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 Nkunda et Obasanjo se donnant l'accolade à Jomba dimanche 16 novembre. PHOTO REUTERS.
Nkunda dit à Obasanjo vouloir accepter le cessez-le-feu, les observateurs sceptiques
MISE EN LIGNE 16 NOVEMBRE | LE SOFT INTERNATIONAL DATÉ 16 NOVEMBRE 2008.
Laurent Nkunda a accepté dimanche 16 novembre de respecter le cessez-le-feu et d’ouvrir un corridor humanitaire pour l’acheminement de l’aide aux réfugiés dans la province du Nord-Kivu, a-t-on appris dimanche après que le chef du CNDP eût rencontré le jour même à Jomba, son village natal, non loin de la frontière avec le Rwanda et l’Ouganda, au pied des volcans de Virunga, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, émissaire de paix de l’Onu pour le conflit dans l'est de la RDC, pendant que les observateurs restent sceptiques.
C'est la première fois depuis le déclenchement des hostilités en août dernier dans le Nord-Kivu que le chef du CNDP rencontrait officiellement un émissaire étranger - malgré le ballet des émissaires - alors que les médias occidentaux lui faisaient la part belle et que l'hebdomadaire «Paris-Match» vient de publier une photo sur une double page du chef rebelle en compagnie de sa femme Elisabeth en treillis comme lui - une Shi du Sud-Kivu -, ce qui paraît être aux yeux des observateurs une véritable campagne de communication tendant à «humaniser» le chef du CNDP.
Pour en rajouter à la communication, ce n'est pas en treillis vert kaki, mais en costume gris clair et cravate rouge que Laurent Nkunda a accueilli dimanche l'émissaire des Nations unies.
Si le cessez-le-feu tient, l’émissaire onusien aura atteint sinon son objectif, du moins, l’un des objectifs de sa tournée en Afrique centrale inaugurée en fin de semaine à Luanda en Angola, poursuivie le week-end à Kinshasa et Goma en R-dC et qui doit s’achever à Kigali, au Rwanda.
Samedi, peu avant d’embarquer pour Goma, Obasanjo a confié à des journalistes à Kinshasa qu'il passerait le message suivant au chef rebelle: «la communauté internationale attend un cessez-le-feu durable pour gérer la tragédie humanitaire et avancer pour trouver une paix durable».
RENCONTRE A NAIROBI.
«Il (Obasanjo) nous a demandé de continuer à soutenir le processus (de paix). Nous acceptons», a déclaré Nkunda à des journalistes présents à Jomba alors que des tirs nourris d'artillerie, de roquettes et d'armes légères, avaient éclaté dimanche dans le secteur de Ndeko, à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest de Jomba, selon plusieurs sources, notamment onusiennes.
Obasanjo, avait auparavant rencontré à Luanda le président angolais José Eduardo dos Santos puis le président r-dcongolais Joseph Kabila Kabange à Kinshasa pour tenter de mettre fin aux affrontements entre rebelles tutsis et armée r-dcongolaise, qui ont conduit 250.000 personnes à fuir leurs foyers et entraîné un désastre humanitaire.
Escorté par des casques bleus indiens, Obsasanjo, récemment nommé par le secrétaire général Ban Ki-moon, est arrivé en hélicoptère à Jomba.
A sa descente de l'appareil, il a donné une accolade au chef rebelle avant de passer en revue une garde d'honneur du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple), le mouvement du général rebelle.
«Pour eux, ce serait mieux qu'ils fassent partie de l'armée nationale, au lieu d'être appelés rebelles... C'est ce que nous allons essayer de faire», a dit Obasanjo aux journalistes.
«Ils veulent rencontrer le président (Kabila) pour parler politique, économie et sécurité…», a poursuivi Obasanjo.
La rencontre dont on ne connaissait pas le format pourrait avoir lieu «très prochainement» à Nairobi, au Kenya.
Samedi, au lendemain d'une rencontre avec le président Kabila, Obasanjo a déclaré que ses efforts pour mettre fin au conflit se déroulaient assez bien et le chef de l’État n'avait fixé aucune condition pour discuter avec les rebelles.
«Le président Kabila n'a pas posé ce que j'appellerai des conditions» à une possible rencontre ou des négociations avec le chef rebelle Nkunda, selon M. Obasanjo, ce qui paraît être une évolution positive du conflit.
