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 La montée des marches du PM Adolphe Muzito Fumunsi le 28 avril. Il ne savait pas ce que son ex-ami Bussa lui avait préparé. LE SOFT NUMÉRIQUE.
Des députés indélicats?
MISE EN LIGNE 7 MAI 2010 | LE SOFT INTERNATIONAL N°1045 DATÉ 7 MAI 2010.
Aveuglée dans son acharnement de salir le Gouvernement (ou, aux dires de certains, à le faire chanter), l’opposition parlementaire n’aurait-elle pas pris les précautions les plus élémentaires dans ses accusations? Mercredi 5 mai, le président de la Chambre basse Évariste Boshab Mabudj est sorti de ses gongs, rappelant, agacé, le principe d’un débat «à la loyale». Reste qu’il y a pas photo: tout le monde connaît le savant mécanisme de corruption et d’enrichissement illicite. Celui par exemple qui se manifeste tant au centre des affaires avec d’innombrables immeubles gratte-ciel qui poussent à vue d’œil et qu’aucune logique économique n’explique, ni ne justifie…
Ce fut le jour de grand débat. Une plénière était affichée avec un gros format financier appelé à s’expliquer «devant la Représentation nationale pleine et entière». En clair, le jour de tous les risques. L’argentier a parlé technique, sur le modèle achevé de la Nouvelle Angleterre où il a tout appris jusqu’aux accents et intonations. Arrive le moment tant attendu, celui de la conclusion du motionnaire. L’heure où tout bascule...
Devant le pupitre, le Député colle à son texte mis au point par un cabinet pas toujours avisé, puis furtivement se laisse glisser une feuille de papier. À bout d’argument, un journaliste ami a couru à sa rédaction avant de revenir en trombe dans l’hémicycle, le document fumant en main. Le parlementaire n’a eu le temps de ne rien vérifier qu’il donnait à entendre devant le pupitre le document satanique. Alea jacta est.
L’argentier quitte la salle sous les huées... Les Députés respectent-ils les règles du jeu? Le contrôle parlementaire vise-t-il la recherche de l’information ou est-ce, au contraire, l’occasion de chantage? La motion est-elle toujours à charge ou peut-elle être - pourquoi pas? - à décharge, honnêteté intellectuelle oblige?!
En clair, le motionneur (l'interpellateur) doive-t-il chercher dans tous les cas de figure à briser le motionné (l'interpellé), à salir celui-ci, à régler de bons vieux (ou récents) petits comptes ou peut-il être sportif en acceptant parfois qu’il avait au départ été mal aiguillé et avait donc tout (ou partiellement) faux? Ça c’est le débat...
En même temps, face à ceux qui crie haro sur le baudet et parle d'atteinte... oh! Seigneur, à la vie privée, si ce débat n'a pas lieu ici, où encore aurait-il lieu?
Il reste que si ça vole trop souvent bas dans l’hémicycle, le débat de fond posé par nos Députés reste plein et entier.
Par exemple, par quel mystère les ministres qui, semble-t-il, sont bien moins payés que les Députés, mènent-ils un si grand train de vie?
Les démentis tardifs dont se fendent nos politiques ne sont-ils pas durement négociés? Pourquoi veut-on que le peuple donne plus de l’importance au démenti qu’à la dénonciation, l’un comme l’autre n’étant étayé sur rien mais basé sur une parole qui peut n’avoir aucune valeur? In fine, le peuple garde-t-il une haute image de la classe politique ou la démocratie ne paraît-elle pas jour après jour comme un rendez-vous sinon manqué, comme le disent déjà des membres de la société civile?
«Collègue, il fallait être au début de la séance pour voir ce qui se passe ici... Du dégoût à mille lieues! Rien que du dégoût!»
C’est un Député (peu importe de quel camp) qui se confie à un autre Député...
Une demi-douzaine de ministres doivent ce mercredi 5 mai 2010 défiler devant le pupitre. Celui des Finances, le tout nouveau et jeune Matata Ponyo Mapon.
