Le Général-Major Paul Kagame s'adresse à 500 cadres congolais

Texte inédit

Cinq cents cadres parmi lesquels des professeurs d'Université, des médecins, des étudiants, des chefs de localité, un maire de la ville, tous présents à Kigali, dans l'une de ses banlieues, sur l'une de ses collines qui abrite le camp militaire Kami. Nous sommes le 17 novembre 1999. Depuis environ deux mois, tous suivaient une formation politico-militaire dispensée par des responsables rwandais dans le cadre d'un programme d'échange initié par le Département de la Mobilisation et de la Propagande du Rassemblement congolais pour la Démocratie et dont une première amorce avait déjà eu lieu en avril dans les environs de Goma. Le moment du pass out du groupe de Kami était venu. Une délégation de haut rang était arrivée la veille de Goma, conduite par le 1er Vice-Président du RCD, le commandant Jean-Pierre Ondekane, chef du Haut commandement militaire. Elle comprenait trois chefs de Départements : celui de la Sécurité et des Renseignements, le Dr Bizima Karaha, celui de la Mobilisation, Propagande, Jeunesse et Sports, M. Lambert Mende Omalanga et celui de la Communication et Culture et porte-parole du Mouvement, le Professeur Kin-kiey Mulumba. Elle comprenait aussi le chef d'état-major général de l'ANC, Armée Nationale Congolaise, le commandant Ilongo Hugo Ibos. Le FPR, Front Patriotique Rwandais, avait délégué tout son état-major, conduit par le Secrétaire général, le Professeur Charles Muringande. Tout ce beau monde avait pris place sous une tente de fortune avant d'être rejoint une heure plus tard par le Général-Major Paul Kagame, habillé très simplement en chemise-pantalon comme c'est très courant ici. Depuis trois heures déjà, les cinq cents politico-militaires congolais, en bottes et treillis, chantaient et dansaient à la gloire de la coopération régionale. Le "Ndombolo" était là, très apprécié, demandé à l'infini. On se à Kinsuka.

"Jamais l'idée d'annexer le Kivu n'a effleuré l'esprit des Rwandais", déclare-t-il
Ci-après le discours du Général-Major et Vice-Président du Rwanda, Paul Kagame. Prononcé en swahili, langue parlée dans la partie est du pays et dans toute la région orientale du continent, le Soft International a fait traduire ce texte resté inédit, en respectant son authenticité.

"Excellences Messieurs les Dirigeants du FPR,
Excellences Messieurs les Ministres Rwandais,
Excellences Messieurs les Dirigeants du RCD,
Excellences Messieurs les Séminaristes,
Distingués Invités,"

"Je suis très heureux d'être parmi vous aujourd'hui et je vous remercie pour tout le temps que vous avez mis à suivre la formation qui vous a été dispensée, et qui vient de se clôturer. Je vous remercie une fois encore et je vous salue."
"Ici chez nous, dans notre pays c'est la joie de vous recevoir parce que nous considérons les Congolais non pas seulement comme des amis comme on l'entend souvent, mais surtout comme nos frères. Vous êtes nos frères comme je le dis et quand nous vous recevons chez nous, vous n'êtes pas des visiteurs, vous êtes chez vous ici." "Et quand vous êtes avec un frère, vous partagez avec lui tout ce que vous avez. Les frères, ce sont ceux-là qui partagent ce qu'ils ont. Vous vous trouvez ici chez-nous, chez vous, pour un but essentiel : celui de la formation. Les frères doivent partager ensemble beaucoup de choses, notamment dans le domaine politique. Or, vous savez, tous les conflits qui éclatent en Afrique sont du domaine de la politique, proviennent de la mauvaise gouvernance politique. Et quand la gestion et la politique du pays sont mauvaises, tout se désintègre. J'y reviendrai peut-être plus tard avec plus de détails. Je pense qu'à travers cette session de formation que vous venez de suivre, vous êtes peut-être parvenus à découvrir un ennemi. C'est bon en politique et en gestion du pays de connaître son ennemi. Ainsi que vous le savez, beaucoup de gens ne parviennent pas à découvrir leur ennemi. On remarque un ennemi par sa pensée et par ses actes. La pensée et les actes font d'un homme un ami ou un ennemi. Il y a d'autres choses qui peuvent vous permettre d'identifier un ennemi - et on ne le sait pas toujours."