«Nous en sommes à une étape exploratoire, et bien sûr, je lui (Kabila, ndlr) rapporterai ainsi qu'aux leaders de la région ce que j'ai obtenu de Nkunda», a souligné Obasanjo.
«Cela se déroule assez bien pour le moment», a assuré l'ancien président nigérian avant d’embarquer pour Goma.
Interrogé sur une possible régionalisation du conflit, M. Obasanjo a dit «ne pas être inquiet, car je ne vois pas de troupes étrangères» en R-dC.
A la recherche d'une solution durable au conflit du Nord-Kivu, qui fait rage depuis août, Obasanjo dit avoir reçu lors de son escale à Luanda l'assurance qu'aucun soldat angolais ne combattait aux côtés de l'armée de la RDC, alors que Kinshasa et Luanda ont annoncé l’envoi des troupes angolaises à l’est de la R-dC et que Kinshasa dit avoir demandé à Kigali l’envoi en R-dC d’«officiers de renseignement» rwandais aux côtés des troupes des FARDC traquant les milices hutues rwandaises.
LES OBSERVATEURS SCEPTIQUES.
«Nous sommes tout à fait ouverts à ce que vos officiers de renseignement puissent faire partie des troupes qui vont traquer les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) pour que les accusations selon lesquelles nous soutenons les FDLR puissent être balayées une fois pour toutes», a déclaré le ministre r-dcongolais des Affaires étrangères Alexis Thambwe Mwamba dans un entretien samedi matin à Kigali avec un journaliste de Radio Rwanda.
Thambwe Mwamba se trouvait pour la deuxième fois en trois semaines à Kigali où il a eu des entretiens avec la partie rwandaise sur la guerre en cours en R-DC. Entre-temps, une délégation de haut niveau du gouvernement rwandais conduite par la ministre des Affaires étrangères, Rosemary Museminali, s'était rendue à Kinshasa.
La ministre Rosemary Museminali a néanmoins assuré qu'il n'y aurait aucun soldat rwandais en territoire congolais en vue de pourchasser les rebelles Interhamwe (FDLR) rwandais.
Selon des observateurs, la rencontre de Kigali a été un «réel succès» du point de vue rwandais. «Pour la première fois depuis longtemps, nous avons le sentiment d’avoir fait du chemin (…), à condition que les gens tiennent parole», a déclaré un fonctionnaire rwandais. «L’entretien a été très franc (...) mais surtout très ouvert et très positif», a rapporté au «Soft International» une autre source.
Les deux Capitales se seraient même promis la réouverture réciproque des ambassades et la réactivation de la CÉPGL (Communauté économiques des pays des grands lacs).
La tournée en Afrique Centrale d’Olusegun Obasanjo vise à «dessiner ensemble les positions de chacun et ce dont nous avons besoin de faire ensemble pour avancer» et trouver une solution à la crise.
Après la conférence régionale de Nairobi consacrée la semaine dernière à la crise dans l'ex-Zaïre, «j'ai décidé de commencer à partir d'hier (vendredi) un premier round de consultations dans la région», a expliqué M. Obasanjo.
Le conflit trouve son origine dans le génocide de Tutsis, en 1994 au Rwanda. Kinshasa accuse Kigali de soutenir Nkunda. Ce dernier affirme défendre les Tutsis congolais contre les attaques de rebelles hutus des FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) qui, selon lui, appuient les forces gouvernementales r-dcongolaises.
Nkunda s'est emparé en octobre d'une partie de la région de Rutshuru et a progressé jusqu'aux portes de Goma avant de proclamer un cessez-le-feu. Mais des accrochages sporadiques se sont poursuivis.
Nkunda réclame des discussions directes avec le président Kabila, faute de quoi il affirme qu'il marchera sur Kinshasa.
Après de précédents accords restés sans lendemain, beaucoup d'observateurs sont sceptiques.
Pris au milieu des combats qui se déroulent sur un immense territoire, les 17.000 casques bleus de la Monuc sont accusés de ne pas protéger les civils.
Après des semaines de demandes de renforts, un diplomate à Kinshasa a déclaré que la France préparait au Conseil de sécurité de l'Onu un projet de résolution autorisant l'envoi de 3.000 militaires en renfort.
| LE SOFTONLINE/AGENCES. |
lesoftonline.net 16/11/2008
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