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 Le journaliste Willy Kalengay, ancien du Soft, ancien directeur de la rédaction de la chaîne de télé Antenne A, ancien directeur de la communication du président de l'Assemblée nationale Vital Kamerhe. LE SOFT NUMÉRIQUE.
«Depuis toujours, Le Soft est l’école de l’excellence», assure le journaliste Willy Kalengay
MISE EN LIGNE 05 AVRIL 2010 | LE SOFT INTERNATIONAL N°1037 DATÉ 15 MARS 2010.
Il arrivera un jour où il ne restera de notre passage sur terre que les pages du papier journal que nous aurons noircis, au bas desquelles seront lues nos signatures respectives. Nous sommes des pèlerins dans ce monde et le métier que nous avons choisi comporte les canaux de notre immortalité. C’est là toute la valeur d’un instant comme celui que nous vivons en ce moment. Nous mourons au présent pour renaître à notre passé. Nous sommes là pour célébrer la force d’une œuvre, la permanence d’un projet somme toute dynamique, les vingt ans du Soft.
Distingués invités,
C’est avec une profonde émotion que je prends humblement la parole pour placer quelques mots en tant qu’ancien du Soft. Mon passage dans ce journal certes n’a pas été très long, mais suffisamment déterminant pour nous donner à moi et à ceux de ma génération une grille de lecture de la réalité qui nous a transporté dans la modernité.
Nous sommes les enfants - du Soft, parce que son fondateur, l’Honorable Tryphon Kin-kiey nous a formés, d’abord à l’université en tant que professeur, ensuite en tant que patron, véritable mentor. Comment vous expliquer le contexte de l’époque? Le métier de journaliste était perçu comme celui des ratés de la société. Notre cote était au plus bas.
Voilà qu’un homme débarque et il pratique ce qu’il enseigne. Le professeur Kin-kiey était parmi les premiers formateurs qui nous disaient que le journaliste est un Monsieur. A ce titre il doit se comporter de manière conséquente en société. Il nous a donné l’espoir que, finalement le chemin que nous avons choisi n’est pas celui de l’indignité.
D’ailleurs lui-même ne vient en salle de classe qu’en costume-cravate, du haut de ses habits griffés. Cela n’est pas banal car les journalistes c’étaient ces hommes misérables et aigris que l’on rencontrait dans les arrêts de bus et qui disaient connaître tout le monde et qu’aucun automobiliste ne reconnaissait au passage. Il est celui qui nous a parlé du téléphone portable.
Rappelez-vous ce gros téléphone qu’utilisait la compagnie Telecel véritable discriminant social. Il nous a donné le courage d’une ambition d’excellence et nous a dit qu’un journaliste avait un pouvoir et qu’il devait l’exercer dans le respect de la science et de l’art.
Un modèle, voilà ce que cet homme, lointain pour nous jeunes étudiants, représentait pour nous. Et je suis arrivé au Soft comme un jeune novice entre au monastère avec comme seule arme la force de ma conviction que j’étais à la bonne adresse. Depuis toujours, ce journal a constitué l’école de l’excellence. Imaginez ce jour-là, on me présente au grand patron et qui me dit au Soft personne ne saisit ses textes, vous devez vous-même les encoder.
Il faut à Kinshasa travailler dans les conditions de l’Europe, nous en avons les moyens et nous devons relever le défi. C’est ainsi que j’apprends à saisir mes premiers textes à l’ordinateur et je commence peu à peu à naître à ce métier qui s’éloignait des images archaïques que la société nous renvoyait.
Tous ceux qui sont passés au Soft - et ma foi ils forment une véritable armée - savent que KKM lit tout le journal. Il passe des heures et des heures devant son PC, pour savoir et posséder son œuvre. Il a cette magie des mots dont il garde le secret et qui fait que le Soft reste le Soft. Que dire de plus?
Rien, sinon que l’ histoire de notre liberté en tant que Nation a été écrite ces dernières années aussi par le Soft s’il ne l’a pas influencé par le courage éditorial dont il fait preuve des fois, s’attaquant aux puissants intouchables de la République.
Ce courage que d’autres peuvent interpréter comme de la témérité, nous a gagné le respect des hommes politiques avec qui nous pouvons tenir le débat et nous considérer en tant que journaliste comme faisant partie de l’élite nationale. Nous le devons aussi à ces vingt ans du Soft et au courage de son fondateur.
Avant de clore mon propos que je voulais sommaire, laissez-moi m’adresser directement à l’Honorable Tryphon Kin-kiey Mulumba: «Professeur, André Pike disait que ce que vous faites pour vous-mêmes meurt avec vous, mais ce que vous faites pour les autres et pour le monde reste éternel. Je suis heureux et reconnaissant de vous avoir eu d’abord comme maître, ensuite comme patron et aujourd’hui vous me faites l’honneur d’une amitié que je n’ai pas toujours méritée, merci pour cela».
J’aurai tout oublié de mon passage au Soft mais une seule chose restera gravée en lettres d’airain dans mon âme et j’en ai fait ma devise. Vous dites souvent: «au Soft nous savons et devons faire bouger les lignes». Et je vous dis qu’un journaliste doit savoir faire bouger les lignes. Je vous remercie pour tout et je vous souhaite un bon anniversaire.
Merci de votre attention,
| Willy Kalengay, Journaliste. |
lesoftonline.net 07/04/2010
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