Central Africa Great Lakes Newspaper Leader.

CRISE.


Qu'est-ce passe-t-il à Lubumbashi, la Capitale du Shaba-Katanga? PHOTO DROITS RÉSERVÉS.

L'ONG Niza s’en mêle: la campagne sera éprouvante pour les candidats

MISE EN LIGNE LE 27 AVRIL 2006 | ÉDITION «LE SOFT INTERNATIONAL2» N°857 DATÉ 27 AVRIL N°856.
Cité, celui que les médias belges flamands appellent «le roi du Katanga» - Georges Arthur Forrest -, le richissime patron de l’EGMF, Entreprise Générale Malta Forrest, affiche la sérénité. «J’aide tout le monde. Ce faisant, je n’enfreins pas la loi congolaise. Je n’interviens pas seulement au PPRD, j’aide tous les partis politiques du pays et les associations. Je suis un chaud partisan de la démocratie. J’aide à la promotion de la démocratie».
De quoi s’agit-il? Une correspondance top secrète adressée «au Camarade Vital Kamhere, Secrétaire Général du PPRD à Kinshasa» datée de Lubumbashi, 20 septembre 2005, n°réf 036/BPCP-KAT/2005, recèle une mine d’or d’informations et de renseignements.

Elle donne la liste des barons et grands patrons PPRD - qui «ont contribué efficacement à faire rayonner le message du PPRD dans tout le Katanga et recommande vivement toutes ces personnes à l’attention de la hiérarchie du Parti» - en clair, à la nomination à un poste politique ou de gestion plus élevé.

Ce sont Mukasa Kalembwe, Ir Kabamba Twite, Ir Nzenga Kongolo, M. Assumani Sekimonyo, Ir Kasweshi Musoka, M. Kabondo Umba pour la Gécamines et M. Mathias Kabika, Ir Nkulu Kilumba, Ir René Kashota, Ir Samy Tayuwe Shongo et M. Kyola Bakanaki pour la SNCC.

Quels bons et loyaux services ces personnes ont-elles rendu au parti présidentiel?

La correspondance officielle est claire à ce propos. Il s’agit de «cotisations» financières versées au PPRD.

Signée par le président local PPRD Richard Muyej Mangeze Mans, co-signée par le rapporteur général Dieudonné Mwenze, la missive ne s’arrête pas en si bon chemin.

Elle va plus loin et déroule un autre tapis de personnalités.

«Dans la rubrique des contributions spéciales, c’est peut-être aussi l’occasion de réitérer notre reconnaissance à leurs excellences Messieurs et aux personnalités ci-dessous», écrit la lettre.

Et de nommer: «Vital Kamhere, Augustin Katumba Mwanke, Jean Mbuyu Luyongola, Évariste Boshab, Ghislain Chikez Diemu, Théodore Mugalu, Nestor Diambwana, Mawapanga Mwanananga, Aimé Mukena, Urbain Kisula Ngoy, Kikaya Bin Karubi, Kasongo de CNE et Moïse Katumbi Chapwe».

PUNIR AUX SCRUTINS.
«Elles ont honoré le Parti en Province par différentes prestations».

Puis: «quelques responsables d’entreprises oeuvrant au Katanga se sont intéressés à notre Parti».

Et de citer: M. Simon de la société East China, M. Gonzalo de la société Marc Rich Rsa, M. Chetan et M. Hitech de Somika».

Puis - cerise sur le gâteau: «Soulignons que M. Georges Arthur Forrest et son Groupe sortent du lot, pour nous avoir accompagné, pas à pas, dans la campagne d’implantation du Parti»...

Plus grave encore ce qu’elle écrit plus loin: «Nous continuons à entretenir des rapports de confiance avec toutes ces personnalités et nous aurons, par moments, besoin de l’apport de la hiérarchie pour soutenir les intérêts réciproques et préserver ces ouvertures».