"Par exemple la pauvreté. La pauvreté est un ennemi; elle est notre ennemi à nous tous. Parce que si vous êtes pauvre, vous n'avez pas tout ce dont vous avez besoin. Les gens meurent à la suite de la pauvreté et parce que les gens meurent de pauvreté, celle-ci est un ennemi. De ce fait, l'homme qui apporte la pauvreté est un ennemi. Ainsi, on peut découvrir son ennemi à partir de cela."

"La maladie. La maladie qui tue les gens, surtout celle que l'on aurait pu prévenir et guérir, est un ennemi. La mauvaise gestion est un ennemi. De ce fait, les dirigeants qui l'occasionnent sont des mauvais dirigeants; ils sont des ennemis. Je remercie ceux qui ont pris la parole avant moi. Ainsi, en est-il du séminariste qui s'est exprimé avant moi et du Premier Vice-Président du RCD. Ils ont parlé de choses sérieuses. Et je crois qu'il faut mettre fin à la spéculation qui fait souvent suite à l'ignorance."

"Premièrement, je pense que vous avez entendu comment on parle des Rwandais. Ainsi, on dit : que cherchent les Rwandais au Congo? On les présente comme des ennemis des Congolais; qu'ils sont venus piller les richesses du Congo et que dire encore! Il nous faut nous arrêter et réfléchir."

"À supposer que le Rwandais soit vraiment l'ennemi du Congolais, le problème est de savoir pourquoi le Rwandais est devenu l'ennemi du Congolais. C'est-à-dire qu'il doit y avoir une raison qu'il faut rechercher et découvrir. Mais ce qui fait souvent défaut, c'est la bonne politique, une politique comprise par tout le monde, une politique qui peut permettre aux gens de découvrir leur ennemi."

"La richesse du Congo : cette richesse n'a aucune importance tant qu'elle ne bénéficie pas à la population congolaise. Si elle ne satisfait pas aux besoins du peuple congolais, cette richesse ne sert à rien et ainsi, il faudra unir nos efforts afin que cette richesse revienne aux Congolais. Il est également inadmissible d'avoir de la richesse qui n'est pas gérée par des dirigeants valables, ceux qui savent que cette richesse doit servir l'intérêt des Congolais. Bien souvent, suite à la mauvaise gestion, on rencontre des dirigeants qui s'emparent des richesses du pays. Ils créent un esprit tel dans la société que personne ne s'autorise à poser la moindre question concernant les richesses du pays. Ceci nous amène à dire que la politique du pays doit amener les dirigeants à comprendre les besoins des citoyens. Les citoyens doivent très bien savoir que les dirigeants sont en place pour satisfaire leurs besoins. Les dirigeants qui s'approprient de richesses du pays au détriment de la population n'ont aucune raison d'être."

"Il y a peu de temps, je me trouvais en Europe. Là, j'ai rencontré des Blancs qui voulaient savoir pourquoi le Rwanda a vidé la richesse du Congo. Ils n'ont eu aucune chance car ils se trouvaient devant un homme qui connaît l'Europe. Je leur ai demandé de regarder autour d'eux et leur ai posé à mon tour la question : "n'est-ce pas que cette ville a été construite par les richesses du Congo?" À un autre, j'ai dit : savez-vous que là où vous habitez se trouve la richesse du Congo ? Quand vous étiez en train de piller cette richesse du Congo, pensiez-vous aux Congolais? Sont-ce les Congolais qui vous ont offert cette richesse ou vous l'avez prise de force, oeuvre que vous poursuivez d'ailleurs encore aujourd'hui?"

"Sur ces richesses du Congo, j'ai dis à ces frères-là que moi, je pense aux Congolais parce que nous combattons ensemble. Rwandais et Congolais tombent ensemble sur le champ de bataille pour rechercher la paix au Congo afin que les Congolais profitent de leurs richesses. Mais ces Blancs, eux, n'ont pas osé faire cela. Ils ont refusé de mourir pour les Congolais."

