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 Georges Arthur Forrest, le Patron d'EGMF. PHOTO LES ARCHIVES DU SOFT.
Atome: la R-dC menacée?
MISE EN LIGNE LE 16 JUILLET 2007 | LE SOFT INTERNATIONAL N°913 DATÉ 11 JUILLET. L’entreprise publique OCC, Office Congolais de Contrôle, et sa direction, sont doublement condamnables. Pour avoir «découvert» de la radioactivité dans une mine du Katanga au point de réclamer la fermeture de celle-ci et pour en avoir fait la publicité dans les médias étrangers, Rfi, en particulier sur ce qui n’a jamais été prouvé. Dans quel but? Au Katanga, l’émoi est grand.
À Lubum, dans le pays du Katanga, on fulmine de colère. Ici, on soupçonne un mauvais coup. Un énième. L’OCC et son A-dg RCD-G Oswald Mukingi qui a pris les rennes de l’entreprise publique après la nomination de Mme Louise Mayuma Kasende au Cabinet du Chef de l’État comme DirCaba, ont-ils l’expertise ou sont-ils manipulés? Si manipulés, par qui?
Alors que le Katanga recherche farouchement son redressement et semble s’être lancé dans la bonne direction, d’où sort cette énième affaire d’autant plus terrible sinon terrifiante qu’elle touche à l’uranium et donc à la radio-activité? Dans son modeste bureau du zoning industriel 1, le grand Patron katangais, Georges Arthur Forrest fulmine de rage.
Voilà longtemps qu’il a décidé de frapper un grand coup: il a requis que IAEA-AIEA, l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique fasse le voyage de Lubumbashi, Katanga et lui dise sa vérité. Carrément, l’organisation de l’Égyptien Mohamed El Baradei lui-même, l’homme de la guerre de l’Irak et de la fin de Saddam Hussein. Car le piège est cette fois bien réel. De rumeurs en accusations d’ONG, de procès bidons d’anciens frustrés à... «on ne sait quoi», Georges Arthur Forrest commence à en avoir vraiment marre.
«J’ai une stratégie d’industriel, je travaille sur du long terme. Je ne suis pas un oiseau volage à la recherche d’un coup - cela ne m’intéresse pas. Si on ne veut pas d’un industriel sérieux, qu’on me le dise et, je...». On devine le reste. L’exaspération est cette fois fort visible sur le visage d’un homme qui en a mené des combats dans le passé et qui hausse rarement la voix.
«J’ai tout investi et c’est parce que je crois à ce pays, que je n’ai jamais quitté». Puis de brandir ses «résultats»: premier investisseur privé en R-dC, un chèque en 2006 au fisc de 34.307.000 dollars US/25.005.000 dollars en 2005, une progression de 37 %, 9.500 cadres et agents au 15 avril 2007. Le Katanga a besoin. Mais cela n’ira pas contre les nouveaux thèmes de vie, l’environnement, l’écologie, etc. Reste que l’OCC a tout vu faux. Pourquoi?
ALUNGA MBUWA.
Menace atomique au Katanga, l’OCC avait vu tout faux
MISE EN LIGNE LE 16 JUILLET 2007 | LE SOFT INTERNATIONAL N°913 DATÉ 11 JUILLET. Ouf! Au moins la population du Katanga peut respirer maintenant. La contre-expertise demandée par le gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi Chapwe, devrait mettre fin à la polémique née du rapport controversé de l’OCC sur le danger de radioactivité que présente la mine de Luiswishi. En attendant la publication du rapport d’enquête de la commission de contre-expertise, le «Soft International» est en mesure de livrer la vérité sur la radioactivité de la mine de Luiswishi. Nos rédactions sont tombées sur des documents estampillés «confidentiels», lesquels sont formels: la mine de Luiswishi ne présente pas un grave danger de radioactivité pour les mineurs et la population riveraine. C’est la commission de contre-expertise composée de 10 membres venus des horizons différents qui dresse le constat.
Cette commission a creusé sous le rapport de l’Office congolais de contrôle jusqu’à ce qu’éclate la vérité. Dans cette affaire qui ressemble fort à une campagne de com de mauvais goût, où rumeur, intox et désinformation se sont entremêlées, ce n’est pas seulement l’entreprise CMSK mise en cause dans le rapport OCC qui y a laissé un peu de sa réputation.
