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 Le Pasteur Paul Diakiesse lors de son témoignage. LE SOFT NUMERIQUE.
«Le Soft, un journal qu’on conserve», explique le pasteur Paul Diakiesse
MISE EN LIGNE 05 AVRIL 2010 | LE SOFT INTERNATIONAL N°1037 DATÉ 15 MARS 2010.
Je suis journaliste mais je ne suis pas ancien du Soft. J’avais souhaité y être mais cela n’a pas été possible… Ici je suis venu témoigner comme lecteur. Je ne dirais pas que je suis un grand lecteur, car il y a dans la salle ceux et celles qui, comme moi, lisent le Soft. Cependant ma particularité est de n’avoir jamais manqué un numéro du Soft. De la première édition Finance ayant titré à la une sur la Banque du Zaïre à l’époque à la dernière édition de cette semaine consacrée sur Jean Pierre Bemba.
Bien Aimés, la lecture du Soft est particulière. Lorsqu’on achète le Soft avec cinq autres journaux - je vous invite à faire l’expérience ce lundi car le Soft va paraître - on fait un effort de lire d’abord rapidement les cinq journaux et on garde le Soft pour la maison ou à un endroit posé, car le Soft ne se lit pas debout, ou en marchant ou encore en travaillant. Non, le Soft se lit assis, en culotte, lentement mais sûrement. C’est un media très très froid. Je l’appelle ainsi… Et, en plus, après la lecture du Soft on ne le jette pas, on le garde. Pourquoi? Mais parce que le Soft contient des données toujours importantes qui constituent un ensemble d’informations que l’on peut utiliser ultérieurement. Lorsque vous parcourrez des parchemins dans nos universités, vous allez vous rendre compte que le Soft est le journal congolais le plus cité. Mais alors, bien Aimés pourquoi j’aime lire reguliérement le Soft?
Cela pour trois raisons fondamentales:
D’abord, un jour j’ai vu le professeur verser des larmes. En effet, en 1991, Tshisekedi venait d’être nommé Premier ministre par le Maréchal Mobutu. Le jour de la prestation de son sermentn il biffe une phrase et après, Mobutu revient sur sa nomination et somme Tshisekedi de revenir sur cet acte. Le Leader Maximo refuse et est finalement écarté de la Primature. Et ceux qui ont vécu à Kinshasa, à ce moment là, savent qu’il y avait ce qu’on appelait la presse rouge et le Soft n’était pas rouge. Il ne titrait pas exclusivement pour l’opposition. Curieusement après cet incident, le Soft titre: quel gâchis?
Dans son édito de ce jour, le Prof explique, en effet que l’acte posé par Tshisekedi est grave de conséquence. Il poursuit en disant que Tshisekedi est l’alternance par excellence pour les Congolais. Il est l’espoir absolu du peuple congolais. En refusant de gouverner, les conséquences seront incalculables. Avec cet acte, l’avenir du pays est incertain, le risque est que le Zaïre soit précipité entre les mains des gens qui viendront on ne sait d’où. Là, le Prof était prophète puisque nous connaissons la suite… Et le lendemain, je rencontre le Prof à l’ISTI. Je lui dit mon étonnement de constater qu’il peut aussi titrer sur Tshisekedi. Et il me dit: «Monsieur l’abbé - parce que il croyait que j’étais abbé alors que moi je suis pasteur -, il me dit: je ne suis ni politicien ni militant, je suis journaliste».
En parlant de cet article j’ai vu des larmes dans ses yeux et moi aussi j’ai été contaminé tellement que c’était émouvant.
Deuxièmement, j’étais pasteur à Lemba et je devais bénir un mariage. Dans le cadre de la préparation du couple, j’attendais le fiancé toujours absent et en posant la question à la fiancée sur le lieu où se trouvait son fiancé, elle me dit que celui-ci est obligé de vivre en clandestinité. Pour cause, il est du Soft et distributeur de ce journal devenu international car le Prof vivait en exil. Le pouvoir de l’époque ayant très mal apprécié un papier décida d’arrêter Raph Kidimbu. Je crois peut-être qu’il est dans la salle. Le jour du mariage arriva. Enfin, le concerné sortit du cachot est venu pour la cérémonie nuptiale. Très ému, à la place de la Bible, j’ai prêché à l’aide du Soft en relatant ce que le Prof avait écrit - depuis l’Europe - autour de l’arrestation et de la clandestinité de Kidimbu, l’heureux marié de ce jour là. En tant que pasteur, ce fut passionnel.
Troisièmement, nous sommes à Sun City. Pendant le dialogue intercongolais. Le Soft sortit et publia à la une: Dialogue inter-congolais du surplace!
Dans son édito, le Prof souligne que pourquoi encore dialoguer pendant que la Conférence nationale souveraine avait tout fait. Cette rencontre, avait poursuivi le Prof, était une occasion où des sommités du Zaïre avaient pris des resolutons vitales et que le cadre pour un pays prospère était balisé.
Pourquoi encore ce dialogue, c’est du surplace pour ce pays qui ne fait que consolider son retard car qui n’avance pas recule. Comme autrefois, j’ai parlé avec le Prof, présent au Dialogue intercongolais. En parlant avec lui, j’ai vu encore ses larmes couler. De là, j’avais la nette conviction que le Prof écrit d’abord pour lui-même. Il fait parler son cœur. Il ne fait pas de la propagande. Je me considère toujours comme un étudiant qui apprend auprès de son professeur lorsque je découvre le Soft à chaque lecture.
Pour tout cela je ne vois pas qui peut me séparer de l’amour que je porte pour Le Soft.
Professeur, mes sincères félicitations.
| Paul Diakiese, Pasteur. |
lesoftonline.net 05/04/2010
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