Editorial

Tenir parole

Par LA DIRECTION DU SOFT INTERNATIONAL.
lesoftonline.net 05/12/2006

MISE EN LIGNE LE 5 DÉCEMBRE 2006 | LE SOFT INTERNATIONAL2 N°885 ÉDITION PAPIER DATÉE 5 DECEMBRE.
Plus que jamais, il faut savoir tenir parole. Il est invraisemblable qu’un accord politique, à plus forte raison, électoral, ayant été passé, après d’âpres et laborieux échanges, on puisse être en peine de l’appliquer dès la victoire obtenue. Cette victoire au second tour du Président Candidat Joseph Kabila Kabange ne se savoure – faut-il le souligner - que suite à ce ticket salvateur et ce ticket, on l’a vu dans nos rues et avenues: il est exposé, grandeur nature, aujourd’hui encore, sur les panneaux de campagne, dans nos mémoires. C’est l’image forte du Président Candidat avec ses deux colistiers, Antoine Gizenga Funji et Joseph Nzanga Mobutu Ngbangawe.

Alors que certains recherchaient la meilleure veste et la cravate assortie à mettre à l’occasion de la cérémonie de l’inauguration - pour faire anglo-saxon - il semble que dans les états-majors politiques, ça bousculait fort et même que ça cognait dur. Joseph Kabila Kabange prête serment mercredi 6 décembre et va prendre les clés de la Présidence de la République - de toute la Présidence de la République - que l’on vivra de déchirantes séparations d’une transition atroce et que nul ne souhaite revivre. Les affaires de l’État ne pouvant souffrir d’un quelconque vide, il faut bien que des nouvelles figures fassent leur apparition sur la scène. À des départs doivent donc correspondre des arrivées. Alors, qui part? Qui arrive? Bonne question... On rapporte que dans certains milieux, ce serait déjà le deuil. Mieux nerfs à vif. Nul ne voit très clair ce qui arrive ou va inéluctablement arriver. Place aux mises en garde. «Retenez-moi sinon je fais un malheur». L’enjeu: le partage du gâteau étatique. Qui doit prendre quoi, et pourquoi? Il est vrai qu’il faut d’abord définir les règles du jeu: les fameux «critères». Mais ces critères doivent être légitimes pour qu’ils ne soient contestés. Qui doit prendre quoi, et pourquoi? Ou, qui doit réclamer quoi, et pourquoi? Si l’on ne connaît pas l’enjeu ou si l’on fait mine de l’ignorer, la tentation, mauvaise conseillère, est grande de flouer l’autre.

Plus que jamais, il faut savoir tenir parole. Il est invraisemblable qu’un accord politique, à plus forte raison, électoral, ayant été passé, après d’âpres et laborieux échanges, on puisse être en peine de l’appliquer dès la victoire obtenue. Cette victoire au second tour du Président Candidat Joseph Kabila Kabange ne se savoure – faut-il le souligner - que suite à ce ticket salvateur et ce ticket, on l’a vu dans nos rues et avenues: il est exposé, grandeur nature, aujourd’hui encore, sur les panneaux de campagne, dans nos mémoires. C’est l’image forte du Président Candidat avec ses deux colistiers, Antoine Gizenga Funji et Joseph Nzanga Mobutu Ngbangawe. Le premier, fils de celui qui a défait le père du dernier. Au milieu, un homme, le vétéran Gizenga, comme jouant le Sage, le Médiateur, et pour qui l’Histoire est certes reconnaissante. Ceux qui parlent réconciliation nationale n’y verront-ils pas là parfaite image? Le pays d’hier, le pays d’aujourd’hui, le pays de demain réconciliés. Les accords eux étaient sans équivoques: Gizenga Premier ministre, Nzanga son second. Vice-Premier ministre ou Ministre d’État, qu’importe! Mais ce n’est certainement pas pour inaugurer les chrysanthèmes. Il est vrai - comme nous autres, avons eu à le dire lors de nos meetings du second tour, là où le devoir nous a appelés - cet accord n’était qu’une promesse de mariage. Pour que ce mariage ait lieu, encore fallait-il que la conditionnalité soit rencontrée, c’est-à-dire la dot versée. La dot! Le bulletin de vote que l’électeur aurait eu à mettre dans l’urne le 29 octobre. Gizenga et Nzanga avaient le devoir de mobiliser leurs troupes le plus possible chacun selon ses propres moyens, chacun selon ses modalités.

Si l’on peut globalement dire que la province de Bandundu et la Capitale Kinshasa ont été au rendez-vous, en apportant la dot réclamée, l’on ne dira pas autant de l’Équateur. Et là, la tentation est grande de s’imaginer que l’Équateur, et donc l’UDEMO de François Nzanga Mobutu Ngbangawe, n’ayant pas livré la marchandise, il faut l’exclure du jeu de partage ou le prendre pour moins que rien. Ce serait semble-t-il faute lourde. D’abord, parce que même si l’UDEMO a pris à l’Équateur au premier tour, ce parti a également pris ailleurs, en province Orientale jusque dans le Katanga. Ensuite, sait-on ce que cela laisse aux partenaires - d’aujourd’hui et de demain - le problème qu’on aurait à ne guère savoir tenir parole? Mais a contrario, il faut que chacun sache être raisonnable, et que chacun sache prendre en compte la minceur du gâteau à partager.

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