Le préjudice est aussi important pour le Katanga qui est en plein élan pour son développement. Moïse Katumbi Chapwe qui a diligenté la contre-enquête, doit aujourd’hui en être fier.
Lorsque l’information a été portée à sa connaissance, Moïse Katumbi Chapwe, a immédiatement convoqué, mercredi 13 juin, une réunion de crise à son cabinet de travail. Autour de lui : les ministres provinciaux de l’Intérieur, des Mines, de l’Environnement ; les représentants de l’OCC, de la Chambre des Mines, des entreprises CMSK, Gécamines et EGMF, ainsi que le consul général de Belgique, le professeur Jan Gorus, délégué de la Task Force on Minerals Resources in Central Africa. La main sur le cœur, le gouverneur jure: «Je veux qu’une commission mixte et neutre soit constituée afin de procéder à une contre-expertise du rapport de l’OCC et qu’éclate la vérité sur cette affaire».
LES FAITS.
Sur réquisition du ministre provincial des Affaires foncières du Katanga (n°0010/CAB/MIN/MINAFFONC/KAT/2007) du 18 mai, l’Office congolais de contrôle, a entamé en date du 23 mai une campagne de mesures de radioactivité dans la mine à ciel ouvert de Luiswishi. Le samedi 9 juin, l’OCC a organisé une visite à l’intention du ministre provinciale des Mines du Katanga, l’ex-RCD-G Barthélemy Mumba Gama, qu’accompagnaient des délégués de la Gécamines, de la MONUC ainsi que la presse qui a fait large écho de cette visite et du rapport de l’OCC.
L’enquête de l’OCC conclut à la fermeture à l’exploitation de la mine de Luiswishi compte tenu du taux de radioactivité qui serait même plus élevé que dans le site uranifère de Shinkolobwe.
Le vendredi 15 juin, la commission diligentée par Moïse Katumbi est constituée. Aussitôt, le lendemain, elle se met au travail. Des mesures sont prises dans la mine à ciel ouvert (remblais 332-ND, 332-SA et 332-SE le long du rail, points 1 à XIV dans la mine).
Lundi 18, les membres de la commission procèdent à de nouveaux prélèvements des mesures au nouveau concentrateur de Kipushi (remblais composites 332-SA-SB, 332-NC-ND, 332-NB-SD, sur le stock pile blocs, le sable, les anciens, les concentrés en vrac et en sac) et à la digue à rejets. Mardi 19 juin, la commission de contre-expertise est à pied d’œuvre et elle fait des prélèvements des mesures dans les tranchées du gisement 3 et visite le poste de contrôle de l’OCC à Kisanga.
Et mercredi 20, la commission procède aux derniers prélèvements des mesures sur le remblai stérile Nord-Ouest et les tranchées du gisement 1. Tout ce travail sera suivi, jeudi 21, par une séance de travail aux bureaux de l’OCC.
Avant de poursuivre, vendredi 22, le prélèvement des mesures à la mine à ciel ouvert de Luiswishi (sur l’incliné Nord d’accès vers le gisement 3 et le remblai 331 N) et au bureau de la médecine du travail. Samedi 23 et dimanche 24, les séances de travail ont eu lieu à l’OCC et la commission de contre-expertise a rédigé son rapport final.
La commission a pris les mesures radio-métriques sur différents sites (carrière, minerais en stocks et remblais stériles). En comparaison avec les résultats de l’enquête de l’OCC, on observe une certaine disparité des valeurs mesurées du fait que les appareils de mesure utilisés sont de marque différente et n’ont pas été étalonnés au départ, explique un ingénieur. Qui ajoute: cette disparité est aussi due au fait que les mesures ont été prélevées à une distance variant entre 5 cm (OCC) et 20 à 50 cm (CMSK, Gécamines, EGMF). Les mesures prélevées systématiquement par l’OCC au poste d’observation de Kisanga sur les concentrés de CMSK en export sont comparables aux valeurs mesurées sur les concentrés de Kipushi (0,64 mSv/h et 1,72 mSv/h) pour la période du 6 mars au 12 juin 2006.
OCC INFIRME.
