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TOUR DE PASSE-PASSE FINANCIER.


Stavros Papaioannou. L'un des patrons de Hewa Bora Airways. Grec né au Katanga. PHOTO LE SOFT NUMÉRIQUE.

Brussels Airlines et Hewa Bora créent AirDC

A Bruxelles, SN Brussels Airlines change de nom et devient Brussels Airlines laissant tomber SN qui rappelait la défunte Sabena alors qu’à Kinshasa, une nouvelle compagnie AirDC est portée sur les fonts baptismaux. La nouvelle compagnie est fruit du mariage Bruxelles Airlines et Hewa Bora Airways. Avec à la clé une nouvelle stratégie: contrer Air France-Klm sur un marché juteux qui a toujours et naturellement appartenu aux Belges en apportant de nouveaux produits et en innovant. Maître d’oeuvre de ce nouveau tour de table financier: le Belge Filip Demorloose, un natif du K.atanga, patron golden boy de Demimpex, propriétaire du garage ATC Auto Transport Company à Kinshasa, qui a raflé le capital de HBA.

Ça va beaucoup bouger dans le ciel r-dcongolais. À quelque chose malheur est bon.

Le crash de l’Antonov 26 au-dessus de la la Capitale Kinshasa et dans un quartier à forte densité humaine et qui a fait une cinquantaine de morts relance sur écran géant le grand débat sur la sécurisation de nos airs.

Et déjà des opérateurs viennent avec une solution: le lancement d’une nouvelle compagnie en partenariat avec la compagnie aérienne belge Brussels Airlines (qui a cessé d’être SN Brussels airlines) et la compagnie de droit r-dcongolais Hewa Bora Airways.

Cette compagnie a pour nom AirDC (qui rappelle bien, en prononçant RDC, soit République Démocratique du Congo).

HBA détient 51% des parts de la nouvelle compagnie alors que Brussels Airlines en contrôlera 49%. Six avions sont déjà en ligne vers Kinshasa. Soit quatre BAE (British Aerospace) 146 et deux Boeing 737-800. Les BAE 146 vont opérer des vols intérieurs (Tshikapa, Tembo, Kahemba et consorts).

Ils ont la capacité d’atterrir sur mauvaise et courte piste à l’exemple des fameux Antonov russes ou ukrainiens décriés, la sécurité en plus tandis que les Boeing 737-800 effectueront des vols interégionaux, en desservant les pays tels l’Angola, le Nigeria, l’Afrique du Sud, le Kenya, le Burundi, voire le Rwanda.

Au projet, les banques ont répondu banco. Et le go head donné par le Gouvernement. Les premières livraisons d’avions étaient attendues au plus tard fin de l’année, soit dans deux mois.

Autre innovation apportée par ce tour de passe-passe financier entre Bruxelles et Kinshasa; la nouvelle compagnie belge Brussels Airlines annonce une desserte journalière entre Kinshasa et Bruxelles et en direct, soit sans escale. Alors qu’à une certaine époque, la défunte Sabena effectuait des vols directs entre Bruxelles et Kinshasa, il n’en existe plus aujourd’hui, hormis le vol de dimanche dans le sens Kinshasa-Bruxelles. Le régulier de la compagnie aérienne belge SN Bruxelles Airlines effectue en effet dimanche un vol en direction de Kinshasa via Luanda d’où il remonte et met direcetement le cap sur Bruxelles qu’il atteint après environ 7 heures de vol.

DU BONHEUR.
Par contre, la compagnie concurrente franco-espagnole Air France-Klm qui opère deux fois sur Paris-Kinshasa-Paris, le mardi et le samedi, c’est du bonheur pour les passagers: ses vols sont en direct, confort et qualité de service en plus. On ne saurait dire autant de la ligne Bruxelles-Kinshasa-Bruxelles. Par exemple, les classes Première, Business et Éco n’ont pas d’équivalent sur les vols Europe.

Même s’il reste quelques inconvénients pour les passagers de Belgique (de préférence passer la nuit à Paris quand on se rend à Kinshasa, prendre le TGV Thallis avec risque de rater une connexion et... tirer ses valises dans les couloirs de métro, etc.), Air France-Klm fait recette à Kinshasa aussi bien qu’à Bruxelles.

Sur les vols dire cts, des responsables de Bruxelles Airlines et de la nouvelle compagnie de droit r-dcongolais AirDC précisent que dans un premier temps, Bruxelles Airlines effectuera deux vols en direct avant de passer aux sept, les cinq autres vols passeront par Douala, au Cameroun (comme c’est aujourd’hui le cas) et par Yaoundé, toujours au Cameroun.

Pour Yaoundé, la nouvelle compagnie belge revient aussi à ce qui avait existé à une certaine époque. Autre avantage et non des moindres: le «code share».

L’Américain qui quitte Dallas pour se rendre en final à Mbuji-Mayi paie à ce jour un billet d’avion au départ de Kinshasa. Désormais, un seul billet suffit au départ de Dallas et ses bagages sont enregistrés pour Mbuji-Mayi. En arrivant à Kinshasa, plus besoin d’attendre, la connexion vers Mbuji-Mayi est assurée. Outre cela, AirDC se trouve être désormais, HBA ayant disparu des programmes passagers, la seule compagnie de ce pays à ne pas être blacklistée.

On sait que depuis le 22 mars 2006, quarante-trois compagnies de droit r-dcongolais sont interdites de vols dans l’espace de l’Union Européenne et aux États-Unis dont la fameuse Africa One mais aussi Air Boyoma, Air Kasaï, Air Navette, Air Tropiques, Malila Airlift, Malu Aviation, Gomair, Katanga Air et même Bravo Air Congo. Chaque jour pourtant, des passagers dont des expatriés se risquent à bord de ces avions. L’arrivée dans notre ciel d’une compagnie non blacklistée (maintenance selon les normes européennes et pilotes disposant d’une licence reconnue en Europe) rassurera plus d’un passager.

Hewa Bora Airways va-t-elle disparaître? On aurait pu le croire. Mais cette vieille compagnie qui en a connu moult restructurations depuis City Airlift et mis à mal SN Brussels par une politique de... dumping (d’autres diront de vérité de prix) en réussissant à casser le prix du billet Kinshasa-Brussels et en offrant 60 kilos de bagage par passager, sauve l’honneur. Elle continuera de voler mais en cargo et charter.

D. DADEI.
lesoftonline.net 22/10/2007

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