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CORRUPTION ET ENRICHISSEMENT ILLICITE.


À g., le PM Muzito, à dr., le Dép. Bussa. Mercredi 28 avril 2010, iIs ne se sont rencontrés sur rien. PHOTO LE SOFT NUMÉRIQUE.

Muzito traîné dans la boue

MISE EN LIGNE 1ER MAI 2010 | LE SOFT INTERNATIONAL N°1043 DATÉ 30 AVRIL 2010.
Mis en cause dans d’étonnantes affaires d’enrichissement sans cause, le Premier ministre Palu Adolphe Muzito Fumunsi doit s’expliquer pour son honneur et pour la dignité de la fonction.

Tous s’y attendaient. La question orale avec débat adressée au PM par le Député d’opposition MLC Jean-Lucien Bussa Tongba avait une face B. Celle-ci a été dévoilée lors de la conclusion du débat mercredi 28 avril, que le Député avait minutieusement rédigée sans attendre d’entendre le Premier ministre PALU. Et on a été servi. Comme c’est souvent le cas en pareilles circonstances, le venin mortel se cachait dans la queue. Nul ne l’ignorait...

Du haut de la tribune de la représentation nationale, devant la Nation pleine et entière, le Premier ministre Adolphe Muzito Fumunsi a donc été accusé d’enrichissement sans cause.

L’AMP MISE À L’ÉPREUVE.
Tenez, il détiendrait, pour lui - et pour les siens:

- L’énorme complexe sportif et de divertissement Cercle Elaïs (en plein cœur du centre des affaires) acquis contre plusieurs millions de dollars américains par le premier ministre Muzito;

- il aurait érigé, dans la banlieue est de la Capitale, à Kinkole, une cité de 40 villas;

- il détiendrait un portefeuille important au sein de plusieurs compagnies aériennes dont Banair (Bandundu Airways) propriétaire d’un Boeing 727 Super et d’un McDouglas MD 83, des avions rares sinon rarissimes sur les pistes aériennes de R-dC vu leur coût inaccessible pour l’opérateur aérien courant de ce pays;

- il aurait érigé en pleine ville de Kinshasa, dans la commune de Lemba, quartier Livulu, une salle de fêtes ultra-moderne;

- des ouvriers allemands s’attelleraient à l’érection d’un gratte-ciel dans le quartier des affaires, non loin du lieu dit Socimat, dans la commune de la Gombe.

La liste est loin d’être close:

- Le Premier ministre Adolphe Muzito Fumunsi serait propriétaire d’un immeuble haut de 4 étages sur la IIIème rue à Limeté, dans le zoning industriel;

- il aurait acquis la résidence du millionnaire rwandais Gaïga sur le boulevard du 30 juin, en plein quartier des ambassadeurs;

- il disposerait d’un navire qui mouillerait les eaux du fleuve et qui est géré par la société Safricas.

A en croire le Député d’opposition MLC Jean-Lucien Bussa Tongba, la liste est toujours loin d’être close. Loin d’être close. Mais puisqu’il fallait avancer...

La question qui intéresserait tout homme politique ou de droit - et du coup, les médias est la suivante: le Premier ministre Adolphe Muzito Fumunsi était-il propriétaire de tous ces biens avant sa venue au Gouvernement? Si oui, la question ne se pose plus. Encore faut-il qu’il les ait déclarés à sa prise de fonction.

Car l’énoncé de l’article 99 de la Constitution du pays est sans équivoque.

«Avant leur entrée en fonction et à l’expiration de celle-ci, (...) les membres du Gouvernement sont tenus de déposer, devant la Cour constitutionnelle, la déclaration écrite de leur patrimoine familial, énumérant leurs biens meubles, y compris actions, parts sociales, obligations, autres valeurs, comptes en banque, leurs biens immeubles, y compris terrains non bâtis, forêts, plantations et terres agricoles, mines et tous autres immeubles, avec indication des titres pertinents».

L’article pertinent de poursuivre:

«Le patrimoine familial inclut les biens du conjoint selon le régime matrimonial, des enfants mineurs et des enfants, même majeurs, à charge du couple. La Cour constitutionnelle communique cette déclaration à l’administration fiscale. Faute de cette déclaration, endéans les trente jours, la personne concernée est réputée démissionnaire. Dans les trente jours suivant la fin des fonctions, faute de cette déclaration, en cas de déclaration frauduleuse ou de soupçon d’enrichissement sans cause, la Cour constitutionnelle ou la Cour de cassation est saisie selon le cas».