Dans son rapport, la commission dresse la conclusion suivante : «Comme toutes les mines de la ceinture du cuivre du Katanga, la mine à ciel ouvert de Luiswishi présente une faible présence d’uranium avec certaines occurrences localisées ponctuellement. Dès lors, des mesures de contrôle périodiques sont réalisées pour suivre l’évolution de la radioactivité dans la mine et prendre toutes les mesures de sécurité préventive adaptées».
Selon ce rapport, «les valeurs observées dans les zones d’activité normale de la mine (0,20 à 1,40 mSv/h) restent inférieures au seuil admis de 10 mSv/h. Certaines valeurs plus élevées (2,03 à 56,94) ont été observées dans des zones abandonnées ou à l’écart de l’exploitation courante de la mine, qui ne sont pas des zones d’activité normale et où le personnel ne passe qu’exceptionnellement (par exemple l’incliné vers le lac, remblai NW) ou de manière épisodique (par exemple à plusieurs mètres des buttes de l’incliné Nord du gisement 3 ou de la faille entre les gisements 2 et 3)».
Dès lors, si l’on tient compte en outre de la distance de passage par rapport à ces zones, poursuit le rapport, les valeurs de doses sont largement en dessous des normes admises et donc la situation n’est nullement dangereuse pour une exploitation de la mine.
En ce qui concerne les concentrés cuivre-cobalt exportés en Finlande, le rapport mentionne ceci: «OMG-Kokkola, destinataire de ces concentrés, confirme suite aux contrôles réguliers effectués à l’importation que le niveau d’uranium naturel de ces produits est bas, que les valeurs de radioactivité mesurées depuis des années sont au même niveau que la valeur ambiante en Finlande et donc qu’ils ne présentent aucun danger»
. Pour ce qui est de la valorisation de l’uranium, le rapport souligne que «ces concentrés montrent une teneur très faible d’U3O8 qui n’est pas économique». Enfin, conclut le rapport, «les eaux de la mine qui ont circulé depuis des centaines de millions d’années dans ces roches radioactives montrent une radioactive voisine de la normale, comparable à celle de l’eau distribuée à Lubumbashi par la REGIDESO».
Ce rapport de contre-expertise infirme les résultats de l’OCC et confirme en fait des études antérieures. Par exemple, en mai 2006, après un levé radio-métrique des différents fronts du gisement 3 et à certains endroits des gisements 1 et 2 afin de sécuriser l’exploitant à la radioactivité, Guy Yumba Ilunga, chargé des études géologiques, a fait à la direction d’exploitation de CMSK la recommandation suivante : «Dans l’ensemble, le gisement de Luiswishi présente une radioactivité moyenne de l’ordre de 0,35 mSv/h. Mais quelques poches des RAT grise minéralisées du flanc Nord au gisement 3 produisent une radioactivité de l’ordre de 2,5 à 3 mSv/h.
De ce fait, nous recommandons aux exploitants de diminuer la fréquence aux fronts de 10% par jour, d’être à une distance de plus ou moins 5 m, d’avoir le plus souvent le cache-nez et d’arroser régulièrement le chantier. Il est à noter que la radioactivité dangereuse dans la mine à ciel ouvert est de l’ordre de 10 mSv/h au-delà. Actuellement, l’exploitation à Luiswishi doit continuer sans aucune crainte, car la radioactivité est trop faible (négligeable)». CMSK prend des précautions dans la manipulation des roches radioactives. Il s’agit de l’arrosage abondant du lieu de travail, l’interdiction d’accès à toute personne étrangère à l’opération, le port obligatoire du masque anti-poussière, la réduction de temps de travail à 4 heures, l’excavation à la pelle mécanisée, le transport par bennes et le changement des habits et douche obligatoire à la fin de l’opération.
Depuis 2006, des levés radio-métriques sont effectués régulièrement par la CMSK afin de contrôler l’environnement radioactif.À Lubumbashi, les 650 agents de la CMSK ont marché la semaine dernière pour protester contre l’éventuelle fermeture de la mine de Luiswishi à l’exploitation.
TSHIMANGA DOLAY.
À l’exportation, les minerais sont soumis à trois contrôles systématiques de radioactivité
MISE EN LIGNE LE 16 JUILLET 2007 | LE SOFT INTERNATIONAL N°913 DATÉ 11 JUILLET.
