Politique

Un Kabila déterminé face aux «seigneurs de guerre» clôture à Goma une conférence sur la paix et la sécurité

Par ALUNGA MBUWA.
lesoftonline.net 23/01/2008

MISE EN PAGE 24 JANVIER 2008| LE SOFT INTERNATIONAL.
Le président Joseph Kabila Kabange a clôturé mercredi 23 janvier à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, la Conférence sur la paix, la sécurité et le développement, dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu en affirmant toute sa détermination à «enrayer la machine à produire les pilleurs, les violeurs de femmes et des seigneurs de guerre» et en brandissant «la justice et l'État de droit comme incontournables», tout en expliquant que «la paix ne peut naitre sans pardon».

GOMA.
C'est un Président très déterminé et dont le discours d'une dizaine de minutes devant des représentants de la Communauté internationale dont un membre du Département d'État, un envoyé spécial de l'Union Européenne et un représentant de l'Union africaine, a été fortement ovationné par 1.300 délégués qui a clôturé tard dans la soirée, dana un quartier excentrique de la ville de Goma, une Conférence sur laquelle pesaient bien d'hypothèques.

De l'avis des observateurs, le Chef de l'Etat r-dcongolais est resté constant dans sa fermeté de ne point transiger face aux seigneurs de guerre et de ne pas encourager l'impunité.

Une dizaine de discours ont ponctué une séance qui a vu une quarantaine de personnalités apposer chacune une signature au bas d'un «acte d’engagement» décrétant un cessez-le-feu immédiat et qui est le texte clé de la Conférence.

Parmi les signataires de ce texte, des représentants des groupes armés en tête les représentants du groupe politico-militaire nkundiste CNDP et d'une multitude de mouvements armés actifs dans les deux provinces, dont des mouvements Mai Mai.

Le Gouvernement de la RDC a apposé sa signature via le ministre d'Etat en charge de l'Intérieur, Sécurité et Décentralisation, le général d'armée Denis Kalume Numbi, tout comme des pans entiers de la Société civile, dont des représentants d'une multitude d'églises oeuvrant en R-dC.

Le président Joseph Kabila Kabila Kabange a qualifié le Nord et le Sud Kivu de «provinces martyres» et souligné que le pays ne comprenait pas que les éthnies du Kivu «déploient leur génie pour s'anéantir les unes et les autres».

Il a estimé que cette Conférence - initialement prévue pour dix jours mais qui a duré plus de deux semaines - a appelé «chacun devant le tribunal de sa conscience» et déclaré que les 1.300 délegués étaient mis devant un «défi», «le défi de la mise en oeuvre» de l'accord de Goma.

Tim Shortly, un membre du Département d'Etat, qui a assisté aux travaux de la Conférence de Goma, a déclaré que les Etats-Unis et le Département d'Etat appuyaient l'accord de Goma tout comme le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en RDC, Allan Doss, qui a souligné que les forces onusiennes de la MONUC allaient «rapidement renforcer leur présence militaire dans les Kivu - comptez sur nous».

L'accord de Goma s'ajoute à d'autres initiatives de paix dont l'accord de Nairobi, ont déclaré divers intervenants qui ont appelé les pays de la région à s'impliquer dans le processus de consolidation de la paix dans la sous-région.

La cérémonie s'est déroulée en l'absence du corps diplomatique accrédité dans le pays, dix-huit diplomates dont les ambassadeurs de France et de Belgique n'avaient pu la veille atterrir à Goma, leur avion, un Boeing 727 affrété par les services de logistique de la Conférence, avait été détourné sur la piste voisine de Bukavu, province du Sud-Kivu à la suite d'un incident sur la piste cabossée de Goma, avant de revenir à Kinshasa. Un Twin Otter imatriculé aux États-Unis appartenant à l’ONG américaine AirServ travaillant pour le compte de l’USAID, avait en effet raté son atterrissage après qu’il eût perdu deux pneus et bloqué la piste pendant plusieurs heures.

Selon l'acte d'engagement, «ordre formel de cessation des hostilités» doit être donné aux troupes «par écrit avec copie à la MONUC», la mission onusienne, «dès la signature» de l’acte d’engagement. En contrepartie, «le Gouvernement de la RDC s’engage à la demande du CNDP et des groupes armés (…) à présenter au Parlement un projet de loi d’amnistie pour faits de guerre et insurrectionnels, en ce, non compris les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les crimes de génocide».

De même, une «Commission technique» est prévue et sera mise en place au terme d’une ordonnance présidentielle en vue de «finaliser le plan de désengagement, les questions de grade, d’intégration et d’encadrement des démobilisés».

Parmi les «difficultés» enregistrées par la Conférence et qui expliquent retard des travaux et report de la clôture de ceux-ci figurent des «rumeurs» dont certaines faisaient état d’une promesse de nomination qu’aurait faite le Gouvernement au chef du CNDP, le Général déchu Laurent Nkunda comme commandant de la VIIIème région militaire qui comprend la province du Nord-Kivu, ce qui aurait suscité le courroux des autres groupes armés dont les Mai-Mai.

Le CNDP avait exigé des négociations directes avec le Gouvernement, estimant que les autres groupes armés étaient «des forces supplétives» de l’armée loyaliste.

De même, les groupes armés voulaient une amnistie totale pour ses dirigeants, de même que le retrait des mandats d’arrêt délivrés par le Gouvernement r-dcongolais et la communauté internationale, selon les cas.

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