On pourrait regretter que le Député MLC Jean-Lucien Bussa Tongba n’ait pas posé d’entrée de jeu ces questions au Premier ministre, qui aurait été, de ce fait, appelé à s’en expliquer. Mais peut-on scotcher le Député d’avoir choisi sa stratégie? Si Bussa Tongba a usé de la ruse, celle-ci n’est-elle pas courante en politique?

Quand le Premier ministre appelle le peuple à serrer la ceinture et à attendre le fruit de la croissance - réelle, dit-il -, le Député souhaite savoir si «certains membres du Gouvernement de la République» font autant. Au contraire, assène-t-il, ils «rivalisent de zèle» dans la course à l’enrichissement sans cause. Puis de larguer sa bombe...

«On nous parle de l’affairisme de certains membres du Gouvernement et des sources bien informées attribuent au Premier Ministre les acquisitions suivantes»...

Du gâteau pour l’opposition. Du gâteau pour les observateurs étrangers, les ONG internationales, les chancelleries pour qui la crise et le sous-développement en R-dC tiennent de la corruption réelle, de l’absence d’un système de justice indépendant.

Tout ça alors que le Département d’État vient de déconseiller vivement à ses ressortissants de se rendre en R-dC faisant état des risques pour la vie humaine que représente tout voyage dans notre pays, et alors que s’achevait à Washington un round clé avec le FMI pour le point d’achèvement de l’initiative PPTE!

C’est peu de dire que l’Alliance de la Majorité Présidentielle n’avait pas besoin d’une telle crise qui la met à l’épreuve alors que la campagne de tolérance zéro bat son plein et ne saurait être un «simple slogan», nous rappelle le Chef de l’État, que le garde des Sceaux Luzolo Bambi use et abuse des mesures d’éloignement des Kuluna cul-de-jatte et nous promet l’arrivée des vrais Kuluna, ceux en col blanc...

Mais restons prudents. Quoique ces accusations aient été faites dans la nef de la République, elles ne sauraient être que des allégations qui doivent encore être prouvées.

Le Premier ministre Adolphe Muzito Fumunsi ainsi publiquement traîné dans la boue doit bénéficier, comme tout Citoyen, de la présomption d’innocence. Il faut pour cela qu’il s’en explique lui-même... À lui de choisir la manière.

En France, pour un prêt d’un «petit» million de FF (moins de 400.000 euros) avancé par un ami milliardaire pour l’acquisition d’un appartement, un ancien Premier ministre de gauche, Pierre Bérégovoy, estima devoir se loger pour l’honneur une balle à la tête. Mais en Israël - qui n’est pas moins une démocratie authentique -, un Premier ministre a attendu que la preuve des allégations lui soit apportée avant de s’en aller. L’honneur en moins.

C’est à Muzito et à Muzito seul de régler la question de conscience - et de morale - qui se pose désormais fortement à lui. Mais c’est à Antoine Gizenga Fundji, le chef du PALU - le Parti Lumumbiste Unifié - de régler le problème après que son parti - œuvre de sa vie - eût été ainsi éclaboussé. Mais c’est au Chef de l’Etat d’agir, au terme de la Constitution, en envoyant un signal clair.

On pourrait penser au PGR, le Procureur général de la République. Mais que peut-il? Lui qui dépend de la chancellerie. Il resterait dans tous les cas de figure le Parlement auquel une question de morale est ainsi posée dans les termes les plus clairs. Car la question n’est plus une question de majorité ou d’opposition...

À un jet de pierre des cinquante ans de l’Indépendance, l’heure n’a-t-elle pas sonné pour la Nation d’envoyer un signal fort à la postérité? Et d'ailleurs, quelle personnalité étrangère viendrait à serrer des mains ainsi souillées, mieux, supposées telles?

On entend parfois de bons esprits dire que Muzito ne serait ni le seul, ni le premier, dans ce cas. Sans doute. Et qu’il détiendrait bien de bombes à dégoupiller si on venait à le sacrifier.

Il semblerait qu’au gouvernement on jouerait à se faire peur. «Tu me tiens, je te tiens par la barbichette». La fameuse phrase qui fit fortune sous Mobutu: «Boma ngai, na boma yo, tobomana...» Sauf que la page Mobutu doit avoir été tournée. L’immoralité généralisée - puisque non sanctionnée - nous conduirait tous à l’abîme.