La Compagnie minière du Sud-Katanga, CMSK, qui exploite le gisement Cu-Co de Luiswishi, a été constituée le 1er juillet 2004 sous la forme d’une Sprl (société privée à responsabilité limitée). Elle a repris et poursuit les activités de l’Association momentanée de Luiswishi née du partenariat conclu entre la Gécamines et l’Entreprise générale Malta Forrest, EGMF, en vue de valoriser cette mine à ciel ouvert. Dans CMSK, la Gécamines détient 40% des parts contre 60% à EGMF.
CMSK exploite la mine de Luiswishi, un gisement cupro-cobaltifère situé dans le permis d’exploitation n° 527 (CAMI/CE/364/2003 pour le Cu, Co et substances associées) et produit un concentré Co-Cu au nouveau concentrateur de Kipushi financé par EGMF. La capacité de production annuelle est de 4500 tonnes de cobalt contenu et 12000 tonnes de cuivre contenu.
En 2006, la production effective a été de 4200 tonnes de cobalt et 10300 tonnes de cuivre.
À propos de CMSK, le rapport Lutundula de l’Assemblée nationale note que «ce partenariat reste le seul qui rapporte de l’argent frais à la Gécamines».
L’HISTOIRE.
Actuellement, CMSK emploie 650 agents : 300 directement sur les deux sites et 350 prestent comme sous-traitants (transport, conditionnement, etc.). CMSK exerce son activité dans le cadre du Code minier congolais, mais elle a décidé d’aller au-delà, particulièrement en s’impliquant dans le développement durable des communautés locales.
Avec le concours des facultés agronomiques de Grembloux en Belgique, elle a mis sur pied un programme de protection et de maintenance de la biodiversité aux abords des installations minières et sur toute la surface non concernée par l’activité minière en vue de la préservation de la biodiversité.
D’ici à 2009, une usine de traitement métallurgique sera implantée à Luiswishi afin de produire des sels de cobalt et des cathodes de cuivre. Cette usine, déclarent les dirigeants de CMSK, augmentera la valeur ajoutée du projet en R-dCongo et permettra d’embaucher plus ou moins 260 employés supplémentaires.
Le gisement de Luiswishi est une structure synclinale du Ssgroupe des mines orientée est-ouest, longue de plus ou moins 1500 m, couchée sur son flanc nord, plongeant vers le Sud, et faillée selon l’axe du pli. Il est inclus dans la brèche de Roan qui jalonne l’alignement tectonique Tenke-Fungurume-Luishia-Luiswishi-Etoile-Kimpe. Deux failles transversales subdivisent le synclinal en 3 fragments principaux : gisements 1, 2 et 3. Des prospections par sondages ont été entreprises pour le cuivre et le cobalt de 1925 à 1930 et en 1948 par l’Union minière du Haut-Katanga, UMHK.
La présence de quantités appréciables de minerais riches en cobalt a donné à ce gisement une importance considérable. Les minerais riches et pauvres estimés en 1931 totalisaient respectivement 33.270 TS (à 10% Cu et 7,6% Co) et 43.100 TS (à 4,0% Co). Les travaux de prospection avaient découvert une poche uranifère dans la brèche de la faille transversale entre les gisements 2 et 3 en dehors des couches minéralisées de cuivre et de cobalt. Malgré une prospection en 1930, cette minéralisation s’est avérée de faible importance économique.
En 1982, la Gécamines a repris la prospection par sondages sur le gisement 1.
Les ressources certaines encore en place sur ce gisement ont été estimées à 3.886.000 TS contenant 2,7% de Cu et 0,9% de Co. Les ressources probables dans les gisements 2 et 3, quant à elles, étaient évaluées à 3.522.000 TS contenant 3,2% de Cu et 1,3% de Co.La prospection a repris en 1999-2000, puis en 2004-2006 avec le partenariat EGMF-Gécamines, puis avec CMSK. Cette nouvelle prospection a permis d’affiner la modélisation du gisement, définir des réserves mesurées Cu-Co jusqu’au niveau 1.300, évaluer des réserves probables Cu-Co jusqu’au niveau 1.200 et dessiner un projet minier à ciel ouvert jusqu’à 1.200. Pour rappel, au cours des prospections de 1982 et 1996-2006, aucune minéralisation d’uranium significative n’a été rencontrée malgré les mesures effectuées systématiquement sur les carottes de sondages.
