du Parti conformément aux dispositions des statuts en vigueur tels que amendés et adoptés en décembre 2005».
Cette crise prend racine dans la propension de Ruberwa au dénigrement des plus hautes instances du pays qui le fait passer pour un opposant «alors que le RCD a versé 40.000 hommes de son armée dans les FARDC et que ses commandants occupent des postes clés et sensibles au sein de la hiérarchie militaire nationale dans le cadre du partage négocié au lendemain du 1+4».
LE TROUBLE.
Plus grave encore et qui sème le trouble: s’il n’a de cesse de négocier à la nuit tombée un gros portefeuille ministériel dans le cadre de l’Amp, au lever du jour, «Ruberwa se fait passer pour un opposant quémandant le poste de porte-parole de l’opposition institutionnelle», l’accuse-t-on.
Le week-end, l’ancien et puissant gouverneur du Nord-Kivu - du temps de la rébellion du RCD-G - Eugène Serufuli aujourd’hui PCA de la Snél, a qualifié Azarias Ruberwa de «bandit» lors d’une émission radio de la Rtga.
Dans la Déclaration politique du 17 juillet, le Comité de crise du RCD condamnait, «avec la plus grande énergie, l’initiative d’un groupuscule rebelle» et considérait que «les décisions prises au cours de cette réunion tenue en violation flagrante des statuts du Parti sont nulles et de nul effet», expliquant que «le leadership désavoué s’était complètement disqualifié et le célèbre chantre de la légalité était pris dans son propre piège».
Lors d’une conférence tenue le 13 juin à Goma, Léon Muheto, secrétaire rapporteur du Comité de crise, déclarait que le leadership de Ruberwa avait «plongé le RCD dans un coma politique qui nécessitait une cure de choc au regard du rapport sans contenu fait par le secrétaire général ai dont du reste le mandat a expiré depuis décembre 2008».
Il s’insurgeait contre le fait de «s’accrocher à la légalité en oubliant qu’on a perdu toute légitimité vis-à-vis de sa base politique».
A la suite de quoi, le Comité de crise avait pris «la courageuse décision de démettre tout le leadership du Parti car ce dernier a échoué sur tout le plan».
Muheto expliquait que «sur les dix membres du leadership du RCD, six ont déjà démissionné? Et, malgré tout, le Camarade Azarias Ruberwa s’accroche au motif selon lequel son mandat est encore en cours oubliant que son mandat est d’abord fonction du résultat. Dès lors que le résultat est catastrophique, il doit tirer toutes les conséquences en assumant pleinement les avantages et les inconvénients de ses fonctions».
Muheto expliquait que nul ne peut «accepter de couler dans un bateau dont le capitaine a perdu tout le contrôle au motif selon lequel son permis de navigabilité est encore valide».
Outre Trésor Kapuku Ngoy qui en est le président et Léon Muheto (secrétaire rapporteur), le Comité de crise compte Emmanuel Tommy Tambwe Ushindi (vice-président) et Donatien Mabiala (rapporteur adjoint).
ALUNGA MBUWA
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lesoftonline.net 21/07/2009
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