Signalons que contraint de revenir une semaine plus tard à la Chambre pour répondre à près de 400 questions posées par les Députés, Muzito a estimé que la situation sécuritaire, économique et financière du pays s’était beaucoup améliorée, ce que Bussa a récusé opposant ses propres chiffres. Si le PM a reconnu les poches d’insécurité qualifiées de «résiduelles», il a déclaré que la situation sécuritaire du pays était globalement bonne. Indiquant que l’amélioration des relations avec les pays voisins a joué un rôle déterminant pour que la paix revienne au pays.

Il a évoqué la situation précaire des agents de l’État, insistant sur l’uniformisation des zones salariales. «Notre pays n’est plus aujourd’hui en situation de guerre menaçant sa souveraineté. Néanmoins, il demeure un État post conflit et fragile. Aussi connaît-il quelques poches d’insécurité sur lesquelles les honorables députés attirent souvent et avec raison l’attention du gouvernement. Aussi, dans ma réponse à la question orale, ai-je moi-même relevé toutes ces zones d’insécurité».

Dans sa réplique, le Député a estimé que le gouvernement a échoué sur tous les plans. «L’état des lieux que vous dressiez lors de la présentation de votre programme en 2008, procédait par la maîtrise par votre gouvernement des causes profondes de la déliquescence de l’État. La réalité de terrain qui transparaît du vécu quotidien du Congolais prouve à suffisance que ce qui est de significatif, c’est l’échec», a-t-il déclaré en direction du Premier ministre.

Jean-Lucien Bussa Tongba qui a promis de déposer une motion de censure contre le Premier ministre, qui avait récolté jeudi dans la soirée 83 signatures (il en faudrait 125 pour la qualifier), a poursuivi: «Il est paradoxal de constater qu’au moment où le peuple croupit dans la misère, certains membres du Gouvernement de la République rivalisent de zèle pour s’enrichir sans cause. On nous parle de l’affairisme de certains membres du Gouvernement et des sources bien informées attribuent au Premier Ministre les acquisitions suivantes». Puis, d’en citer quelques-unes.

Ci-après des extraits de ces conclusions du Député Jean-Lucien Bussa Tongba.

«(...) Les réponses que vient de nous donner le Premier Ministre, au regard des objectifs de son propre programme et de la réalité politique, sécuritaire, économique et sociale du terrain ne m’ont pas convaincu et satisfait. Je suis désolé! L’échec de l’action gouvernementale et l’aveu d’impuissance du Gouvernement n’ont d’égal que le manque de volonté politique, l’inefficacité et l’immobilisme qui le caractérise depuis son avènement, de sorte que la couverture de la demande publique n’a pas été atteinte». (...)

Excellence Monsieur le Premier Ministre, la logique de l’État minimal que vous venez de soutenir et qui consiste à se contenter juste du minimum à savoir: moindre effort, moins d’initiatives, moins de performance, salaires de misère, etc., ne correspond nullement aux défis sécuritaires, économiques, politiques et sociaux de notre pays. La banalisation des problèmes pourtant d’importance vitale et l’indifférence coupable qui caractérise votre pratique du pouvoir me suffoquent tant les conséquences d’une telle pratique du pouvoir sont néfastes. Pour votre gouverne, le programme que vous avez présenté en octobre 2008 et dont le socle se trouve être le DSCRP était élaboré en partant d’un état des lieux. D’aucuns parmi nous avaient cru que l’état des lieux que vous dressiez alors procédait de la maîtrise par votre Gouvernement des causes profondes de la déliquescence de l’État et, par conséquent, les axes stratégiques et les actions prévues dans votre programme apparaissaient comme des remèdes idoines. En réalité, du diagnostic posé par votre Gouvernement à la mise en œuvre de son programme, la réalité de terrain qui transparaît du vécu quotidien des Congolais prouve à suffisance, s’il en était encore besoin, que ce qu’il y a de significatif, c’est l’échec.

Regroupées en six aspects, les questions des Honorables Députés n’ont pas trouvé des réponses satisfaisantes de votre part.