EXPLOITATION.
Le gisement de Luiswishi a fait l’objet de plusieurs phases d’exploitation du cuivre et cobalt par l’UMHK. Elles ont consisté en travaux souterrains et carrières, développés entre 1929 et 1956. Ces travaux ont consisté également en l’enlèvement des minerais les plus riches.
L’exploitation sera arrêtée en 1956 à la suite de l’appauvrissement des teneurs Cu et Co ainsi que d’un changement de stratégie minière de l’UMHK. Cette dernière avait en effet décidé de focaliser ses efforts sur le développement de Kolwezi.
Avec l’embellie des cours du cobalt, la Gécamines lance, dès 1994, une série de projets de valorisation de ses gisements cobaltifères, notamment à Kasombo, Kamwale, Tilwezembe, Luiswishi, Kananga. En ce qui concerne Luiswishi, un projet d’exploitation minière a été étudié sur base des données géologiques de 1983, montrant qu’une reprise de l’exploitation était économique.
Ainsi naîtra en 1997 le partenariat Gécamines –EGMF. L’exploitation a démarré avec la reprise des anciens remblais provenant des exploitations antérieures de l’UMHK et considérés comme pauvres à l’époque.
L’exploitation se poursuivra en 1998 avec l’excavation d’une carrière au gisement 2 dans une première étape et ensuite aux gisements 1 et 3. Luiswishi est une zone minière qui s’étend sur 1.300 Km de longueur, 400 m de largeur et 100 m de profondeur. Actuellement, l’exploitation vise à extraire 50.000 th de minerais par mois, destinés à être traités au nouveau concentrateur de Kipushi.
our cela, il faut une excavation totale de plus ou moins 150.000 m3 par mois : minerais Cu-Co directement valorisables (18%), minerais Cu-Co pauvres ou non directement valorisables (17%) et stérile (65%). CMSK fait de l’exploitation industrielle grâce à des pelles mécanisées et bennes de 40 tonnes. Elle atteint le niveau 1310 et extrait les minerais des tranches 1315-1320 et 1310-1315 dans les trois gisements.
TRAÇABILITE.
Les minerais directement valorisables au nouveau concentrateur de Kipushi sont transportés pour constituer des stocks le long de la bretelle de chemin de fer en vue d’être expédiés vers ce concentrateur. Ces stocks sont appelés 332 et numérotés N ou S selon qu’ils sont situés au Nord ou au sud du rail.
Ils sont également distingués par une lettre (A, B, C, D, E) selon leur position. Cette numérotation est complétée par un chiffre qui renseigne sur la génération du remblai (par exemple le NA 25 est le 25è stock entreposé sur le site Nord A).
Les minerais expédiés au nouveau concentrateur de Kipushi reçoivent un traitement métallurgique de concentration. Le produit final est appelé concentré et contient 20-25% de Cu et 8% de Co. À l’expédition hors des frontières de la R-dCongo, ces concentrés subissent un contrôle systématique de radioactivité par le laboratoire Robinson International pour CMSK, par celui de EMT-Gécamines Panda (Likasi) pour le gouvernement et par Alex Stuart pour l’OCC au poste de contrôle de Kisanga qui autorise alors la sortie.
Quant aux minerais pauvres, ils sont stockés sur le site de Luiswishi en attente de traitement approprié. Ils concernent les remblais 331, 335, 336, 337 et 339. Et les produits stériles, eux, sont stockés principalement dans les remblais S, E (inactif depuis l’approfondissement de l’exploitation du gisement 3) et NW.
La poche contenant une radioactivité significative, signalée par la prospection de 1930 entre les gisements 2 et 3 et sur laquelle plusieurs études géologiques détaillées avaient été effectuées, s’est trouvée à un moment donné sur le chemin de l’exploitation.
En 2004-2005, la plus grande partie de ces produits a été acheminée au remblai NW, volontairement constitué à l’écart de l’exploitation. L’opération a mobilisé environ 200 bennes (Plus ou moins 6.700 TS de roches).
En mars 2007, un décapage de produits résiduels sur l’incliné d’accès Nord menant au gisement 3 a été opéré grâce à la mobilisation de 60 bennes de ces produits (2.000 TS) qui ont été enfouis dans les remblais stériles Sud, suivant la recommandation de CGEA lors d’une mission de contrôle effectuée en novembre 2006.
