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 Le Président de la République Joseph Kabila Kabange. DROITS RÉSERVÉS.
Qui monte la pression à Kinshasa?
MISE EN LIGNE 16 AVRIL 2010 | LE SOFT INTERNATIONAL N°1041 DATÉ 16 AVRIL 2010.
Bemba, Mbandaka, Monuc, ICG, Ituri, rapt d’agents de la Croix-Rouge au Sud-Kivu, Udps, etc., peu à peu, la liste s’allonge et, dans tous les salons, le mot provocation vient à être évoqué. Comment la Communauté internationale retourne-t-elle à Kinshasa...
Momemi maki abundaka te. La belle phrase de la Présidentielle de 2006 qui fit clore à Kinshasa tout débat des gladiateurs. Littéralement, le porteur d’œufs évite tout piège au risque de les perdre...
Mais voilà que soudain les pièges se hérissent sur le chemin du porteur d’œufs. Les affronter ou les éviter?
À l’Équateur où la tribu Enyele, minorité des minorités inconnue jusqu’ici de tous dans le pays, dans la province mais qui se serait réveillée quelque part à Dongo et se battrait avec armes et systèmes de communications modernes pour des étangs qu’une tribu rivale, pas plus connue dans le pays, à l’Équateur, lui aurait ravis au point de s’attaquer allègrement, loin de ses lignes arrières, en pays Mongo, à la capitale d’une province jusqu’ici jamais prise par aucune rébellion même lors des années des mille guerres, allant jusqu’à en contrôler l’aéroport, 48 heures durant, le week-end pascal!
Les Kivu où la guerre qu’on aurait tendance à oublier et qui se rappelle à nous avec pour tout dernier épisode ce rapt d’agents de la Croix-Rouge (sept R-dcongolais, un Suisse!) annoncé et dénoncé mardi 13 avril depuis Genève, siège de la plus puissante organisation humanitaire.
Monuc, la mission onusienne, notre mauvaise conscience, qui a rendu ou n’a pas rendu des services au peuple de R-dC et aux Institutions démocratiques et qui s’invite au débat quand en Ituri, en province Orientale, des membres de la Société civile jurent devoir se battre à ses côtés, pour son honneur!
«Sans Monuc, l’lturi sera de nouveau en proie à des violences récurrentes», posent-ils, sans broncher...
Nul ne s’imaginerait - pas même le moins souverainiste des R-dCongolais - que la Monuc ait eu pour mission de s’établir indéfiniment au Congo. Mais le problème n’est-il pas dans l’art, la manière, le tact, d’aborder la question? Où sont les diplomates, cette classe d’hommes rompus dans l’art de la négociation?
Lorsque des gens ont aidé - on le reconnaît tous - à la stabilisation et à la normalisation, la seule façon de leur signifier leur départ consiste-t-il à leur donner ordre par voie de presse de plier bagage? Quand, eux, objectent et disent qu’ils sont loin d’avoir fini le travail pour lequel ils étaient venus, quelle peut être la réponse?
On peut y voir un piège. Qui ignore que les relations entre peuples se déclinent sur des intérêts et des rapports de force?
Tu as beau énoncer ta bonne foi mais si quelque part, «on a décidé que ça se passera ainsi, ça se passera ainsi».
Last but not least, voici qu’ICG pose le diagnostic. Cette ONG basée à Bruxelles, qui se charge de «prévenir des situations de conflits en cours ou potentiels» dans le monde, dirigée par des personnalités parmi les plus emblématiques du monde (Europe, Amérique, Afrique, Asie), d’anciens Chefs d’État, d’anciens Chefs de gouvernement, d’anciens ministres, d’anciens hauts fonctionnaires internationaux, etc., et pour cause!
Les mots utilisés sont sans équivoque: échec, enlisement, entraves, fragilité de l’État, menace, effort international compromis, urgence de progrès, constat accablant, etc.
Tenez: «La construction d’un État de droit en République démocratique du Congo est sur le point d’échouer si un nouvel élan n’est pas donné en 2010 à la consolidation de la démocratie».
«Le dernier briefing d’International Crisis Group examine l’échec des dirigeants élus en 2006 à changer radicalement de gouvernance et à répondre aux aspirations démocratiques de leurs citoyens».
«Presque quatre ans après la victoire de Joseph Kabila à des élections considérées comme une avancée majeure pour le processus de paix, le pouvoir est centralisé à la présidence, les contre-pouvoirs sont quasiment inexistants, les libertés fondamentales sont fréquemment menacées, et le régime ne parvient pas à régler les conflits locaux».
«(...) Kabila a obtenu un mandat de cinq ans en s’associant à cette vision durant la campagne électorale. Il s’est engagé à redresser un État défaillant et à combattre la corruption; il a proposé un programme de reconstruction du Congo suivant cinq priorités stratégiques: les infrastructures, la santé, l’éducation, l’habitat et l’emploi; il a promis de promouvoir la démocratisation, notamment en respectant l’état de droit et en organisant des élections locales. Presque quatre ans plus tard, le constat est néanmoins accablant. La présidence a entrepris d’étendre son pouvoir sur les autres branches de l’état et entretient des réseaux parallèles de prise de décision».