La ministre du Portefeuille, Jeannine Mabunda Lieko, trop détestée dans l’hémicycle depuis son arrogant discours lors du débat Snél-MagEnergy et qui a tout prévu ce jour: elle a mobilisé un groupe de mamans qu’elle a habillées d’un somptueux pagne et qui ont pris place dans l’aire réservée au public. Le ministre de l’Enseignement supérieur Léonard Mashako Mamba...
La nuit dernière, un des motionnaires a été visité par un intermédiaire qui lui a proposé un paquet de dollars, «afin qu’il mette de l’eau dans son vin».
Nul en réalité ne connaît la suite...
Mais ça bouge ce matin dans l’hémicycle alors qu’un texto fait état depuis la veille d’une demande du Premier ministre de se faire établir une lettre par le patron de la BIAC, la Banque Internationale pour l’Afrique Centrale, l’ex-BIAO. Il aurait acquis le Cercle Élaïs via un crédit bancaire. «Refus de Salanville sur le conseil de l’ambassade de France».
ÇA POURRIT FORT.
Si Jeannine Mabunda Lieko passe pour la grande accusée - le Député Fidèle Babala, un proche de Jean-Pierre Bemba Gombo l’a crucifié avant de l’avoir entendue -, les Députés originaires de l’Équateur ont fait bloc derrière la ministre aux airs d’éternelle ado.
«Pensez-vous que nous, de Équateur, nous allons lâcher notre sœur au moment où on nous culpabilise dans l’affaire Enyele...?» Un Député hurle. Ambiance! Celui-là a la chance de ne jamais mettre la langue dans sa poche.
Alors, est-on ici pour la manifestation de la vérité ou, au contraire, pour des règlements de comptes?
«Nous voici en plein dans du théâtre de chez nous», lance un Député dépité, qui quitte aussitôt la salle.
«Le Palais du Peuple a cessé d’être», marmonne-t-il.
Il n’y retournera que quand il y fera bon vivre. En clair, pas avant longtemps...
C’est clair. Le délai qui a été octroyé à la ministre depuis une semaine a permis de faire le rappel des troupes... Ainsi marche le Palais du peuple!
Un journaliste témoigne:
«Dès que nous publions un dossier fumant dans nos colonnes, des Députés nous assiègent: «Ndeko, il fallait ocentrer ngai loso oyo! Bana na Afrique du Sud, mpiaka!» (Frère, tu aurais dû me refiler ce dossier savoureux! La famille en Afrique du Sud galère!). Et de poursuivre: «Parfois, on fait des coups ensemble. Il y en a qui ne peuvent pas nous regarder dans le blanc des yeux». Sans blague!
En clair, les Députés ont donc donné la chasse sur tout ce qui bouge et tireraient, sans sommation, autour d’eux! De là, à comprendre le grand train de vie de certains d’entre eux! Sièges de partis tapissés et dans les beaux quartiers, bureaux art-déco, calendres féroces tout-terrain, costars de grandes marques, etc. Et si nos Députés de 2006 ne valaient pas plus que leurs devanciers, ceux de 1960? Soit il y a cinquante ans...
Bien sûr que ce train de vie de nouveau riche est souvent celui du Député d’opposition. Du moins, à en croire les membres de la majorité parlementaire.
- «Voyez notre train de vie... Voyez le leur. Par ces temps-ci, il fait bon d’être aux extrêmes (les bancs de l’opposition) pour faire le sniper et se faire dorloter plutôt que dans la Majorité où toute position de franc-tireur est interdite...
Pourtant, il y a peu, ce sont les Députés d’opposition qui juraient.
«Nous ne jouerons plus ce jeu-là! Nous ne lancerons plus de censure. Cela enrichit les Députés de la Majorité qui sont reçus nuitamment afin de voter contre nous», confie l’un des leurs. Si des Députés de la Majorité reconnaissent qu’il leur arrive d’avoir un rond de table avec telle ou telle personnalité du Gouvernement, la moisson est souvent trop maigre.
«On repart souvent avec 500 dollars et eux pleurnichent qu’ils ne gèrent désormais plus rien et auraient pu nous donner plus s’ils avaient gardé la gestion» ... des Finances publiques.