"Enfin, pour couper court, je leur ai dit qu'ils n'avaient aucune raison de me poser une telle question.Étant donné les cruautés qu'ils ont perpétrées au Congo, tout au long de leur histoire passée et récente, ils n'avaient de leçon à donner à personne, ni aux Rwandais, ni à d'autres Africains qui acceptent de mourir pour aider le Congo à s'assumer et à se redresser, à agir ensemble en faisant revenir la paix dans le pays, dans la région afin qu'ensemble, la région se développe. Par toutes les voies : politique, commerciale, etc., cela devait être la première préoccupation. La paix d'abord; ensuite le développement. Et ce développement doit être l'objectif de tout le monde."

"Il y a des gens qui pensent que le Rwanda cherche à s'approprier d'une partie du sol congolais. Même si le Rwanda était à ce point mal intentionné, cette oeuvre serait impossible à mener; elle serait périlleuse! D'ailleurs, pourquoi s'approprier d'une partie du Congo? Pourquoi les gens pensent que le Rwanda cherche à récupérer le Kivu? Pour l'amener où? Le Kivu c'est le Rwanda du Congo. Le Kivu est pour les Congolais. Le Rwanda c'est le Rwanda. Mais comment notre voisin est devenu ce qu'il est aujourd'hui, soit le Congo, et comment le Rwanda est devenu le Rwanda, cela est une autre histoire. Mais nous voyons plutôt les choses telles qu'elles sont, en fonction de la politique et du développement que connaissent beaucoup de pays actuellement. Aujourd'hui, il n'y a aucune raison de penser qu'un pays puisse s'emparer d'un autre. Mais si les gens pouvaient pousser plus loin leur réflexion, peut-être aborderait-on des aspects liés à la convivialité. Par exemple, la douane. La douane ne servirait à rien si nos pays poursuivaient les mêmes objectifs. Dans l'entente mutuelle des peuples, on se passerait bien de la douane. Je pense que vous me comprenez! Une politique de bon voisinage et la compréhension mutuelle des peuples peuvent rendre la douane caduque."

"Je m'explique : si les populations se rendent visite, si elles échangent ensemble, si la sécurité est garantie, traverser la frontière sans une pièce d'identité ne serait qu'un petit problème pour l'intérêt des deux pays voisins. Le Rwandais qui cultive le maïs, le haricot, la pomme de terre ou celui qui élève les vaches peut se rendre au Congo pour écouler ses produits auprès des Congolais qui en ont besoin. Le Congolais qui a de quoi vendre au Rwanda peut s'y rendre à l'aise. Tout cela est possible; que les gens se rendent visite réciproquement dans la joie comme des frères, la frontière n'a aucune raison d'être. Cela ne veut pas dire que le Rwanda a violé le Congo ou qu'il cherche à en faire le Rwanda, cela est stupide. Cela est une mauvaise politique. Ce qui est vrai, par contre, c'est que la cohabitation est importante. Même, s'agissant du marché, le marché du Rwanda peut appartenir au Congo : c'est ça, l'essentiel. L'avion peut quitter le Rwanda et se rendre directement au Congo; du Congo, il peut se rendre directement au Rwanda. Nous devons donc aller vers la cohabitation. Ceux qui critiquent donnent à penser que nous sommes encore en retard face aux Européens qui se sont déjà unis. Les Européens ont créé une seule entité, vous la connaissez : c'est l'Union Européenne qui compte quinze pays et ils envisagent d'en augmenter le nombre. L'objectif est d'aller vers la création d'un seul État. Pour eux, la douane n'a plus aucune importance. Dans l'Union Européenne, il y a des petits comme de grands pays et chaque pays a sa part dans cette organisation. Déjà, ces quinze pays forment, dans plusieurs domaines, un seul État. Quand vous vous rendez dans une ambassade de ces quinze pays et qu'on vous y octroie un visa, ce visa vous ouvre les portes de tous les pays membres de l'Union."

"Mais dans nos pays, on ne souffre pas seulement de la misère et de la pauvreté; on peut même se battre pour passer d'un pays à l'autre alors que nous n'avons même pas des frontières. Vous connaissez tous la douane de nos deux villes de Gisenyi et de Goma. Vous la connaissez sûrement. Vraiment, si vous voyez les deux villes, Gisenyi et Goma, elles sont comme une seule et même ville. Mais pour que Ondekane passe ce que l'on appelle la grande barrière, on lui pose plusieurs questions : où allez-vous? Que cherchez-vous? Avez-vous des pièces d'identité? C'est surprenant! Est-ce vraiment cela le développement dont je vous parle?"

