COMMUNIQUE DE PRESSE

Rassemblement Congolais pour la Démocratie

Les combats, depuis une dizaine de jours, ont repris sur toutes les lignes de front avec une rare violence. Ils sont desormais quotidiens et très sanglants.

Les armes de Kabila, renforcées par des rebelles Burundais FDD, d'anciens miliciens Rwandais Interahamwe, des bandes armées Mai-Mai, tous alliés de Kabila de qui ils recoivent armes, munitions, vivres et argent, attaquent, depuis des semaines, nos lignes de défense, de facon massive :

Au Katanga, à Luizi, Kongolo, Lubinda, Ankoro, ou l'ennemi a incendie les maisons des villages de Mukuwa et de Kabanga ; Au Kasa, à Longa Port et Ngandajika ; à l'Equateur, à Kafeka, sur l'axe Ikela, Bomanza et Ene ; Dans le Kivu, dans les forêts de Masisi, Ngungu et Katoyi, dans celles de Shabunda et dans les montagnes du Sud-Kivu, à la frontière du Burundi et du Rwanda, de même que dans la localité, dite Longa Port. Depuis le 10 mars en cours, le bilan de ces affrontements, dresse, par l'Etat-Major General de notre Armee Nationale Congolaise, ANC, est très lourd : deux cents (200) soldats au moins tués dans les deux camps, dont cent quatre-vingt douze (192) dans le camp de l'ennemi dont au Kasai, à Idumbe, cent soixante-dix (170) morts, six (6) au Katanga, à Kongolo, quatorze (14) dans la foret de Masisi dans le Nord-Kivu. L'ANC déplore malheureusement la mort, dans ses rangs, lors de ces combats violents, de trois soldats dont un Commandant en second, Lomete Wenge, tombe, sur le champ de bataille, à Lubinda, sur l'axe Manono, dans le Katanga.

Le Commandant était originaire de la Province de Bandundu, district de Maindombe. Il est mort le 10 mars dans la matinée , à Lubinda, alors qu'à la tête de ses hommes, il venait d'infliger une lourde défaite aux forces ennemies qui, en provenance de la localité de Mitwaba, se réorganisant à Kisele, avaient tenté d'attaquer la ville de Manono.

Le Commandant Lomete Wenge a été fauché par une roquette lancée par l'ennemi qui se repliait en débandade. Deux (2) de ses gardes ont été blessés. Deux (2) autres soldats de l'ANC sont tombés le 15 mars dans des combats violents dans la foret de Masisi et de Ngungu face aux Interahamwe, FDD et bandes armées Mai-Mai. Ces combats ont eu lieu aux environs de 21 heures.

L'ennemi a perdu quatorze (14) hommes dans ces combats et d'importants matériels ont été récupérés. Lors des derniers combats, l'ennemi fait usage d'artillerie lourde et mène des operations combinées, l'infanterie au sol, tant soutenue dans le ciel par des hélicoptères et des avions de combat.

A l'Equateur, l'armée de Kabila, soutenue par le contingent zimbabween lourdement arme tente des operations vers la localite d'Opala et vers la troisième ville du pays, Kisangani. Les attaques sont quotidiennes.

Le 16 mars, l'ennemi a perdu deux (2) soldats sur cet axe. Le 13 mars, l'ennemi a attaqué nos lignes de defense à Kafeka. Nos hommes ont enregistré quatre (4) blesses. L'ennemi a réussi a évacuer tous ses blesses. Dans la foret du Sud-Kivu, l'ennemi approvisionne
quotidiennement en armes, munitions, vivres et argent les anciennes milices rwandaises Interahamwe en les leur larguant sur des petites pistes aériennes, notamment celles de Ndjovu et de Lulinga dans le territoire de Shabunda. Les avions, des Antonov de fabrication russe, décollent de la base militaire de Kamina, dans le Katanga et de l'aeroport de Mbandaka, à l'Equateur.

Tout recemment, un activiste des droits de l'homme accusé d'être un espion au service de notre Mouvement, est mort, égorgé vif, sur la place publique, par un général local, un certain Dunia, commandant ces bandes armées, comme mode d'initiation et de bravoure.

