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Fils aîné
de Mobutu, Manda brise la fausse cohésion familiale
CELA était un secret de Polichinelle : le feu
couvait dans la maison de feu Mobutu. Le fils aîné
en vie de feu Maréchal Mobutu Manda, 39 ans, vient de
briser l'harmonie familiale de façade : il n'associera
pas son nom, déclare-t-il à la journaliste Marie-France
Cros de la Libre Belgique, datée 23 août, à
"l'impopulaire clan de la seconde épouse de feu Mobutu"
et dissocie du même coup son projet politique de celui
de son demi-frère, Mobutu Nzanga, 29 ans, qui dirige dans
la plus grande discrétion une idée politique évanescente
appelée "Renaissance" et a créé
à Rabat au Maroc une entreprise de Public Relations dénommée
Aries Communications Group S.a.r.l., dont la première
manifestation publique a été l'édition,
l'année dernière, d'une série de bandes
dessinées d'un auteur marocain destinées aux enfants
marocains.
Manda est le rejeton du premier mariage de Mobutu avec Marie-Antoinette
vénérée par nombre de Zaïro-Congolais
pour sa simplicité et sa main tendue, alors que Nzanga
provient de la deuxième union avec Mama Bobi Ladawa que
des livres récents, notamment celui d'un gendre belge
et d'un ancien conseiller, présentent comme atroce ou
ayant joué un rôle négatif au cours des dernières
années aux côtés de Mobutu. Toujours aux
côtés de sa mère en vue de l'aider à
remonter la pente, Nzanga a toujours rejeté l'image généralement
présentée de sa mère, expliquant que vérité
sera un jour connue. Comptant sur ses liens personnels avec sa
demie-soeur Ngawali, il jouait la carte d'une famille unie qui
ne l'a jamais été en réalité. Il
y a trois mois, Manda et Nzanga ont donné dans l'autre
journal de Bruxelles, le Soir, une interview commune, signe...
d'unité de la famille. La disparition du Roi du Maroc
Hassan II qui s'était investi "personnellement"
dans le sort des Mobutu ouvre des perspectives incertaines. Mohamed
VI, le nouveau monarque, se sentira-t-il lié par des engagements
pris en son temps par son père? Les choses se compliquent
encore s'il faut ajouter la nouvelle donne que constitue l'engagement
politique de l'homme d'affaires Jean-Pierre Bemba, président
du MLC (Mouvement de libération du Congo) dont les armées
contrôlent désormais une part importante de la province
de l'Équateur dont les territoires appartenant aux tribus
Ngbaka (Gemena) et Ngbandi (Gbado-Lité.)
Le glas sonne une seconde fois. Or, fils de l'ancien milliardaire
Jeannot Bemba Saolona aujourd'hui ministre de Kabila, Jean-Pierre
Bemba est le beau-frère de Nzanga, dont la soeur propre
Kathy a épousé le fils de Mobutu. Même si
Nzanga dit se sentir éloigné de son beau-frère,
les succès de celui-ci sur le terrain le laissent-ils
insensible? Cette situation objectivement favorable pour "le
clan de la seconde épouse" explique-t-elle que Manda
se soit jeté à son tour à l'eau? Le glas
sonne-t-il une seconde fois pour les Mobutu? Manda a, en tout
cas, décidé de faire bande à part en se
lançant dans la course politique avec son parti, le Rassemblement
national populaire, RNP, et s'est donné pour objectif,
déclare-t-il à la Libre Belgique, "d'unifier
les Congolais." En toute priorité, il veut "s'attaquer
aux problèmes sociaux et économiques : payer les
salaires des fonctionnaires, des diplomates, réorganiser
le transport et la santé." Reste que si Marie-Antoinette
est restée populaire dans l'imagerie zaïro-congolaise,
cela n'est pas évident pour Manda et si Bobi peut être
réputée impopulaire, elle a l'avantage d'être
en vie. Ses chances sont intactes de se racheter et de remonter
la pente. Quant à Nzanga, sa jeunesse aussi bien que ses
prestations aux côtés de son père mourant
laissent de lui l'image d'un enfant encore pur politiquement
et qui a tout son avenir devant lui.
B.L
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