«Dans ce même cadre des stratégies, nous recommandons à la hiérarchie de mettre sur pied une politique de rapprochement avec les grandes entités économiques nouvellement créées sur l’axe minier du Katanga. Au niveau de la Province, des efforts particuliers sont déployés pour raffermir la dynamique du Parti dans toute cette région».

«Nous voudrions terminer en exprimant le voeu de voir se poursuivre cette disposition positive concernant le financement des activités du parti à la base, cela constitue un réel motif d’encouragement pour les animateurs des structures».

Puis, «sentiments hautement patriotiques»...

Rédigée sur le parfait modèle des fonctionnaires du IIIème Reich - son rédacteur doit en être un parfait initié -, cette lettre bourde a vite fait de traverser mers et océans et de tomber dans les mains des ONG belges flamandes et néerlandaises qui ont conclu légitimement à un programme de pillage à large échelle des ressources de la R-dCongo mis en marche et qui n’a jamais été aussi accéléré.

Ces ONG avaient déjà réuni des sortes d’états généraux en Belgique pour tirer la sonnette d’alarme.

Pas satisfaites du tout, elles ont voulu faire mieux. En se rendant sur place à Lubumbashi, au Shaba-Katanga, en y abritant (18-19 avril 2006) un «atelier sur le rôle des médias et de la société civile dans l’exploitation des ressources naturelles de la R-dCongo», elles ont voulu être et agir sur le terrain.

Mieux encore, elles ont fait venir de l’étranger et des «provinces sensibles» - minières et politisées - de la R-dCongo ONG et organisations professionnelles des journalistes.

Au total une vingtaine. Asadho - Katanga, Association africaine de défense des Droits de l’homme, ANDS - Nouvelle dynamique syndicale-Katanga, Océan - Organisation concertée des Écologistes et Amis de la Nature - Kisangani, JED, Journalistes en danger - Kinshasa, Cenadep/RRN-Centre national d’appui au développement et à la participation populaire - Réseau ressources naturelles - Kinshasa, Grearn - Groupe d’action pour l’encadrement des exploitants artisanaux - Kasaï Oriental, Rck - Radio communautaire du Katanga-Katanga, Unpc-Union nationale de la presse - Katanga, Radio Mwena Muntu - Kasaï Oriental, Radio Mwangaza - Province Orientale, Radio Maendeleo - Sud-Kivu, Afemeki - Association des femmes des médias du Katanga, Radio Ntemo - Bas-Congo, Acro - Association des Radios communautaires - Katanga, Radio-télévision Oasis - Katanga, Institut Panos Paris-Paris-Kinshasa, Niza, Institut néerlandais pour l’Afrique australe - Hollande.

Au bout de deux jours de travail, la «déclaration finale de l’Atelier» est une fatwa lancée contre les pillards.

«La population est appelée à ne pas donner ses voix à toute personne impliquée dans le pillage des ressources».

«NOBLES INITIATIVES».
La déclaration de Lubumbashi invoque le rapport du Panel des Nations Unies sur l’exploitation illégale des ressources naturelles de la R-dCongo, le rapport de la Commission parlementaire Lutundula chargée d’examiner la validité des contrats économiques et financiers signés pendant les guerres de 1996 et de 1998, «lesquels ont eu à démontrer la mauvaise gouvernance des ressources naturelles congolaises par les pouvoirs publics», le paradoxe de la R-dCongo dont 70 % de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté avec un revenu d’environ 0,80 USD par personne par jour reléguant la R-dCongo au 167ème rang sur une liste de 175 pays, selon le dernier rapport du PNUD sur le développement humain», «le rôle que doivent jouer les ressources naturelles congolaises pour le développement durable de la R-dCongo et la lutte contre la pauvreté», la nécessité de concourir à une gestion transparente des ressources naturelles au bénéfice des communautés locales en particulier et du Trésor public en général», la nécessité de combattre toutes ces antivaleurs particulièrement en cette période électorale», et, last but not least, «laxisme et complicité des pouvoirs publics et de certains acteurs internationaux»...

Si le richissime patron de l’EGMF peut invoquer son bon droit de promouvoir la démocratie, les ONG ne l’entendent pas de cette oreille. Elles y voient des opérations retour. Encore faut-il qu’elles le démontrent certes...

