La brutale disparition de l'ambassadeur Tshimbalanga

La mort brutale de Tshimbalanga

Depuis l'arrivée de Kabila au pouvoir à Kinshasa, beaucoup de compatriotes qui avaient antérieurement exercé de hautes fonctions ne cessent d'être victimes de tracasseries de tous genres perpétrées par les différents services de sécurité qui cherchent à les exproprier de leurs biens.

C'est le cas de S.E Monsieur l'ambassadeur Tshimbalanga Simon-Pierre Shala Dibwe, décédé à Kinshasa en date du 13 mai 1999 des suites d'un traumatisme psycho-pathologique découlant des harcèlements réguliers des fonctionnaires de l'Agence nationale des renseignements, Anr. De retour dans son pays, le Congo, après avoir pris sa retraite en 1985 au terme d'une longue carrière diplomatique, M. Tshimbalanga vivait de ses rentes ainsi que ses activités commerciales dont la principale était une boulangerie sise place commerciale de Limité à Kinshasa. Mais des fonctionnaires de l'ANR se présenteront de nombreuses fois à son domicile dans le but de lui ravir l'établissement. Usant de faux certificat d'enregistrement, ils finiront par l'amener à l'évidence : sa boulangerie allait changer de main. Choqué par la violence de cette expropriation que rien ne justifiait, il s'enfoncera dans une crise psycho-pathologique aiguë qui le fera chuter dans un coma de cinq jours au terme duquel il rendra l'âme. La disparition tragique de S.E Monsieur l'ambassadeur honoraire Tshimbalanga, comme de beaucoup d'autres personnalités congolaises montre à suffisance comment les citoyens congolais qui ont rendu des bons et loyaux services à la Nation subissent pressions et tortures morales de la part du régime en place à Kinshasa.
Né le 31 mars 1927 à Demba dans la province du Kasaï Occidental, feu Tshimbalanga a fait ses études secondaires au séminaire de Kisantu au Bas-Congo et l'université à Lovanium/Kinshasa, études qu'il parachève à l'Université de Liège en Belgique où il décroche une licence en Sciences diplomatiques et consulaires. Dès lors s'ouvre une brillante et longue carrière de diplomate. Il est en 1962 le premier directeur du Département des organisations internationales au ministère des Affaires Étrangères. Il devient ambassadeur successivement au Burundi (1966-1969), en Suisse (1969-1972) à Genève auprès des institutions spécialisées de l'ONU et à Berne auprès du Gouvernement helvétique, au Canada (1972-1976), en Italie auprès du Saint-Siège (1976-1985.) Toute sa vie, M. Tshimbalanga Simon-Pierre Shala Dibwe n'a cessé de se montrer homme intègre et digne dans son travail ne prônant que droiture et justice. Grand croyant et catholique convaincu, il fut un bon gestionnaire. Partout où il est passé, il a laissé une image de marque et a fait l'honneur de son pays. Ce fut un homme très ouvert et social face à ses compatriotes comme face aux communautés africaines et occidentales. Il laisse une veuve de son second mariage (sa première épouse étant décédée bien avant) ainsi que sept enfants.

Philippe TSHIMANGA TSHAKABISHI