Il subsiste encore de petits reliquats faiblement actifs, notamment dans les buttes abandonnées en RAT stériles surplombant l’incliné d’accès Nord vers le gisement 3 et en bordure Est du gisement 2. Et aussi (de manière sporadique) des pics de radioactivité dans l’incliné abandonné en RAT rouges au Nord du gisement 2, sur lequel il n’y a plus aucune circulation.
Depuis 2006, des mesures radio-métriques sont effectuées régulièrement par CMSK afin de contrôler l’environnement radioactif. Les prélèvements réguliers des mesures de contrôle de radioactivité ont commencé en 2004 dès que l ‘excavation a atteint la poche radioactive signalée en 1930 au Nord-Ouest du gisement 3. Au début, les mesures ont été effectuées à l’aide de l’appareil Geofysica type PGR.
Mais depuis septembre 2005, le chantier dispose en permanence d’un appareil Gamma Scout qui permet des mesures de contrôle régulières sur les tranchées, cuttings de minage, gonflements de minage et aux fronts d’excavation.
TSHIMANGA DOLAY.
«Ni à Lubumbashi, ni à Likasi, la population n’est exposée à un quelconque danger d’irradiation»
MISE EN LIGNE LE 16 JUILLET 2007 | LE SOFT INTERNATIONAL N°913 DATÉ 11 JUILLET.
Damien Mwenze est docteur en géologie. Pour cet expert des mines, la surveillance et le contrôle de la radioactivité font appel à des moyens de mesure des rayonnements. Dans un entretien, il donne un aperçu général sur le copperbelt de l’Afrique centrale.
Expliquez-nous la radioactivité dans l’exploitation du cuivre et du cobalt...
Le copperbelt de l’Afrique centrale récèle principalement des gisements stratiformes de cuivre et cobalt, répartis sur environ 700 Km en R-dCongo et en Zambie. En R-dCongo, la plupart de ces gisements contiennent de l’uranium qui forme des occurrences très localisées dans ces gisements. Au total, 22 occurrences uranifères ont été répertoriées en R-dCongo, associées directement ou indirectement au Ssgroupe de mines. Certaines de ces occurrences constituent ou ont constitué des amas économiquement exploitables : Shinkolobwe, Swambo, Kasompi, mais seul le gisement de Shinkolobwe a été exploité pour l’uranium. La plupart des autres occurrences uranifères n’ont jamais représenté à ce jour des gisements économiques. Par exemple, Chabara, Fungurume, Kakanda, Kalumbwe-Myunga, Kambove, Kamoto, Kolwezi, Luishia, Luiswishi, Mashamba, Mashitu, Musonoï, Mutoshi, Ruashi. Cependant, au cours de l’exploitation minière du cuivre par l’UMHK, puis la Gécamines, certains minerais ou roches contenant des quantités significatives d’uranium ont été stockés dans des remblais spécifiques, notamment à Musonoï et Kambove. On notera que des occurrences uranifères ont été également observées en Zambie, notamment à Mindola, Chibuluma, Luanshya et Kansanshi.
Allons dans le détail: comment une part d’uranium est-elle liée au Cu-Co?
En R-dCongo, les minéralisations Cu-Co (à l’origine sulfurées) sont contenues dans le Ssgroupe des mines selon 3 «ore-bodies» principaux : inférieur (RAT grises, D. Strat. RSF, base RSC), supérieur (sommet RSC, SDB, BOMZ) et CMN. Dans la zone superficielle oxydée, la minéralisation peut néanmoins former également des concentrations économiques (Cu-Co) dans les autres couches. Les minéralisations uranifères, quant à elles, sont principalement localisées dans les fracturées associées à la couche minéralisée inférieure du Ssgroupe des mines exploitée pour le Cu-Co, aux roches du Ssgroupe des RAT sous-jacentes, situées au mur des gisements, et/ou dans des brèches à proximité du Ssgroupe des mines ou au contact avec le Ssgroupe des RAT. Elles résultent d’une mobilisation et concentration de l’uranium suite à des manifestations hydrothermales ou dans les zones superficielles d’oxydation, à partir d’une dissémination très faible et non-économique d’uranium contenue dans les RAT grises.
