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 Le secrétaire général du MLC François Mwamba Tshishimbi paraît très remonté lors de la plénière de mercredi 19 mai 2010. LE SOFT NUMÉRIQUE.
La honte
MISE EN LIGNE 20 MAI 2010 | LE SOFT INTERNATIONAL N°1047 DATÉ 20 MAI 2010.
L’affaire de la motion Bussa avait été prise très au sérieux par l’Amp, elle aura été une vraie boulette pour l’opposition.
Mercredi 19 mai, ce n’est pas Muzito qui a gagné, c’est la démocratie qui a perdu.
Depuis 10 jours, ils avaient réussi à tenir la dragée haute à l’opinion, voici que les opposants, devant la Nation pleine et entière, capitulent, net. Incapables de s’entendre sur rien. Incapables de transformer un essai pourtant victorieux...
Pire, ils avaient tout faux. Et dès le départ.
Ils jouaient au poker menteur.
Ils ont menti sur le nombre de signatures collectées qui auraient rendu la motion valide et ils ont fait perdre du temps, de l’énergie, à tout le monde...
Comment François Mwamba Tshishimbi qui se vouait un destin national a-t-il été incapable - oui, incapable, quelle horreur! - de déceler ses propres pièges, de démêler le faux du vrai, de dénicher ses traîtres, les maîtres chanteurs?
Sauf d’avoir voulu bluffé dans cette affaire - mais pour quel intérêt?- quand on a fait les grandes écoles d’Europe et qu’on se gausse d’avoir été un grand ministre - est-on incapable de s’isoler un moment, de feuilleter dix papiers quasi blancs avant, comme on dit en journalisme, la tombée?
Un petit coup d’œil eût suffi à qui excelle dans les ronds de bouche, depuis le pupitre hanté et médusé haut placé de la Chambre basse, de trouver que tel Honorable Député a signé deux fois sur la motion, tel autre n’aurait peut-être jamais dû le faire, séjournant à l’étranger pour des raisons de santé... Devant le doute, tu t’abstiendras! Or, or...!
Plutôt que de reconnaître qu’il a fauté - c’est aussi ça qui fait la grandeur de l’homme et, par ricochet, de la politique - le secrétaire général du MLC poursuit son vaudeville, ce théâtre très connu bien de chez nous, en continuant de tourner en bourrique le bon petit peuple naïf, qui gobe tout, avale tout..., invoquant, en bien articulant, comme il sait le faire, la nécessité d’un «débat de qualité, de clarté, de vérité».
Lui qui rappelle souvent qu’il y a la réalité et l’image à entretenir ne s’y est nullement pas trompé. Tout de même! Quand, à raison, le président Boshab - qui s’est surpassé, il faut l’avouer et a su se maîtriser - lui prie d’expliciter les raisons du retrait de la motion qu’il avait sponsorisée, en le rappelant au pupitre, Mwamba en rajoutait en expliquant «avoir été pourtant clair et précis», dans sa première prise de parole!
«Clair et précis»? Incroyable!
En même temps, on peut - on doit - regretter ce piège géant que dresse le Palu face à l’Amp.
À chaque débat à enjeu, les communes de l’est de la ville se délestent d’une partie de leur population qui déboule sur le Palais du Peuple! Pourquoi les Palu instrumentalisent-ils tant la foule? N’auraient-ils que ça comme moyen d’expression, là où la parole leur est offerte et qu’ils doivent utiliser pour convaincre? Ils savent que la foule a sa propre logique. Lorsqu’elle est conditionnée, elle aboie et mord sans savoir pourquoi et pour qui.
On a entendu ces cris de guerre «Congo libéré» vibrer et trembler l’énorme hémicycle comme si une meute de lions avaient fait irruption dans cette salle par où est passée et passe l’Histoire en capitales.
On raconte qu’en faisant son entrée dans l’hémicycle, le maître des lieux s’est fait prendre à partie par un groupe de quidams au point d’en perdre une chaussure! On comprend la colère et les mots que le président Boshab a eus à l’endroit du Premier ministre qui sonnaient comme une mise en garde.
«J’ai été empêché d’entrer dans cette salle; j’ai été bousculé par une meute enragée; j’exige réparation des dégâts causés dans cette enceinte par les militants du Palu avant qu’une plénière ne soit convoquée», a-t-il déclaré.
Puis, en direction de ses collègues: «Chers collègues, comme vous le savez, je suis Secrétaire général d’un Parti. Si j’avais fait venir les miens, on aurait assisté à une hécatombe.».
Peu avant, Boshab avait dit, la séance ouverte, attendre l’entrée des membres du Gouvernement afin de leur dire ce qu’il pensait de cette chienlit.
Il ne faut pourtant pas se laisser impressionner. N’importe qui, sur ses terres, jouissant de la moindre légitimité populaire, à condition de bénéficier des moyens que procure le pouvoir, peut bourrer comme un œuf n’importe quelle salle. En l’espèce, le Palu n’a rien inventé.
On l’a vu sous Mobutu... Réduit à sa plus simple expression. L’OTT (l’Opération Tremblement de Terre) a été un pétard mouillé...
Disons-le tout de go, la force actuelle du Palu tient de la faiblesse de l’Amp... Que l’Amp continue sur cette lancée faiblarde, dans ces mauvaises analyses qui l’éloignent des réalités, elle se fera damer le pion par un Palu qu’elle aura elle-même fabriqué, et qu’elle aura contribué à rendre incontournable. Quand d’autres trinqueront...
En attendant, l’affaire de la motion Bussa que l’Amp avait prise très au sérieux se révèle une véritable boulette pour une opposition détricotée.
