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 Olivier Kamitatu Etsu. Le ministre du Plan fait partie du groupe de frondeurs. Qui ont fini, toute honte bue, par faire une spectaculaire courbe rentrante. LE SOFT NUMÉRIQUE.
Échec et mât
MISE EN LIGNE LE 1ER JUIN 2010 | LE SOFT INTERNATIONAL N°1048 DATÉ 31 MAI 2010. Ils ont signé tous. Depuis l’Europe où il séjourne dans le cadre d’une mission officielle qui l’a conduit à Oslo, le ministre José Endundo Bonongé en charge de l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme a donné mandat à un de ses représentants de l’engager au bas d’un document qui a été remis dimanche 30 mai dans la soirée au Chef de l’État par son conseiller spécial en matière de sécurité, Pierre Lumbi.
Le secrétariat exécutif de l’Alliance de la Majorité Présidentielle en a reçu copie, assuraient des sources. C'est après que le ministre Endundo eût rétropédalé en adressant un texto au Président de la République lui annonçant son retrait du projet anti-AMP, lui renouvelant toute sa fidélité.
Dans le texte remis au Président de la République, a appris dimanche peu avant minuit Le Soft International à l’heure d’aller sous presses, les trois ministres (Endundo, Kamitatu, Mbusa) et le président du GPI (Groupe Parlementaire des Indépendants) Modeste Bahati Lukwebo réaffirment leur engagement au président de la République, renoncent à leur projet de CLP (Centre Libéral et Patriotique), assurent rester au sein de l’Alliance de la Majorité Présidentielle afin de travailler à consolider celle-ci. Échec et mât.
Ils avaient poussé l’outrecuidance à un niveau rarement atteint. Hier pour certains sous Mobutu qui les a copieusement nourris aux mamelles et qu’ils ont saigné, tout comme lors de diverses rébellions qu’ils ont suggérées ou auxquelles ils ont participé et qui les ont permis de remonter la pente; d’autres paraissent être nés pour donner des coups en-déça de la ceinture.
Tous semblent avoir été à la meilleure école du calcul et de la calculette. Ils peuvent donner l’impression de s’être assagis mais c’est pour mieux affûter leurs armes et revenir à la charge. En réalité, aucun d’eux n’a jamais lâché prise même si ces professionnels - il s’agit bien de professionnels, assure-t-on - ont pu connaître à certains moments des passages à vide.
En vérité, le pays - surtout l’Alliance de la Majorité Présidentielle - faisait face à un complot. Nul ne pouvait s’imaginer que trois ministres aussi importants, aussi puissants - José Endundo Bonongé, Olivier Kamitatu Etsu, Antipas Mbusa Namwisi qui ont, depuis la transition, occupé sans arrêt les plus hautes charges de l’État (président de l’Assemblée nationale avant le portefeuille clé du Plan pour l’un, Travaux publics et Aménagement du territoire avant l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme pour l’autre, Affaires étrangères et Coopération régionale avant la Décentralisation pour le troisième) et chacun président d’un parti politique qui ambitionne la conquête du pouvoir suprême, aient pu s’engouffrer dans un projet sans en avoir au préalable pris les précautions les plus élémentaires.
Parmi celles-ci l’assurance d’importants moyens financiers mis à l’abri outre la garantie de puissances étrangères, à commencer par celles qui ceinturent le pays et qui ne sauraient agir logiquement être que des relais de puissances occidentales.
TROIS RENCONTRES ONT ÉTÉ NÉCESSAIRES.
Qui oublie que lors de repas bien arrosés, celui-ci s’est laissé aller dans des confidences se vantant de disposer d’un «impressionnant carnet d’adresses» dans la sous-région.
Cela peut aller de telle capitale, connue pour être la capitale d’un pays puissance comme de telle autre, autre pays puissance qui n’a jamais dit oui que quand il dit non en passant par telle capitale du nord du Continent dont la théorie de balkanisation du Continent n’est ignorée de personne.
Quant à la Capitale française, tout le monde sait qu’on y rencontre du tout: du meilleur comme du pire.
«Je parle sans cesse avec l’ambassadeur de (...) avec qui je vais en brousse en petite chemise à chaque fois que je veux», a laissé échapper il y a peu l’un d’eux.
«Dans cette Capitale, je peux me rendre quand je veux et voir qui je veux», renchérit un autre qui tutoie dans ce pays tous les vétérans de la guerre de libération et les appelle par leurs prénoms.
