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 Le PM Adolphe Muzito Fumunzi. LE SOFT NUMÉRIQUE.
Muzito broie sa ministre
MISE EN LIGNE LE 25 JUIN 2010 | LE SOFT INTERNATIONAL N°1054 DATÉ 25 JUIN 2010.
On attendait cela. Cela a fini par arriver. Dans l’affaire de l’Ogefrem et de l’AAC, le Premier ministre a résolu de passer en force. Aux juristes et constitutionnalistes d’en juger.
Défié par sa ministre des Transports et Voies de Communication (TVC), Adolphe Muzito Fumunsi nerfs à vif n’a pu retenir sa colère. Il est passé outre tout respect de la procédure. Par deux coups de signature, il a annulé par décret n°10/24 du 22 juin 2010 et n°10/25 du 22 juin 2010 les arrêtés querellés de la ministre Laure-Marie Kawanda Kayena et rétabli chacun dans ses fonctions le D-g intérimaire de l’Ogefrem Émile Ngoy Kasongo et le D-g de l’Autorité de l’Aviation Civile Richard Nyanguile Kasanda. Le Premier ministre y est allé très fort.
Il accuse sa ministre d’avoir écarté ces hauts fonctionnaires de leurs fonctions sur base d’arrêtés «entachés de vices de forme et de fond dont l’absence de motivation et de toute information à l’attention du Gouvernement».
Par l’arrêté ministériel n°409/CAB/NIN/TVC/909/2010 daté du 8 juin, la ministre avait en effet suspendu le D-g de l’AAC et désigné son remplaçant.
Le même jour, elle suspendait le D-g a.i. de l’Office de gestion du fret multimodal et nommait son remplaçant.
Des tabloïds à Kinshasa ont publié en l’espèce une correspondance du Directeur de Cabinet du Président de la République. De même que celle du Premier ministre demandant à la ministre de rapporter ses arrêtés. Jamais, le Premier ministre n’avait apprécié ces mesures. Mais la ministre ne s’est pas exécutée.
Dans une correspondance n°409/CAB/MIN/TVC/A 954/2010 datée du 11 juin adressée au Premier ministre, Laure-Marie Kawanda Kayena justifiait au contraire ses arrêtés invoquant «la gravité des faits retenus à charge des incriminés» et rappelait les dispositions du décret-loi n°017/2002 du 3 octobre 2002 portant code de conduite de l’agent public de l’Etat, de même que celles du décret n°09/63 du 3 décembre 2009 fixant les statuts de l’Ogefrem entendu comme établissement public.
Dès lors que ses arrêtés n’étaient qu’une «mesure administrative soumise au privilège du préalable», la ministre expliquait que le devoir de l’agent public est de se conformer «d’abord» à la procédure.
Elle faisait état des audits diligentés auprès de l’Ogefrem et de l’AAC et expliquait que seuls ceux-ci détermineraient le sort des fonctionnaires suspendus. En clair, la ministre réservait une fin de non-recevoir à l’instruction du Premier ministre.
Le bras de fer étant ainsi engagé, l’irréparable devenait inéluctable. Ou la ministre se démettait de ses fonctions ou le Premier ministre la démettait.
La ministre ne s’est point démise de ses fonctions, Adolphe Muzito Fumunsi a décidé de réinstaller de force les hauts fonctionnaires sans sanctionner cependant sa ministre.
En réalité, cette décision appartient au Président de la République. Mais certainement aussi au patriarche Antoine Gizenga Fundji, autorité morale du Parti Lumumbiste Unifié dont sont membres le Premier ministre et sa ministre.
La ministre a certainement invoqué le respect et le pouvoir qui lui revient dans la gestion de son ministère, le Premier ministre a invoqué le respect et la cohésion du Gouvernement. L’affaire est loin d’être close.
D’autant qu’il est impensable que la ministre Kawanda ait tenu tête quatorze jours durant au Premier ministre sans bénéficier d’appuis quelconques parmi les hiérarques d’un parti complexe même s’il n’en donne pas l’air.
Le Kwilu a aussi ses vieux démons. Le Premier ministre est de Gungu, issu d'une petite ethnie Kweso, alliée au Pende et Mbala. Comme Antoine Gizenga. La ministre est une Mbuun d'Idiofa, une circonscription qui dit avoir tout donné au Palu sans toujours avoir reçu en retour. Il faut se demander dans quel état d’esprit se trouve désormais le Palu.
Mercredi 23 juin à l’annonce du décret du Premier ministre, des rumeurs ont fait état de l’intention de la ministre de déposer son tablier. Le parti l’en aurait vivement dissuadée...
| ALUNGA MBUWA |
lesoftonline.net 25/06/2010
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