L'ANC note aussi un mouvement quasi quotidien sur le lac Tanganyika, ou des rebelles burundais FDD et des Interahamwe, en provenance d'un pays voisin, débarquent sur la cote d'Ubuari dans le Sud-Kivu, et s'infiltrent dans la foret de Fizi ou ils font jonction avec les bandes Mai-Mai, à Kananda, siège de leur Etat-Major, d'ou ils se répandent ensuite dans les montagnes du Kivu et d'ou ils menacent en permanence les villes du Kivu mais aussi la capitale burundaise Bujumbura et rwandaise Kigali.

Les rebelles burundais FDD, les Interahamwe et les bandes armées Mai-Mai sont approvisionnés, faut-il le rappeler, par M. Kabila, pour le compte de qui ils agissent.

Le RCD s'attend au front à des combats généralisés, au cours des prochaines heures et, dans la province du Kasai Occidental a Idumbe, Dekese et Longa Port.

Idumbe et Dekese étaient des positions du RCD, tout comme Bokungu et Ikela, presentees à Lusaka lors de la signature de l'accord de paix. Les armées de Kabila, appuyées par les hommes et l'armement zimbabween, nous ont surpris, comme tout le monde le sait, violant
ainsi indument, gravement le cessez-le -feu que le régime de Kinshasa avait signe alors que nous l'observions. Nous avons perdu ces villes.

Le 10 mars, Kabila et ses troupes ont voulu récidiver en menant des opérations pour tenter de réprendre la localite de Kole. Nos soldats ont freiné leur progression mais les ont poursuivis cette fois, exercant leurs droits légitimes et, dans la foulee, nos hommes ont pris la stratégique localité de Idumbe et se sont emparés de Longa Port, près de Ilebo, anciennement Port-Franqui.

Nos hommes ont récupére des centaines de caisses de munitions LMG, une centaine d'armes individuelles, six (6) armes MMG, une centaine de bombes de mortiers, deux (2) vehicules Land Cruiser et un grand camion de transport de troupes abandonnés par les hommes de Kabila, défaits. Dans ces combats auxquels des soldats soudanais ont pris part aux cotés de Kabila, nos hommes ont fait prisonniers quinze (15) soldats congolais de FAC qui sont traités selon la législation internationale en matière de prisonniers de guerre.

Après la bataille de Idumbe et de Longa Port, désormais, les villes de Kananga et de Mbuji-mayi sont prises à revers, isolées et encerclées.

Nos hommes sont aux portes de la Province de Bandundu, à une centaine de kilomètres de Idiofa, sur la voie conduisant vers Kikwit, que les habitants devraient libérer eux-mêmes, se révoltant contre le régime de dictature.

Nous apprenons que Kabila s'emploie, présentement, a charger lourdement en armes et soldats, deux (2) navires de guerre qui font mouvement sur la rivière Sankuru en vue de contre attaquer Idumbe.

Cela ne surprend pas des instances du Mouvement dès lors qu'à l'issue de la récente manipulation de Kinshasa ou venait de se réunir une soi-disante Consultation Nationale, Kabila a déclaré que le " Peuple Congolais en consultation" lui avait demandeé de déchirer les accords de Lusaka.

Kabila s'apprète à nommer un Parlement-bidon et Arthur Z'Ahidi Ngoma, Premier ministre. Le Mouvement qui lutte pour le changement et pour la démocratie, en vue de donner sa chance à notre pays, est et reste serein, respectueux du processus de paix de Lusaka.

Mais jamais - et que cela soit entendu - il ne croisera les bras et n'acceptera de se laisser massacrer par les armees de Kabila. Il reste la grande question que le Mouvement se pose : c'est celle de savoir si la Communauté internationale croit toujours au protocole d'accord de Lusaka. Et si elle croit, pourquoi ne condamne-t-elle pas le regime de Kabila, coupable de telles violations du cessez-le -feu de Lusaka ?
Il n'est plus un secret pour personne que Kabila a lancé sa contre offensive.

Si la Communauté internationale n'est pas en mesure d'avancer vers la paix, en bloquant les opérations armées de Kabila et de ses alliés, dont les Zimbabweens et les Soudanais, en désarmant les forces négatives désignées par Lusaka, l'Armée nationale congolaise a recu ordre de se battre, jusqu'au but final, c'est-a-dire le changement de régime a Kinshasa. Elle en a la volonté et la capacité.

Goma, 20 mars 2000
Le Chef d'etat major General de l'ANC le Commandant Ilondo Hugo
Le chef du Departement de la Communication et de la Culture,
le Prof Kin-kiey Mulumba , porte-parole.