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La chute annoncée
de Mbuji-Mayi donne
lieu à des combats d'une très rare violence
La PRISE annoncée par les rebelles congolais chaque
jour comme imminente de la ville de Mbuji-Mayi, principal centre
économique et minier du régime de Kinshasa et qui
fournit l'argent nécessaire à la poursuite de la
guerre par son diamant, donne lieu, depuis février-mars,
à des combats d'une rare violence.
Le régime de Kinshasa estimant que la chute de Mbuji-Mayi
signifierait la fin de la guerre, a constitué un véritable
verrou en amassant par milliers des Interhamwe, d'anciens soldats
rwandais ex-Far et des soldats de l'armée zimbabwéenne
mais les combats engagés à Eshimba et à
Lubao comme plus récemment à Lodja montrent la
grande faiblesse de l'alliance pro-Kabila qui est chaque fois
défaite par la puissance de feu et la détermination
de la rébellion. À Eshimba, des équipes
de journalistes dépêchés par l'état-major
rebelle ont ainsi vu plusieurs dizaines de cadavres de soldats
zimbabwéens jonchant les alentours du petit village, où
ils ont été tués. Les corps gonflés
et défigurés sont vêtus d'uniformes zimbabwéens.
La plupart des victimes ont été tuées par
des explosions. D'autres portent des blessures par balles. "Il
y a eu plus de dix heures de combats directs et puis, après,
il y a eu le pilonnage de ceux qui s'enfuyaient", explique
un commandant des soldats du RCD (Rassemblement congolais pour
la Démocratie), Simon Mutombo. Eshimba, contrôlée
par la rébellion depuis le 14 mars, est située
à 40 km à l'est de la ville de Kabinda, elle-même
à environ 1.000 km au sud-est de Kinshasa. Le village
se trouve à 5 km de la ligne de front. Disséminés
dans les hautes herbes de la savane, les corps pourrissent. Les
rebelles n'ont pas pu les enterrer "à cause des avions
qui patrouillent presque chaque jour", ajoute le commandant
Mutombo. Sur le champ de bataille, l'odeur de putréfaction
est insupportable. Les troupes zimbabwéennes, tombées
dans une embuscade, semblent avoir été prises par
surprise et s'être repliées en désordre.
C'était trop tard. Quatre-vingts soldats zimbabwéens
et 120 extrémistes hutus rwandais Interhamwe ont été
tués, indique une source rebelle. Selon un prisonnier,
le caporal Godfrey Kuseka des forces armées zimbabwéennes,
"nous avancions, éclaireurs et gros des forces quasiment
en même temps. Quand nous avons vu tous ces buissons, nous
nous sommes dit que c'était un bon endroit pour une embuscade.
Il était déjà trop tard." Blessé
au bras par une balle, le caporal Kuseka regrette d'avoir été
envoyé en R-dC. "J'aurais préféré
passer toute ma vie au Zimbabwe, comme tout le monde", lance-t-il.
Derrière lui, les corps de ses camarades zimbabwéens
ont été dépouillés de tout ce qui
pouvait être utile aux forces rebelles : gilets à
poches, munitions et armement. Le major Steven Madzokere, commandant
du 32ème bataillon zimbabwéen, a également
été tué comme en attestent les documents
et la carte d'identité qu'exhibent les rebelles. La rébellion
a également neutralisé quatre véhicules
blindés dont deux chars de types M-20 de fabrication allemande,
un char fabriqué au Brésil équipé
d'un canon de 90 mm et un blindé léger équipé
d'une mitrailleuse anti-aérienne de 14,5 mm, a constaté
l'AFP. D'autres armements ont été entreposés
un peu plus à l'arrière, à l'abri des attaques
aériennes. Un avion de combat zimbabwéen de type
Mig a été abattu au-dessus d'Eshimba, ont indiqué
à l'AFP des sources militaires rebelles. "L'avion
a été abattu alors qu'il tentait un raid sur nos
positions", a indiqué le major rwandais Denis, ajoutant
: "Un autre appareil a bombardé le village, détruisant
une maison, mais il n'y a pas eu de victimes." Deux cratères
de bombes sont visibles au centre du village, à proximité
de la voie principale, a constaté le journaliste. Une
maison de brique et de chaume a été détruite,
suite à la déflagration. La localité d'Eshimba,
précise le major Denis, "constitue le point le plus
avancé avant le front où sont massées les
forces ennemies, essentiellement des Zimbabwéens, des
Interhamwe et des FAC" (soldats des Forces armées
congolaises, ceux-ci peu portés à se battre.)
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