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Dans Bulungu voisin de Masimanimba, le P.A., le Parti pour l'Action, conduit par son président Tryphon Kin-kiey Mulumba, tient meeting sur meeting en deux jours de visite, dans chaque village. LE SOFT NUMÉRIQUE.

Érosion massive de l’électorat, désamour politique, si les élections avaient lieu aujourd’hui...

MISE EN LIGNE 07 AVRIL 2010 | LE SOFT INTERNATIONAL N°1040 DATÉ 07 AVRIL 2010.
Moins d’un an avant d’aborder la dernière ligne droite menant conduisant les scrutins de 2011. Face à la polémique sur le calendrier, la Communauté internationale a, par l’entremise de diplomates à Kinshasa, donné de la voix. Elle veut obtenir des garanties. Répondant à une interview accordée au journal Le Soft international, le président de la République a assuré que les élections auront bel et bien lieu en 2011. Appelé à donner des précisions sur cette question, lors de l’émission Face à la presse sur Top Congo FM, l’Abbé Apollinaire Malu Malu a annoncé avoir mobilisé les fonds nécessaires pour l’opération de révision du ficher électoral, sans en dire plus sur les dates de ces élections.

Voici l’ambiance soudain délétère dans le pays. Dans les institutions provinciales, gouverneurs et assemblées provinciales se livrent à une bataille de leadership. Enjeu: le positionnement en 2011.

Des partis politiques de première heure s’entre-déchirent par des conflits internes.

C’est le cas de l’UDPS, du MLC, du PPRD. Quand le PALU chante en savourant le fruit de son pouvoir, le RCD-G, les FONUS, la DC, le MPR… s’effacent. Profitant de ce vide de recrutement au sein des vieux partis politiques, des nouveaux partis se construisent et se consolident. Ils cristallisent les électeurs abandonnés par des leaders locaux, tribaux et guère politiques.

LES PROCHAINS SCRUTINS CHAUDS, CHAUDS, TRES CHAUDS.
Les prochains scrutins s’annoncent chauds, chauds, très chauds.

Du 19 au 20 mars 2010, l’Institut Les Points a réalisé une enquête d’opinion sur les intentions de vote des Citoyens. L’enquête voulait connaître quelles personnalités politiques, quels partis politiques suscitent le plus d’attrait dans l’opinion publique, quels résultats le pays aurait-il si les élections avaient lieu à la date de la réalisation de l’enquête.

à la question, «selon vous, s’il y a élection présidentielle aujourd’hui, pour qui voteriez-vous?», l’institut Les Points a joint quelques noms parmi ceux qui seraient aujourd’hui cités comme présidentiables.

Parmi lesquels étienne Tshisekedi wa Mulumba, Joseph Kabila Kabange, Jean-Pierre Bemba Gombo, Adolphe Muzito Fumunsi, Léon Kengo Wa Dondo, Oscar Kashala, Azarias Ruberwa Manywa, Vital Kamerhe.

Il ressort de cette enquête une abstention de 52% de la population mais le Président de la République en exercice obtient 21% d’intentions de vote avec perte d’électorat dans les provinces de l’Est du pays.

à en croire ce résultat, Joseph Kabila Kabange a toutes les chances d’être réélu et dès le premier tour dans la situation actuelle d’absence d’adversaire de taille capable de l’affronter.

étienne Tshisekedi wa Mulumba dont le parti s’abîme jour après jour dans une guerre de leadership, semble ne pas faire le poids. Selon les enquêtés sympathisants et/ou militants de l’UDPS, «le Sphinx» est miné par son âge. Il lui sera difficile de battre campagne.

Avec 13% d’intentions de vote, il arrive cependant à la deuxième place. Des durs de l’UDPS se rangent derrière le leader de l’UDPS estimant qu’il leur sera impossible de soutenir un autre que Tshisekedi wa Mulumba et qu’ils ne sauraient voter pour un autre candidat même s’il était issu de l’UDPS. «Nous ne soutiendrons personne au cas où la vraie réconciliation n’avait pas lieu à l’UDPS», ont-ils confié.

Le leader du MLC Jean-Pierre Bemba Gombo n’obtient que 6% de vote. Cependant, des enquêtés, s’identifiant comme militants du MLC, se disent découragés et désespérés suite à son maintien en prison. Ils le voient écarté de la Présidentielle de 2011.