"Le développement c'est pour les Européens qui y trouvent tout leur intérêt. Mais nous, ils ne veulent pas que nous allions au développement. Ils se sont organisés ensemble jusqu'à utiliser une seule monnaie : l'Euro. Mais nous, nous continuons à nous entre-tuer pour rien. Nous nous combattons pour un lopin de terre sans aucune richesse."

"Alors, à la suite de tout ce que je viens de dire, je pose la question : qui est notre ennemi? Notre ennemi, qui est-il maintenant? Qui est l'ennemi du Congolais? Comment le Rwandais peut-il être devenu brusquement l'ennemi du Congolais? Les choses sont ce qu'elles sont : si vous vous rendez au Congo, vous trouverez des Rwandais qui sont en même temps des Congolais. C'est la même chose quand vous vous rendez dans d'autres provinces du Congo : à Gbado-Lité, dans la province de l'Équateur, vous trouverez des Congolais en provenance de la Centrafrique. Vous trouverez des Centrafricains en provenance du Congo. Au Bas-Congo, il y a des Congolais qui se trouvent en Angola et au Congo-Brazzaville. Au Katanga, à la frontière de la Zambie c'est le même phénomène : des Congolais de par et d'autre de la frontière et vice-versa. Mais nous, nous tournoyons et racontons n'importe quoi."

"Pourquoi ne pas prendre les choses telles qu'elles sont pour l'intérêt de nous tous? Pourquoi le Zambien doit-il combattre le Congolais, le Rwandais? Pourquoi un Brazzavillois doit-il combattre un Kinois? La raison de tout cela n'est rien d'autre sinon la mauvaise politique qui conduit à ne pas découvrir son ennemi. Ainsi qu'Ondekane et d'autres l'ont dit avant moi, ici chez-nous au Rwanda, nous avons connu le génocide."

"Savez-vous pourquoi les gens ont trouvé la mort par le génocide? Si vous y réfléchissez un peu plus, vous verrez que les gens ont été tués sans raison et ont été comme frappés par une maladie. C'est comme le cancer. Il fallait tuer parce que tel appartenait à telle ethnie. Nos dirigeants, qui se disaient intelligents, ont trouvé qu'il y avait des ethnies différentes au Rwanda. Mais il n'y a eu personne pour se poser la question de savoir pourquoi ces ethnies différentes ne vivent pas ensemble dans leur pays. Pourquoi doivent-elles se combattre et s'entre-tuer? Quel en est l'intérêt? Ces dirigeants qui se disaient intelligents, qui ont lu beaucoup de livres en Europe, ont clamé haut et fort que ce sont les Bahutus qui sont les premiers habitants du Rwanda, les Tutsis ne sont arrivés ici que plus tard. Alors, même si cela est vrai, qu'est-ce que cela peut vouloir signifier? Ceux qui sont arrivés avant et ceux qui sont arrivés plus tard ne sont-ils pas tous des êtres humains, qui ont découvert que le pays leur appartient à eux tous? Si vous avez rejoint ce pays le premier : d'où veniez-vous et où alliez-vous? Est-ce pour cela qu'il faut tuer l'autre parce qu'il est arrivé après vous? Est-ce cela la politique? Si c'est cela la politique, alors, il s'agit d'une mauvaise politique qui nous a conduit à toutes ces guerres atroces et contre lesquelles nous combattons. Et c'est infiniment nécessaire que nous combattions ces guerres parce que si nous ne parvenons pas à le faire, les gens vont continuer à mourir."

"Pour cette région, plus d'un million de personnes ont trouvé la mort et ces dirigeants étaient toujours là, devant la population, en train de se vanter. Des dirigeants qui ont conduit le pays au génocide. Ils étaient toujours là, devant le peuple pour se proclamer dirigeants. Alors, si vous ne combattez pas ces guerres, laquelle allez-vous encore combattre? Il faut se battre afin que les autorités ne conduisent pas le peuple dans un autre génocide. Il ne faut pas se battre pour se battre. Il faut se battre quand il y a une raison valable. Et si vous ne combattez pas ces guerres, vous verrez des choses encore plus atroces vous frapper. Et pour cela, mes frères, nous devons reconnaître la charge qui est la nôtre : cette charge que nous portons tous comme hommes politiques, comme médecins, comme ingénieurs, comme avocats. Vous ne saurez jamais mieux vivre tant que vous n'aurez pas acquis vos droits. Vous devez oeuvrer pour l'aboutissement d'une vraie politique, celle qui découvre le véritable ennemi et celle qui reconnaît les véritables besoins de la population."