Comment surveiller et contrôler la radioactivité?
La surveillance et le contrôle de la radioactivité font appel à des moyens de mesure des rayonnements. Il y a le compteur de particules portatif (scintillomètres) mesurant la radioactivité en coups par secondes. Il y a aussi le dosimètre qui mesure la dose d’irradiation proportionnelle à l’énergie absorbée au cours d’une période donnée.
Quels sont les effets néfastes de la radioactivité sur l’homme?
Les matières radioactives émettent un rayonnement ionisant (radiations) qui peuvent avoir des effets nocifs sur l’homme selon le type et l’intensité des rayonnements. La population humaine est soumise à une exposition naturelle qui varie de 2 à 10 mSv par an du fait du rayonnement cosmique et des matières radioactives présentes dans la nature, le sol et les matériaux de construction. Cette exposition qui ne présente aucun danger, varie d’un endroit à un autre.
Les mesures réalisées dans les villes de Lubumbashi et Likasi donnent des valeurs comprises entre 0,135 et 0,311 mSv/h.
Cependant, l’exposition à une dose très élevée de rayonnement, notamment dans les centrales nucléaires au contact de l’uranium enrichi ou de déchets radioactifs, peut entraîner la mort d’un nombre de cellules tel que notre corps ne peut pas les remplacer suffisamment vite.
Comment peut-on savoir qu’on a été irradié?
Il y a des symptômes graves qui apparaissent après quelques jours. Ce sont par exemple des brûlures de la peau, des vomissements, des vertiges, des migraines et des hémorragies internes.
Comment se fait alors l’irradiation?
On distingue deux sortes d’irradiation. L’irradiation externe ou l’exposition du corps aux rayonnements émis de l’irradiation interne par l’inhalation de gaz ou de poussières radioactifs ou encore par l’ingestion d’eau et des poussières radioactives. Les effets les plus sévères sont provoqués par les irradiations artificielles, notamment lors des accidents dans les centrales nucléaires ou des contacts avec des produits enrichis ou résidus irradiés. Il s’agit des brûlures, desquamation, perte des cheveux, etc.
Qu’en est-il des irradiations dans l’exploitation minière?
Les irradiations naturelles sont nettement moins intenses et, par conséquent, présentent moins de danger pour l’organisme. Il y a lieu de les mesurer pour en évaluer la dangerosité, de prendre les précautions éventuelles de protection et d’assurer un temps d’exposition inférieur au seuil tolérable par l’organisme humain. Le risque d’irradiation externe dépend de la durée de l’exposition. Plus la durée est courte, plus la dose de rayonnement est réduite. Mais aussi il dépend de la distance de la source. Plus la distance de la source radioactive est éloignée, plus la dose est réduite. Par ailleurs, le risque d’irradiation interne est essentiellement lié à l’inhalation et à l’ingestion des poussières radioactives. Les mesures de protection classiques (masques, gants) sont nécessaires lors de la manipulation des produits radioactifs.
Quel est le seuil tolérable par l’organisme humain?
La Commission internationale de protection radiologique, CIPR, fixe les normes de limitation des doses auxquelles la population peut être exposée. En pratique, la dose limite d’irradiation ou dose efficace est le niveau de la nuisance qui ne doit pas être dépassé afin qu’une activité puisse être exercée régulièrement, sans faire courir le risque inacceptable pour l’homme. Ces normes sont adoptées par l’Organisation internationale du Travail, OIT, l’Agence internationale de l’énergie atomique, AIEA, et par l’OMS. En ce qui concerne l’organisme humain, la dose maximale, en plus de celle provenant du rayonnement naturel ( par exemple les applications médicales) est fixée à 1 mSv mesurée sur une année. Les passagers et les équipages d’avions subissent des expositions plus élevées que la normale. Par exemple, les doses dues à des vols au-dessus des pôles sont supérieures à celles des vols au-dessus des régions équatoriales. Quant aux personnes professionnellement exposées aux rayonnements ionisants, la dose maximale pour un travailleur est limitée à 50 mSv par an.
Cette notion de dose est-elle bien comprise?
Il faut savoir que les appareils mesurent une irradiation en un endroit donné. Mais cette irradiation peut varier fortement d’un endroit à un autre.
| TSHIMANGA DOLAY. |
lesoftonline.net 16/07/2007
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