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Le commandant
Ondekane s'est mis à l'écoute des autres
LE commandant Jean-Pierre Ondekane a passé
les fêtes de Noël et de Nouvel an en Europe et bien
malgré lui. Parti de Goma mi-décembre pour une
mission d'une semaine à l'étranger où il
était "l'invité d'un groupe d'amis congolais",
il a été terrassé, épidémie
de grippe qui ravage l'Europe oblige ! - par une méchante
grippe qui l'a contraint de garder sa chambre pendant une dizaine
de jours. L'an 2000, Ondekane l'a vu arriver dans son lit, incapable
de bouger, le service médical lui ayant conseiller un
strict suivi. Cela ne l'a pas empêché d'accomplir
sa mission, au prix d'une rallonge de séjour. Dans l'interview
qu'il a accordée au magazine belgo-africain Nuances, n°10,
daté 15 janvier-15 février 2000, il déclare
en effet ce qui suit : "Notre lutte va bientôt totaliser
deux ans. Au lendemain de la signature de l'Accord de paix de
Lusaka, que j'ai personnellement signé, et de la mise
en place du cessez-le-feu qui en découle, qui connaît
des difficultés d'application sur le terrain, il était
utile de prendre des contacts avec des milieux, nationaux ou
étrangers, qui nous comprennent et appuient notre lutte.
Il s'agissait d'être à l'écoute, d'expliquer
où nous en sommes dans cette lutte et comment nous voyons
les choses, en ce qui concerne. La Belgique, dans ce cadre, peut
et doit jouer un rôle dans l'application de l'accord de
paix. Elle pourrait le faire dans le cadre de l'Europe, dont
elle est membre ou dans le cadre de la communauté internationale."
Prié de donner son point de vue sur "un Front commun
rebelle qui vient de voir le jour à Kabale et sur ce que
l'on peut en attendre au plan militaire", le 1er Vice-président
du Rassemblement congolais pour la Démocratie et chef
du Haut Commandement militaire, a fait savoir que son Mouvement
a "toujours prêché la vertu de l'union. Nous
n'avons jamais été pour la division, ni pour l'exclusion
d'aucune sorte et d'aucun Congolais. Nous avons toujours pensé
qu'unis, nous serons plus forts encore, plus crédibles
et nous constituerons de ce fait une alternative encore plus
valable. Se présenter en ordre dispersé devant
l'ennemi qu'est Kabila c'est faire son jeu et, partant, faire
courir au pays le risque d'une somalisation que personne ne peut
permettre ou envisager. Si nous sommes unis, nous serons en mesure
d'aller vite et donc d'atteindre plus rapidement encore les objectifs
de la lutte. Je crois que tout effort pour ou vers un front commun
de la rébellion doit avoir pour finalité la mise
sur pied d'une armée commune."
Sur les troupes zimbabwéennes bloquées à
Ikela, le commandant Ondekane a dit ce qui suit : "le Zimbabwe,
qui est l'allié principal de Kabila, a décidé
de rompre le cessez-le-feu que nous, de notre part, étions
en train d'observer. Le Zimbabwe voulait libérer, par
la force, ses soldats encerclés sur l'aéroport
de Ikela, par nos hommes depuis huit mois, soit avant la signature
de l'Accord de Lusaka. Or, cet Accord prévoit qu'après
sa signature, il ne doit plus y avoir de mouvements de troupes
ni de ravitaillement de troupes, en munitions ou en armement.
Le Zimbabwe et Kabila ont donc violé l'Accord de Lusaka
en attaquant nos positions à Bokungu sur l'axe qui conduit
vers Ikela. À plusieurs reprises, nous avons dénoncé
ces violations massives. Nous n'avons pas été entendus.
La JMC et la communauté internationale restent insensibles.
Aujourd'hui, bien malgré nous, nous nous battons pour
nous défendre, à Bokungu, à Ikela et à
Mondombe. Kabila et ses alliés avaient juré, vous
le savez, de reconquérir tout l'Est du pays avant le 31
décembre dernier et d'amener la guerre aux portes de Kigali
et ce, malgré l'Accord de Lusaka qu'ils avaient librement
signé. Nous ne pouvons quand même pas laisser Kabila
et ses alliés venir nous décimer aussi impunément.
L'Accord de Lusaka est certainement, actuellement, en très
mauvaise posture à la suite de ces violations par Kabila.
Au lieu de faire pression sur nous, nous demandons que la communauté
internationale fasse pression sur Kabila." À ses
compatriotes congolais et aux ressortissants du Continent, Ondekane
a lancé "un appel à l'unité de tous
pour combattre la dictature et donner sa chance à notre
pays et à la région toute entière d'aller
vers la modernité et de tourner le dos à l'archaïsme."
Le Congo, a-t-il dit, joue le rôle de locomotive en Afrique.
"Qu'il se porte bien, il entraîne le reste du continent
dans son élan de prospérité. Qu'il se porte
mal, comme c'est le cas aujourd'hui, il entraîne tout le
reste dans l'effondrement. C'est à une responsabilité
pleine et entière que j'appelle les Congolais, tous les
Congolais, les Africains, tous les Africains à aider ce
pays à se redresser. Il faut que les Congolais et les
Africains comprennent le sens de notre lutte et se mobilisent
pour libérer ce pays de la dictature afin que la paix,
la sécurité et le développement deviennent
réalité aussi bien au Congo que dans la région
et dans le reste du Continent."
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