"La guerre est là. Elle est donc là! Et pour cela, la formation que vous avez reçue ici, on pourrait la comparer à de la semence. Quand vous plantez une seule semence, c'est pour en récolter des milliers. Les semences c'est nous. Ainsi, puisque vous êtes au nombre de 500, comme on l'a dit, ayez une mission : celle de transformer chacun de vous 100 autres Congolais et si vous faites ainsi, nous aurons à totaliser 50.000 personnes qui sauront répondre à la question de savoir qui est l'ennemi du Congo. Et chacun de ces Congolais pourra à son tour continuer cette oeuvre. C'est très important. C'est important de mener la guerre et d'expliquer aux gens qui ignorent et qui doivent comprendre le sens de cette guerre. C'est important qu'ils connaissent le pourquoi de cette guerre et qu'ils découvrent qui est leur ennemi et quels sont leurs besoins?"

"Nous tous, Congolais et Rwandais, avons une chance commune. Nous avons tous une mauvaise histoire de nos pays mais pour l'instant, nous devons profiter tous ensemble. C'est vrai que la guerre n'est pas bonne parce qu'elle apporte les difficultés de tous genres. Cependant, profitons de cette guerre car je vous le promets : grâce à cette guerre, l'avenir des Congolais et des Rwandais sera meilleur, grâce à l'expérience et à la sagesse accumulées tout au long de cette guerre. Grâce à cette guerre, nous parviendrons à connaître notre ennemi et les besoins de nos populations. Si nous combattons aujourd'hui, nous devons être en mesure de dire - en dépit de la longueur de la guerre et des vies humaines que nous perdons - que les Rwandais et les Congolais vivront demain dans la paix, éternellement. C'est ça l'essentiel. En tout cas c'est ça l'essentiel."

"Un petit mot enfin pour expliquer comment cette guerre a commencé et pourquoi le Rwanda se trouve engagé dans la guerre au Congo. Cela fait suite au besoin de paix qu'avait tant le Rwanda frappé par des gens qui venaient de l'autre côté. Ces difficultés venaient du pays voisin, du pays frère. Nous n'avons pas mis cela au compte du peuple. Nous avons mis cela au compte des dirigeants du pays frère. Les dirigeants et le peuple sont différents. Le peuple diffère de ses dirigeants. Mais si les dirigeants sont acceptés par le peuple et qu'ils répondent aux besoins de la population et si c'est réellement le gouvernement du peuple, ils ne sont pas différents du peuple. Nous n'en sommes pas encore là au Congo - et ce n'est un secret pour personne. Nous n'en sommes plus très loin au Rwanda si l'on voit d'où l'on vient et comment les choses évoluent. Et pour cela, ils nous a été demandé de combattre pour changer la mentalité des dirigeants et celle de notre peuple et confirmer que nos pays pourront se développer et progresser comme les autres pays. Des pays qui s'entendent et qui mettent en première ligne les intérêts du peuple, des pays qui coopèrent."

"Ainsi, mes frères, je suis très heureux d'avoir partagé avec vous ces quelques idées et j'espère que nous allons garder les choses que nous avons découvertes ensemble ici parce qu'elles sont nécessaires pour notre vie. Pour ces entretiens ou pour le séminaire que nous avons eus ensemble, nous vous demandons de continuer à nous considérer pour le meilleur et pour le pire, que nous puissions agir ensemble et combattre ce qui pourrait être de pire pour nous tous. Et nous vous promettons notre soutien selon nos possibilités, soutien très modeste, vous le savez. Mais nous partageons et partagerons ce qui est disponible ou le sera surtout si nous découvrons que c'est pour l'intérêt de nos deux pays. Et puisque vous repartez demain, permettez-moi, après vous avoir souhaité la bienvenue, de vous dire au-revoir et bon voyage, mais surtout, de vous rappeler que vous êtes ici chez vous. Vous y restez aussi longtemps que cela vous plaira, pour y effectuer l'une ou l'autre activité. Et pour terminer, je vous laisse la parole pour me poser toutes les questions possibles. Je vous remercie et je remercie toutes les autorités présentes ici. Merci beaucoup"