C’est surtout Richard Muyej Mangeze Mans qui a perçu l’onde de choc.

Peu de temps après l’atelier des ONG, le président local PPRD a convoqué une conférence de presse pour qualifier d’«aberrantes» (...) «les tendances inutilement hostiles» qui affirment que «le PPRD vit du financement et des faveurs de l’État», faisant état de «la complexité du système actuel de gestion (qui) ne rend pas aisées de telle manoeuvres et que le PPRD ne joue pas un rôle majeur sur la chaîne des dépenses du Gouvernement».

Invoquant la Loi n°04/002 du 15 mars 2004, il estime que c’est «la précarité» des membres des partis qui rend ceux-ci «dépendants des dons et d’autres libéralités des personnalités et organisations diverses librement engagées à soutenir la promotion de la démocratie en R-dCongo». Ces «nobles initiatives» étant à encourager «à cette période décisive de l’histoire de notre pays».

À Lubum, dans nombre de chaumières, à Kinshasa, dans des états-majors adverses, cela fait esclaffer de rires certains qui fourbissent les armes...
D. DADEI.


Niza dénonce la «corruption des leaders»
MISE EN LIGNE LE 27 AVRIL 2006 | ÉDITION «LE SOFT INTERNATIONAL2» N°857 DATÉ 27 AVRIL N°856.
Mauvaise gouvernance et corruption privent l’ex-Zaïre des dividendes de l’exploitation de ses ressources minières, dénonce l’ONG néerlandaise Niza dans un rapport intitulé «l’État contre le peuple» paru en avril.

Dans ce rapport, axé sur l’exploitation des ressources minières dans la riche province cuprifère du Katanga (sud-est), l’Institut néerlandais pour l’Afrique australe appelle à transformer les «transactions fatales du Congo en transactions équitables» dans le cadre d’une campagne pour la prévention des conflits.

Alors que la RDC sort de près de sept ans de guerre, Niza estime que la manière dont les ressources naturelles seront gérées conduira soit à «un nouveau conflit», soit «au développement durable». L’enjeu est de taille alors que le pays doit organiser en 2006 des élections libres et démocratiques et mettre un terme à une délicate transition politique initiée en 2003.

Pour Niza, les efforts déployés par les bailleurs internationaux, les ONG et dans une moindre mesure certains représentants de l’État pour améliorer la gestion des ressources ont «été sapés par des pratiques de mauvaise gouvernance sous le gouvernement transitoire» mis en place en juin 2003.

«LE CLAN KATANGAIS».
L’ONG affirme que «les opérations minières génèrent des revenus à peine suffisants pour financer un appareil institutionnel», l’État étant lui-même gangrené par le «manque de volonté politique» et la «corruption des leaders».

«La responsabilité politique de cette situation tient principalement au clan katangais de Kabila» qui dispose d’une «position hégémonique dans la province depuis presque une décennie», selon le rapport.

Pour l’ONG, le clan présidentiel garde la haute main sur la passation des contrats miniers, «court-circuitant régulièrement» les mandataires nommés à la tête des entreprises publiques.

C’est dans ce contexte que s’est effectué le «dépeçage» de grandes sociétés d’État comme la Gécamines, détentrice du monopole sur l’exploitation du cuivre jusqu’à son effondrement au début des années 90.

Pendant la période de transition, la Gécamines a passé des dizaines de partenariats avec des investisseurs étrangers, créant des sociétés de joint-venture à des conditions extrêmement avantageuses (exonérations fiscales sur plus de 20 ans) pour les partenaires, invariablement majoritaires dans le capital des entités créées.

l’ONG néerlandaise affirme en outre que «le PPRD utilise la Gécamines (...) pour financer le parti» et produit en annexe de son rapport un courrier interne du PPRD daté de septembre 2005 où sont cités comme des bienfaiteurs plusieurs mandataire-s de la Gécamines.
Xinhuanet.

lesoftonline.net 27/04/2006

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