Le leader du MLC trouve son fief dans son équateur natal, dans le Bas-Congo et dans une partie de Kinshasa, mais perd les deux Kasaï. à l’Est du pays où l’abstention bat son plein, aucune intention de vote n’est enregistrée en faveur du Chairman du MLC. Selon des enquêtés, le MLC a été en 2006 le grand bénéficiaire de l’appel au boycott de l’UDPS. Avec l’engagement du parti cher à étienne Tshisekedi, il sera difficile au MLC de mobiliser de l’électorat en 2011.

L’ancien speaker de l’Assemblée nationale fait mauvaise figure. Vital Kamerhe recueille 3% d’intentions de vote s’il se présentait à la Présidentielle. Faute de développer un discours d’opposition, la population paraît déçue de l’absence de positionnement de l’ex-président de la Chambre basse.

Selon des enquêtés majoritairement recrutés parmi les mécontents du pouvoir, «VK» serait mieux conseillé de s’engager et de se présenter comme alternative au pouvoir. Ils se surprennent de constater que sa dernière sortie canadienne était «équivoque». «Rien d’opposant, expliquent-ils. C’était un spectacle académique. Il continue de rouler pour le pouvoir. Son problème c’est devenir Premier ministre».

La carte Muzito pose problème au sein du PALU au cas où il prenait la course de la Présidentielle. Pour le PALU, Antoine Gizenga Fundji «passe avant quiconque». Muzito peine à prendre ses marques au sein de sa propre formation politique.

Il vient en cinquième position et n’accueille que 1%. Même score réalisé par un certain… Oscar Kashala jugé, par d’aucuns, moins nationaliste au regard de son absence prolongée du pays. Des enquêtés justifient cette absence par le volume du «contentieux» laissé par Kashala lors des élections de 2006. Des enquêtés estiment que la candidature de Kashala a été dopée par l’affaire malencontreusement lancée de 32 mercenaires.

DES PARTIS POLITIQUES DE R-DC A à Z.
Les partis politiques d’après Sun City et ceux récemment créés séduisent plus l’électorat et se présentent comme une vraie alternative politique.

C’est ce qui ressort très clairement de l’enquête. «Contrairement aux partis politiques créés ou qui se sont manifestés après le 1+4, les vieux partis de l’époque Sun-City ne font pas du résultat», analyse l’enquête de l’Institut les Points.

Qui poursuit: «Le taux d’abstention ici atteint le 68%, ce qui est dramatique. Il faut souligner, que dans les provinces, ces partis sont plus dominés par des leaders tribaux que par des leaders politiques», poursuit l’institut.

L’UDPS fait 15% (les Kasaï, Kinshasa, Bas Congo, Bandundu, Katanga). Par contre, le parti de Tshisekedi connaît une érosion dans les Kivu où la population se méfie des politiciens, préférant ONG et dirigeants religieux. Vient ensuite le MLC avec 7% d’intentions de vote (Equateur et Bas-Congo). Le parti du Chairman a perdu les deux Kasaï et une large part de la Capitale Kinshasa.

Le Parti Lumumbiste Unifié PALU apparaît à la quatrième position, 4%. Déstabilisé par Mme Thérèse Pakasa, il doit faire face dans le Bandundu à la vague politique du P.A, le Parti pour l’Action. Le PALU est au coude à coude avec le PPRD qui ne recrute plus et doit faire face à un réel problème de casting.

D’autres partis politiques de cette génération sont inexistants sur le terrain. On entend parler d’eux que dans des querelles de leadership.

«Dans les nouveaux partis, on enregistre un fort regain de popularité et le taux d’abstention est de 48%», à en croire l’enquête. Si le tribalisme demeure le vecteur principal dans le choix des partis de la première catégorie, la deuxième, n’en est pas épargnée pour autant par ce virus dans le recrutement de ces mobilisateurs.

Mais ces nouveaux partis sont plus visibles que les vieux partis. Tel le cas du parti SCODE du ministre honoraire Jean-Claude Muyambo Kyassa.

Ce parti paraît s’implanter dans toutes les provinces du pays et réalise 11% d’intentions de vote.