1. Questions liées au domaine politique et réforme institutionnelle.
Contrairement à l’optimisme du Gouvernement, les faits attestent:

- le rétrécissement de l’offre démocratique caractérisée par la non consolidation du processus, la remise en question de l’équilibre du pouvoir politique et de l’indépendance du pouvoir judiciaire, le non respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, le rétrécissement de l’espace d’expression par la répression violente des manifestations politiques, le non accès de l’opposition aux médias publiques;

- l’incapacité, sinon le refus d’organiser les élections municipales et locales;

- l’incapacité de mettre en œuvre les dispositions constitutionnelles relatives à la décentralisation, à la gouvernance de proximité, au transfert des compétences et des ressources;

- l’absence de l’autorité de l’État en ce que l’offre des services publics est insuffisante, à savoir que les besoins de sécurité, de justice, de liberté et de paix restent inassouvis;

- la faiblesse du Gouvernement et son incapacité à se saisir et à exercer tous ses pouvoirs constitutionnels, ce qui laisse la voie libre au redoutable Gouvernement parallèle maintes fois dénoncé de prendre le pays en otage (...)»;

3. En ce qui concerne la consolidation de la stabilité macroéconomique et de la croissance, la situation macroéconomique demeure encore fragile et les résultats obtenus dans ce domaine se situent en deçà des objectifs du programme.

A. Le taux de croissance du PIB est passé de 6,2% en 2008 à 2,7% seulement en 2009 contre les prévisions respectives de 8 et 5,4%.

Ces résultats ne traduisent aucune performance quand on les compare avec les prévisions du programme.

Le caractère restreint de la vision des secteurs porteurs de croissance n’intégrant pas les secteurs tels que l’agriculture, l’industrie, le commerce extérieur, le transport et communication ne permet pas au pays d’exploiter de façon optimale son potentiel de croissance.

L’objectif d’une croissance robuste et durable nécessite l’amélioration du climat des affaires qui implique certes des lois et quelques mesures administratives indispensables. Cependant, sans le désenclavement des provinces par des réseaux de communication denses et fiables, il n’y a pas de développement des marchés intérieurs, pas de compétitivité nationale, pas d’attrait massif des investisseurs privés, pas de multiplication des revenus.

La non éclosion des zones économiques spéciales appuyées par la SFI pour cause des incohérences des actions des ministères du Gouvernement sont autant des facteurs que votre Gouvernement peine à maîtriser pour améliorer les performances économiques dans notre pays, au lieu de se contenter du moindre effort.

L’immobilisme de votre Gouvernement est encore fort remarquable en ce qui concerne la dynamique d’intégration des marchés. La République Démocratique du Congo a fort à miser sur le développement du commerce et des projets industriels intégrateurs avec les pays de la sous- région de l’Afrique centrale, orientale et australe.

La volonté politique des Chefs d’État de la CÉÉAC et la SADC n’a pas été déclinée en projets économiques, industriels et agricoles nécessaires pour impulser la croissance économique.

B. Le taux de change et l’évolution des prix à la consommation.

Honorables Députés, pour votre gouverne, le taux de change enregistré au 31 décembre 2006, dans un contexte politique gagné par les élections était de 521,25 FC pour un dollar américain. Il est à 567,47 FC le dollar américain en octobre 2008 lorsque le présent Gouvernement est investi par l’Assemblée nationale. Au moment où nous concluons ce débat, le taux de change sur le marché de Kinshasa est à 920 FC le dollar américain.

Le prix à la consommation fin période est passé de 10% en 2007, contre respectivement 27,6% et 48,7% en 2008 et en 2009 à cause notamment, de la mauvaise tenue des finances publiques et du manque d’orthodoxie dans la gestion.

4. Les questions liées au développement des provinces.
- le Gouvernement a sournoisement refusé de parachever le processus électoral amorcé en 2006 et, de ce fait, il a sciemment étouffé toute initiative locale et tout élan d’auto prise en charge des entités de base;

- manifestement, le Gouvernement central s’est assigné comme mission de déstabiliser en permanence les institutions de certaines provinces et d’asphyxier systématiquement le développement de ces dernières. Les exemples les plus flagrants sont ceux de la province du Sud-Kivu où le Gouvernement central, d’après les élus du Sud-Kivu, impose des Gouverneurs de province qu’il fait tomber par la suite et de la province de l’Equateur où un bureau de fait de l’Assemblée provinciale a été imposé en toute irrégularité et le Gouvernement central non seulement a cautionné des voies de fait, mais bien plus, il ne s’est pas empêché de traiter avec ceux qui ont pris le pouvoir en violation de la constitution et des lois de la République;