Une gaffe historique qui témoigne d’âpres luttes internes au sein d’une opposition en perte d’identité, incapable de s’assumer qui passe son temps sous les lambris d’un pouvoir que pourtant, elle se fait fort d’houspiller jour après jour publiquement. Certainement pour mieux donner du bon théâtre de chez nous.
Si c’est cela le jeu démocratique voulu par la IIIème République, il faudrait certainement en inventer un autre moins lamentable.
TRYPHON KIN-KIEY MULUMBA.
La plénière la plus courte de toute l’histoire du Palais
MISE EN LIGNE 20 MAI 2010 | LE SOFT INTERNATIONAL N°1047 DATÉ 20 MAI 2010.
Elle avait été convoquée à 10 heures le 19 mai 2010 par un texto sibyllin. «Hon. prière prendre part plénière ce merc 19/5 à 10H. Retrait mardi 18/5 dès récept sms doc. contrôle parlementaire au Cab/Rap/AN. Rapp/AN».
Si d’ordinaire, les convocations sont lancées et relancées par plusieurs textos, celle-ci ne l’a été que par un seul, presque subrepticement. Le rapporteur avait-il voulu faire de cette plénière une plénière fantôme qu’il ne s’en serait pas pris autrement.
Pourtant, cela faisait depuis plusieurs jours que la Chambre basse répondait aux abonnés absents. Il y a eu le week-end la visite du Conseil de sécurité des Nations-Unies. Il y a eu la réunion des parlementaires francophones... Mais, tout de même! Tout se faisait comme si la Chambre basse avait honte d’elle-même... Le 19 mai, les urnes en papier installées. Poker menteur.
12h15’. Sans savoir comment, les Palu ont brisé la ceinture de la police qui a fait usage de pompe à eau et a pris d’assaut les marches du Palais du peuple. Ils connaissent les lieux...
12h20’. Electrisés comme rarement, les Palu sont pris de rage, et pointent des doigts vers la salle, vers les Députés, chantant à tue-tête «Congo Libéré».
12h25’. Dans un indescriptible vacarme et dans la plus absolue confusion, le bureau fait son entrée dans l’hémicycle où personne ne le voit.
12h28’. «La séance est reprise», annonce le président Boshab sans être entendu par personne. Il repart aussitôt: «J’attends que le Gouvernement entre dans la salle pour lui montrer ce qui se passe...»
12h32’. Les ministres font leur entrée.
12h38’. Le PM Muzito fait son entrée dans l’hémicycle. A sa perception par la foule, un concert de pétarades inouïs se déclenche. Puis des cris «Libéré» couvrent la salle.
12h40’ Après ses trois coups de marteau, le président donne lecture du fameux article 224 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale: «Le public n’est admis dans les tribunes lui réservées qu’à concurrence des places disponibles. Pendant la séance publique, les personnes placées dans les tribunes doivent avoir une tenue décente. Elles restent assises, découvertes et en silence. Aucune banderole, aucun calicot, aucun instrument de musique, aucune marque de propagande quelconque n’est admise dans la salle. Toute personne qui refuse d’obtempérer à un ordre d’expulsion sera traduite devant l’autorité aux fins des poursuites judiciaires. Sans préjudice des poursuites judiciaires, le contrevenant aux dispositions ci-dessus, sera expulsé de la salle par les forces de l’ordre».
Enragé, aucun Palu n’a entendu...
12h48’. Avant de lancer la séance, une demande de motion d’ordre par l’opposition. Qui annonce le retrait de la motion... On s’y attendait...
13h00’. La plénière est levée.
Elle aura été la plus courte de l’histoire...
T. MATOTU.
Quand ça bloque c’est là où précisément tout se précipite
MISE EN LIGNE 20 MAI 2010 | LE SOFT INTERNATIONAL N°1047 DATÉ 20 MAI 2010.
Un vrai casse-tête ce Muzito... «Comme on a pu se faire avoir par et pour si peu...»!
Un gros format de l’Alliance de la Majorité Présidentielle soupire. S’arrache les cheveux, rumine de rage contre ceux qui, en 2006, ont organisé ce processus électoral, l’ont mené, ont échoué en ne faisant pas élire Kabila au 1er tour.
«De là viennent toutes nos misères...», soupire l’homme quand demain interpelle.
C’est depuis six mois que le Premier ministre est donné sur le départ, c’est depuis six mois qu’il parvient à tirer son épingle du jeu, servi par le calendrier des institutions de Bretton Woods - le fameux point d’achèvement - ou sauvé par le gong quand une motion fut déposée à la veille du départ des Députés en vacances. Quelle fois sera la bonne pour ses poursuivants? Si rien en surface ne se voit, dans les coulisses, ça négocie fort. Voire même très fort.
Des missi Dominici allaient et venaient interminablement.
Quand vous voyez du pur kabilisme-joséphisme hurler contre ce Gouvernement, c’est qu’il y a un réel problème quand le pays attend l’épilogue de l’affaire...
Surtout ne pas se fier à certaines langues de bois.
Rumeurs? Rien que rumeurs? Possible.
Il reste qu’il y a un réel piège, le piège démocratique.
A la colère compréhensible des Kabilistes-joséphistes, les gens du Palu répondent en chœur: «Que (où) seriez-vous sans nous?»
«Je te tiens, tu me tiens par la barbichette».
Il reste à négocier, à négocier, à toujours négocier.
C’est cela la vie publique.
On peut demander à Muzito de partir, il a beau jeu de s’interroger: «Pourquoi moi? Pourquoi pas lui?»
En clair, faut-il se sacrifier? Si oui, pour quelle cause?
On est si loin d’être sorti de l’auberge?
Pas sûr.
Et les hommes politiques doivent comprendre.
Quand ça bloque, c’est là précisément que tout se précipite.
T. MATOTU.
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lesoftonline.net 20/05/2010
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