«PAYS GÉANT, EFFORT INTERNATIONAL COMPROMIS».
Publié le 8 avril, ce rapport ne cache rien de son projet. Depuis son titre: «Congo, l’enlisement du projet démocratique». De l’anglais: «Congo: A Stalled Democratic Agenda» (http://www.crisisgroup.org/home/index.cfm?l=2).
Extrait de la synthèse: «La consolidation de la démocratie en République démocratique du Congo est entravée dans presque toutes ses dimensions et le régime congolais reste fragile. Lorsque Joseph Kabila est devenu le premier président élu démocratiquement en 2006, la communauté internationale a considéré cette élection comme une avancée majeure du processus de paix. Aujourd’hui, l’équilibre des pouvoirs est quasiment inexistant. Le cabinet présidentiel a pris l’ascendant sur le gouvernement, le parlement et le pouvoir judiciaire. Les libertés fondamentales sont fréquemment menacées et des réformes institutionnelles essentielles - la décentralisation et la réforme du secteur de la sécurité - n’ont pas significativement progressé».
«À moins que les autorités politiques congolaises ne redonnent en 2010 un nouvel élan à la transformation démocratique et au renforcement des institutions, les avancées obtenues durant la période de transition et l’effort international consenti pour stabiliser ce géant régional sont compromis. Les partenaires extérieurs du Congo doivent remettre la démocratisation et la réforme institutionnelle au centre de leur dialogue avec le gouvernement de Joseph Kabila et ils doivent lier l’aide au développement qu’ils lui accordent aux progrès enregistrés sur ces sujets».
Lier l’aide au développement aux progrès démocratiques? C’est le retour aux années noires. Les années de fin de vie de Mobutu... Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Tout ça alors que le Congo veut réussir son Cinquantenaire, qu’il attend du FMI qu’il efface une dette 9 milliards de dollars qui a été un sabot de Denver? On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre...
Le rapport a été rédigé à Nairobi par des experts sous le contrôle du directeur Afrique Centrale, Thierry Vircoulon.
La parole politique officielle nationale contre-attaque et accuse les ONG de complot. Elles ont toujours proliféré sur un terreau de misérabilisme afin qu’elles justifient leur existence...
Il y a là malheureusement rien à redire. C’est la fable de Jean de la Fontaine, «La raison du plus fort est toujours la meilleure».
Le pauvre agneau qui dit n’être point né «l’an passé» pour avoir pu médire du loup.
- «Si ce n’est toi, c’est donc ton frère», reprend la méchante bête.
- «Je n’en ai point», dit l’humble animal.
- «C’est donc quelqu’un des tiens».
Le Loup repart à la charge.
- «Car vous ne m’épargnez guère, vous, vos bergers, vos chiens. On me l’a dit: il faut que je me venge».
Quand Bush décide de frapper (de se venger de) Saddam Hussein, il invoque les armes de destruction massive. Ni lui, ni personne ne les a point vues nulle part.
Quand Idriss Deby Itno décide de punir les Français de l’Arche de Zoé qu’il prétend avoir «volé des enfants tchadiens», il paraît déterminé. Sauf le jour du coup de feu de N’Djamena... Quelle main a armé les assaillants?
À Kinshasa, une manifestation d’opposition Udps a été dispersée par la police - du gâteau pour les ONG - alors qu’à la CPI, les avocats de Bemba ont soudain le vent en poupe...
Dans le rapport de l’ICG, il y a à boire et à manger mais qui ne sait que les ONG ne rédigent jamais rien ex nihilo? N’y aurait-il pas erreur de fond de croire que la Communauté internationale qui, hier, nous a porté secours et paraît si fort de retour à Kinshasa par médias interposés, ne serait composée que de méchants garnements désirant nous humilier?
Quand des ténors se font entendre dans un camp, ils peuvent être utilisés pour monter la pression par des tireurs de ficelles et servir de déclencheur. L’heure ayant sonné, ils trouveront leurs comptes.
Quand la Peste répandit sa terreur dans la jungle, le Lion tint conseil, y vit la colère du Ciel suite aux péchés commis, pria que l’un d’eux se sacrifie pour calmer le céleste courroux, confessa avoir dévoré force moutons et mangé quelques bergers.
Le Renard apparut:
- «Sire, vous êtes trop bon Roi; vos scrupules font voir trop de délicatesse; manger moutons, canaille, sotte espèce, est-ce un péché? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur, en les croquant, beaucoup d’honneur. Et quant au Berger, l’on peut dire qu’il était digne de tous maux, étant de ces gens-là qui sur les animaux se font un chimérique empire».
Du bon Monsieur de la Fontaine...
Sur la traque des entourages des grands fauves, pas idiot de rappeler l’effet papillon que rappelait mercredi Le Figaro parlant de l’Élysée.
«Quand un battement d’aile de papillon à Tokyo provoque un cyclone aux Antilles, il y a d’infimes détails qui finissent par engendrer de grands orages… Quand les collaborateurs zélés du Chef de l’État dénoncent les rumeurs sur sa vie privée, ils en réactivent artificiellement la portée».
| T. KIN-KIEY MULUMBA |
lesoftonline.net 16/04/2010
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