- l’exécution sélective des projets de développement des provinces: la plus part de projets inscrits au Budget de l’État n’ont jamais connu un début d’exécution de la part du Gouvernement dans certaines provinces, tandis que des fonds débloqués pour la réalisation des travaux dans une province ont été détournés au profit d’une autre sans raison valable (cas des 13.340.576 USD débloqués pour la construction des logements sociaux);

- seules les actions financées par les bailleurs de fonds et les ONG permettent aux provinces d’espérer, les rétrocessions aux provinces étant gérées sans contrôle et des cas de mauvaise gestion signalés par des Institutions et services compétents sont couverts par le Gouvernement central;

5. Dans le secteur du social et de la prise en charge des questions humanitaires.
L’année 2010 a été décrétée par l’Exécutif: «Année du social». Cependant, au vu des indicateurs sociaux, le Congolais moyen en 2010 est devenu quatre fois plus pauvre qu’il ne l’a été il y a 4 ans seulement, c’est-à-dire en 2006.

Tenez! Les salaires des fonctionnaires, des soldats et policiers en valeur constante sont deux fois moins que ceux qu’ils touchaient en 2006. L’huissier, le policier et le soldat touchaient respectivement: 40.638 FC, soit 86,38 $US; 21.500 FC, soit 45 $US et 16.000FC, soit 34 $US. Aujourd’hui, l’huissier touche 40.638 FC, soit 44,6 $US; le policier 34.000 FC, soit 37 $US et le soldat 41.000 FC, soit 45 $US. En effet, le salaire d’Huissier comme celui du Policier et du Soldat ne valent pas un sac de riz qui revient, sur le marché de Kinshasa à 45.750 FC. Celui de l’agent public de l’État ayant le grade de Directeur ou équivalent est de 59.923 FC, soit 65$Us, montant inférieur au carton de chinchard 20+ communément appelé Thomson ou Mpiodi qui coûte 60.784 FC, soit 66 $US. Qui parmi les membres du Gouvernement peut vivre et subvenir aux besoins de sa famille avec un tel salaire payé irrégulièrement et sans autres avantages tels que : indemnité de transport, indemnité de logement, allocation familiale ainsi que la prise en charge médicale. Ce niveau de salaire de mars 2010 équivaut, en valeur réelle, à la moitié du salaire touché effectivement en janvier 2006. Pourtant, entre 2006 et 2010, le Budget de l’Etat en ressources propres a été multiplié au moins par trois.

Au même moment, les prix des produits d’alimentation, de loyer et de transport dans la Ville de Kinshasa ont connu respectivement un accroissement de l’ordre de 333 %; de 200 % et 413 % entre janvier 2006 et mars 2010.

Ainsi que l’indique les données chiffrées, la population congolaise s’est davantage appauvrie en 2010 avec un pouvoir d’achat quatre fois amoindri et des salaires deux fois diminués en valeur réelle.

Dans le domaine de la santé publique, les infrastructures sanitaires, l’approvisionnement en produits pharmaceutiques, l’administration de soins de qualité, les équipements tant de laboratoire que autres sont totalement déficients et le taux de mortalité ne cesse de croître. Dans ce registre, la situation des provinces est encore pire que celle de la Capitale. Sauf oubli de ma part, aucun hôpital de 150 lits par province sur les 31 prévus dans le programme du Gouvernement n’a été construit, tout comme aucun centre de santé par territoire sur les 145 prévus.

La réhabilitation de trois écoles par territoire selon le programme du Gouvernement n’a pas connu un début d’exécution. Le nombre important des enseignants non mécanisés et, par conséquent impayés ainsi que des écoles non mécanisées, surtout dans les provinces démontrent la faiblesse de la prise en charge par votre Gouvernement des problèmes récurrents du secteur de l’éducation. De même, les conditions de vie des étudiants dans les universités du pays, notamment la promiscuité, les conditions d’hygiène, l’absence de bibliothèques et de laboratoires, la vétusté des bâtiments et l’irrégularité, sinon l’arrêt de paiement de la bourse d’études sont autant des problèmes que le Gouvernement n’a pas résolu. Concernant l’habitat, il n’y a pas de logements sociaux construits pendant que la demande de logement s’est accrue. Quant à l’emploi, il y a lieu de relever que quelques jeunes de Kinshasa ont accédé à des emplois saisonniers et précaires, mais sur l’ensemble du territoire national, le manque de perspectives en matière d’emploi a plongé les 94% de Congolais en quête d’emploi dans une angoisse indescriptible.