Bluff? Pas sûr!
En tout cas, il leur suffit de passer un coup de fil pour se faire pistonner ou se faire prendre en charge.
«Il n’est pas facile d’être le Zaïre», disait Mobutu.
Le Léopard n’a jamais vraiment dormi que quand l’ex-Zaïre fut une puissance économique, exportait 400.000 tonnes de cuivre et 100.000 tonnes de cobalt. Le pays fut alors une puissance diplomatique. Avec le pactole tiré d’une telle richesse, Mobutu pouvait se payer n’importe quel monarque étranger, faire entonner son hymne; le Djalelo, sur n’importe quel aéroport du monde.
Eyadema est venu se prosterner à ses pieds jusqu’à lui prendre l’accoutrement, le fameux abacost-écharpe. Habyarimana s’est fait livrer ses sofa à Kinshasa. Bongo d’avant le pétrole et d’avant le jus d’oukumé n’était pas loin... Les Français Giscard d’Estaing et Jacques Chirac n’ont eu que de l’admiration pour ce «Citoyen Président».
Si notre pays est un pays de cocagne, ce pays des mille guerres est aussi celui où tous les coups sont permis. La fin de Mobutu et l’arrivée de l’Afdl et de ses Kadogo doit avoir donné des idées à nombre d’aventuriers.
«Tout est possible dans ce pays; il suffit de le vouloir».
C’est mal connaître la capacité du pays à se maintenir envers et contre tout. C’est mal connaître un peuple qui laisse tout venir comme une énorme chambre à air ouverte, y laisse pénétrer tout avant de l’y enfermer comme dans un piège et de l’étouffer.
C’est mal connaître le type de gouvernance du Kabila fils, qui voit tout, écoute tout, laisse faire afin de s’en convaincre, avant la frappe juste.
Il est clair que sa faiblesse apparente camoufle une poigne dont il sait faire bon usage. À l’instar de tout homme qui détient la force, il n’y recourt que poussé dans ses limites. Hulk n’a jamais fait appel à la transmutation que contraint et forcé.
Les trois ministres du Gouvernement auxquels s’était joint le président du Groupe Parlementaire des Indépendants, paraissent avoir littéralement tout mélangé dans leur démarche: des revendications certainement pertinentes qui auraient pu être exposées dans le cadre de la famille parlementaire majoritaire à laquelle ils appartiennent, les ambitions personnelles inassouvies et ravivées par la perspective de fin de législature, la volonté farouche de réduire à néant des adversaires qui sont loin d’être des enfants de chœur.
Si le Président de la République n’avait fait montre de patience, de modération mais en même temps de fermeté, en les sommant à se prononcer avant dimanche soir avant qu’il ne prenne ses responsabilités, ils auraient mis le feu à la maison Amp.
Trois rencontres ont pour cela étaient nécessaires, le 26, le 27 et le 28 mai initiées par le Chef de l’État et autour de lui: la première avec les quatre dignitaires frondeurs auxquels étaient associés des membres du Comité politique de l’AMP, la deuxième fut une réunion des présidents des Groupes parlementaires de la Majorité avant une assemblée des Députés et Sénateurs de l’AMP auxquels s’étaient joints des ministres. À chacune de ces occasions, Kabila a voulu passer un message et un seul: la main tendue, mais aussi la fermeté.
On rappelle que nos «frondeurs» ont promis de transformer la R-dCongo en Madagascar 2. Prévoyant un soulèvement populaire se soldant par un coup d’État.
Reste que le Chef de l’État s’est montré sans équivoque et clairement ferme. Il ne saurait tolérer un quelconque courant au sein de l’AMP. S’il s’agit d’une rébellion, «il faut la mâter». Tout en se disant ouvert au dialogue.
Plus clair encore cette phrase: «Nous avons gagné les élections ensemble. Nous cheminons ensemble et nous gagnerons ensemble les prochaines élections».
La reddition de dimanche soir a au moins fait écarter la psychose Kamerhe qui hantait bien des esprits. Mais si les chefs ont rendu les armes, qu’en est-il de leurs lieutenants, les Députés rénovateurs, ceux qui ne s’étaient déclarés que poussés par leurs chefs et que ceux-ci avaient fini par rejoindre? That’s the question.
| T. MATOTU. |
lesoftonline.net 01/06/2010
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