Un homme du pré carré approche et apporte du bémol. «Ce n’est ni sur le Trésor public, ni sur les frais de fonctionnement, ni, encore moins, sur leurs émoluments que les ministres se servent. Ils se servent sur les contrats. Une simple signature au bas d’une feuille de papier peut valoir jusqu’à 1 million de dollars, payé anticipativement en espèces sonnantes et trébuchantes ou sur un compte à l’étranger. Cela ne laisse aucune trace...».
Vous aurez donc beau chercher des preuves, vous n’en trouverez pas. Pourtant, entre-temps, au centre des affaires, ça rivalise d’enrichissement illicite.
Député d’opposition MLC qui a jeté le discrédit sur le Premier ministre Adolphe Muzito Fumunsi sur ses avoirs (compagnies aériennes, quartiers entiers acquis au centre des affaires, érection de cité nouvelle à kinkole, etc.), Jean-Lucien Bussa Tongba a raison.
Nous ne devrions pas pinailler sur les détails.
«Par cette motion, nous voulons engager un débat de fond, un débat de société...», nous déclarait-il (édition n°1045, datée 4 mai).
Certes, la Majorité a beau jeu de dire: «Nous soutenons ce Gouvernement par principe: parce qu’il est issu de nos rangs. Et par principe, nous devons nous montrer loyaux...»
Le problème (éd. cit.), est de savoir si par principe, les élus du peuple ne doivent pas relayer les aspirations du peuple et, par principe, être ce qu’ils ont toujours été, à savoir, les représentants du Peuple souverain...
Puis: «Le peuple nous regarde...»
C’est, futé, Jean-Lucien Bussa Tongba qui parle. Eux, ils préparent déjà le discours de 2011 et veulent jeter la Majorité en pâture.
Reste que la vengeance étant un plat qui se mitonne, et se mange froid, l’opposition doit mieux articuler ses accusations. Il semble, aux dires de certains tabloïds, qu’elle pourrait avoir de la peine à prouver ses accusations. Aveuglée dans son acharnement de salir le Gouvernement (ou, aux dires de certains, à le faire chanter), elle n’aurait pas pris les précautions les plus élémentaires.
Mercredi 5 mai, le président Évariste Boshab Mabudj était hors de lui, rappelant le principe d’un débat «à la loyale». Suivant le tempo du Député (Maj.) du Nord-Kivu Jean-Louis Ernest Kyaviro Malemo qui, ulcéré par la mauvaise pente, intervenait par motion d’ordre. Rappelant le danger qui guettait la Ière Législature de la IIIème République.
Il faut dire que dans ce dossier de corruption et d’enrichissement illicite, les moins visibles ne sont pas les moins fortunés.
«Il y a ceux qui sont portés par le bling bling. Dès le 1er million de dollars, ils veulent tout faire voir: lunettes en or Cartier, montres Hublot, calendres féroces 4x4 à 100.000 euros, femmes et enfants expédiés aux quarte coins du monde avec sacs de dollars, châteaux - c’est fort dangereux - érigés dans la Capitale quand les plus malins continuent d’habiter dans des maisons petits prix INSS...»
Tous pourtant se servent sur la bête. C’est le cas en Ituri où des kits repas de nos militaires engagés se retrouvent au marché de Kisangani!
Y a pas photo: tout le monde connaît le savant mécanisme de corruption et d’enrichissement illicite. Celui par exemple qui se manifeste tant au centre des affaires avec des immeubles à plusieurs étages qui poussent à vue d’œil.
Jamais, nulle part dans l’histoire de ce pays, on n’avait vu une telle bulle immobilière que rien, économiquement, ne justifie...
Pour faire holà et redevenir crédible aux yeux de nos partenaires qui n’ignorent rien, il suffit de le vouloir. Sinon, nous ne sortirons jamais de l’auberge.
Pas avec des Kuluna cul-de-jatte - c’est du petit rien, reconnaît le Garde des Sceaux Luzolo Bambi lui-même. C’est avec des Kuluna col blanc.
Qui friment. Qui continuent de courir la rue. Qui noircissent tant l’image de ce pays.
| T. MATOTU. |
lesoftonline.net 07/05/2010
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