En ce qui concerne l’eau et l’électricité, l’approvisionnement en eau potable et la desserte en électricité n’ont pas connu une évolution significative. Même dans la Ville de Kinshasa, dans plusieurs communes, des millions de Kinois vivent tous les jours les cauchemars d’absence d’eau pour certains, et d’approvisionnement irrégulier d’eau potable pour d’autres. De même, l’absence de fourniture en électricité qui plonge chaque jour des parties entières de la Ville dans le noir et la systématisation du phénomène «délestage» illustrent l’échec du Gouvernement à améliorer la qualité de vie des Congolais telle que préconisée par les objectifs du millénaire.

Dans le domaine foncier, le Gouvernement s’est montré incapable de résoudre les conflits fonciers de façon opportune. De même, la mauvaise prise en charge des populations déplacées est à la base des conflits fonciers. Ce qui explique le nombre croissant des affrontements entres communautés et villages dans la quasi-totalité de nos provinces. En ce qui concerne la prise en charge humanitaire, le Gouvernement s’est montré totalement irresponsable, abandonnant les déplacés internes et les refugiés à leur triste sort, lesquels ne doivent leur salut qu’aux interventions ponctuelles de la communauté internationale.

6. Questions relatives à la mauvaise gouvernance, à la corruption et à l’enrichissement illicite.
- Je tiens le Premier Ministre pour personnellement responsable de l’institutionnalisation de la corruption comme mode de gestion et d’instrumentalisation politique des acteurs. En effet, dans le cadre des travaux relatifs au contrôle de l’exécution du budget de l’Etat pour le 1er semestre de l’exercice 2009, la Commission Economique Financière de l’Assemblée nationale avait jugé nécessaire de l’entendre, alors qu’il était Ministre du Budget, sur trois dossiers importants qui sentent l’odeur de corruption.

Il s’agit du paiement de 5.856.200 $ Us à la société SODIPRO pour une commande des filets de pêche, des fertilisants et des produits agro-alimentaires semble-t-il, non livrés ; de la lettre de garantie de paiement en faveur de la Banque congolaise relative au marché public en préfinancement conclu entre le Gouvernement congolais et les entreprises du Groupe Mike «EGM Construct» en date du 02 juin 2007 pour un montant de 10.000.000. $ Us et de l’ordre permanent et établissement des billets à ordre concernant le paiement de la créance de la Banque congolaise sur l’Etat congolais chiffrée à la somme de 68.618.973 $ Us.

À ce sujet, Monsieur le Ministre du Budget de l’époque et actuel Premier Ministre n’a jamais daigné répondre à la lettre de l’Honorable Président de l’Assemblée nationale lui adressée en date du 09 décembre 2009 et l’invitant à se présenter devant la Commission Economique et Financière de l’Assemblée nationale en date du 11 décembre 2009 pour être entendu sur ces 3 dossiers. Cette dernière l’attend encore pour ce faire.

- le manque de volonté politique pour lutter contre la corruption et l’enrichissement illicite, les acteurs de premier rang étant pour la plupart à la fois corrupteurs et corrompus;

- La mauvaise gestion des Finances publiques caractérisée par une procédure de passation de marchés entachée d’irrégularités (marchés de gré à gré), l’engagement de l’Etat dans les dépenses ostentatoires, le remboursement sélectif de la dette intérieure en faisant payer au Trésor des montants parfois supérieurs aux engagements initiaux là où d’autres créanciers sont payés avec décote, les détournements tolérés voire encouragés des deniers publics, sont autant d’actes qui engagent votre responsabilité (...)»;

«Comme vous venez de vous rendre compte, Chers Collègues, un grand fossé existe entre le programme du gouvernement et la situation politique, sécuritaire, économique, social et humanitaire. Le contrat qui lie le Gouvernement à l’Assemblée nationale vient ainsi d’être rompu à la suite des mauvais résultats par lui enregistrés. Notre peuple attend de nous des signaux clairs en tant que Représentants de la Nation, pour l’aider à sortir de la crise multiforme dans laquelle il se trouve plonger. Que pouvons-nous faire de mieux et garder la conscience tranquille si nous ne serons jamais capables de sanctionner un Gouvernement dont l’échec est patent et l’aveu d’impuissance avéré. Pour ma part, le Gouvernement doit être sanctionné négativement. Pour ce faire, une motion de censure sera déposée dans les heures qui suivent et ce, conformément à l’article 146 de la Constitution». (...)

lesoftonline.net 30/04/2010

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