Le SCODE est immédiatement suivi par le Parti pour l’Action du Député Professeur Tryphon Kin-kiey Mulumba. à la différence du SCODE, le P.A n’est pas implanté sur tout le pays mais récolte des intentions de vote élevées dans le Bandundu où il a réussi à séduire l’ancien électorat du PALU. «à Kinshasa, ses membres se recrutent à l’Est de Kinshasa dans la Tshangu mais aussi dans le Bas-Congo. Très structuré, ce parti dit académique, récolte 8% d’intentions de vote globales», à en croire l’institut Les Points. «Le MPCR arrive en troisième position avec 5%, propulsé par l’affaire de riz contaminé et certaines interventions opportunes de son président Jean-Claude Vuemba. Juste après le MPCR arrive le MSR avec 4%. Ce parti fortement implanté à travers tout le pays semble cependant perdre de son souffle».

DES POLITICIENS DE R-DC, de A à Z.
Dans le palmarès de popularité des personnalités politiques, la plupart dans les provinces tirent leur popularité dans des souches tribales plutôt que dans leurs partis politiques. C’est le cas de leaders politiques très peu influents, réduits dans leurs secteurs d’origine. C’est ce qui justifie les guerres de leadership dans les Assemblées et gouvernements provinciaux.

Une autre catégorie de leaders, bien qu’ayant des bases tribales, est aussi adoptée sur l’étendue des provinces grâce à un travail de terrain.

Pour besoin de visibilité, ils sont classés selon le résultat obtenu bien que chacun ait été testé dans sa province d’origine. Ont été retenus sur cette liste, les politiciens dont la cote est égale ou supérieure à 10%.

En ordre décroissant, le Kasaï Oriental arrive en première position avec, étienne Tshisekedi (54%) comme le politicien le plus populaire de sa province suivi de Moïse Katumbi Chapwe (53%) du Katanga, dont le sponsoring sportif ainsi que les actions sociales font de lui l’homme le plus en vue de sa province. à quelque chose malheur est bon, dit-on. Jean-Pierre Bemba Gombo connaît une montée en flèche dans sa province d’origine, l’équateur qui le considère comme victime d’un «complot politique». Il fait 52% à l’équateur où il est clairement insubmersible.

Surnommé «Ande delo» (si ce n’était pas lui?) en dialecte kingongo, Tryphon Kin-kiey Mulumba (Ya Kala en Mbala, Bakala Ya Ngolo en Kikongo) fait mouche dans le Bandundu. Selon des enquêtés, il est «la révélation du Cinquantenaire dans le Bandundu. Dans notre province, nous n’avons jamais vu un homme politique si proche de la population depuis l’Indépendance de notre pays». Il réalise 41% de cote de popularité.

Là où on attendait Alexis Thambwe Mwamba, c’est Barnabé Kikaya Bin Karubi qui consolide sa popularité dans le Maniema. Il est propulsé par la coalition des tribus «Zimba» à Kasongo où il est considéré comme le Moïse. Ce facteur fait de lui le politicien le plus populaire de sa province avec 37%.

Bien que silencieux vis-à-vis de ses électeurs depuis son éviction du perchoir, l’ombre de Vital Kamerhe (34%) plane encore sur le Sud Kivu. Pius Mwabilu Mbayu (31%), l’élu de Mont Amba continue son chemin dans la ville de Kinshasa suivi du député provincial Martin Fayulu.

Les actions du sénateur Jacques Mbadu (Bas-fleuve) font de lui l’homme le plus en vue de la province du Bas-Congo. Il étend son influence au sein de l’église catholique où ses dons sont très appréciés par fidèles et prêtres.

Dans le Kasaï Occidental, l’on assiste à une forte montée de leadership des politiciens. La province vit une rivalité sans précédent entre deux MLC (Delly Sessanga Hipungu Djo et Alex Kande Mupompa) et le PPRD Claudel Lubaya. Par contre, les querelles tribales enregistrées dans la province Orientale ne favorisent pas l’émergence d’un leadership fort même si Jean Bamanisa Saïdi apparaît comme un personnage très respecté.

L’INSTITUT LES POINTS.
lesoftonline.net 07/04/2010

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