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Il faut au Congo de demain de vrais
patriotes, non des opportunistes. Une campagne outrancière
est menée ces temps derniers dans les médias internationaux
contre le RCD. Le Rassemblement Congolais pour la Démocratie
est bien le Mouvement qui a pris les armes, un certain 2 août
1998, pour lutter contre l'incurie de M. Kabila et de son régime.
Le dialogue politique qui doit exister au sein de toute société
civilisée étant rompu, le Mouvement du changement
voulait rétablir ce dialogue, c'est-à-dire installer,
au coeur du Continent africain, la Démocratie, l'Etat
de droit, le respect des Droits de l'homme. A l'arrivée
au pouvoir de M. Kabila, le peuple congolais s'était déjà
battu lui-même contre la dictature mobutiste qui régnait
alors dans le pays. Il avait sû arracher d'importants acquis
: liberté d'association, liberté de manifestation,
liberté d'expression, liberté de presse. Les partis
politiques, même trop nombreux, et sans toujours disposer
de la légitimité nécessaire - c'est le cas
des partis "alimentaires" - avaient au moins l'avantage
d'exister. Ils participaient à la prise de conscience
populaire. La presse écrite, même perfectible, animait
la vie politique nationale en interpellant chaque jour, souvent
avec insolence, les dirigeants politiques. Le peuple attendait
que la fin du régime Mobutu ouvre la voie à la
relance active de ce processus et permette de parfaire ce modèle,
que le pays mette définitivement le cap sur l'excellence,
que la réconciliation nationale devienne effective, que
le pays entier se remette enfin au travail productif. Tel ne
fut malheureusement pas le cas. La chasse aux sorcières
fut engagée impunément. Les biens privés
furent confisqués au profit d'autres individus. Les dirigeants
qui devraient montrer à la Nation le chemin à suivre
se mirent eux-mêmes à s'interroger et à se
tromper. L'effort fut mis dans le processus de déstructuration
du tissus social. l'armée n'y échappa pas. Au lieu
d'être nationale, elle fut bientôt composée
exclusivement de ressortissants d'une même contrée.
Sans oublier les services de sécurité, la diplomatie,
la magistrature, le gouvernement, etc. Bientôt, le régime
se lançait dans ce qu'il savait faire de mieux : la division
et, donc, le culte de la haine ethnique. Ceux qui avaient fait
Kabila roi, au lieu d'être remerciés, au moins moralement,
allaient être diabolisés et donnés en pâture.
Le pouvoir se conduisait sur le mode du grand gangstérisme.
Le cartésianisme en perdait ses grades. Le spectre d'une
nouvelle guerre plus dévastatrice - avec tous les risques
de sécession ou de partition - pointait à l'horizon.
Il fallait agir vite. Et pour cela, il fallait au Congo des Patriotes,
non des opportunistes. Nos plus vaillants soldats se sont jetés
dans la bataille. Il fallait à tout prix écarter
du chemin de notre chère Patrie le danger que constituait
un régime irresponsable, dictatorial, ethniste, archaïque.
Pour ce faire, il fallait réunir
tout le monde et rassembler aussi pleinement que possible. Il
fallait trouver des hommes et des femmes à l'intérieur
du pays mais aussi à l'extérieur. Que ceux qui
ont volé ou pillé ce pays - et dont les preuves
sont avérées - rencontrent le chemin qui conduit
au pardon et à la répentance, comment, par principe,
les exclure du grand Mouvement?
En attendant que la Justice se fasse, c'est naturellement qu'ils
se découvriront eux-mêmes, grâce à
la sélection naturelle. La deuxième guerre du Congo
- par sa durée - a été bénéfique
à la lutte. Au fur et à mesure que les jours passent,
les faux leaders se découvrent eux-mêmes en se lançant
dans leur jeu favori : l'absence d'idéal et de convictions
fortes, le double langage, le mercenariat, la course au repositionnement
et aux prébendes. Toute cette classe de politicailleurs
et d'affairistes qui s'est découverte lors des années
folles du Mobutisme finissant, qui a réalisé des
alliances et les a détruites à la même vitesse
avant d'en créer des nouvelles, a cru refaire surface
impunément à Goma en voulant réaliser un
énième hold-up.
Pour avoir empêché cela et parce qu'ils sentent,
disent-ils, que la victoire finale pourrait ne pas appartenir
aux seules Forces du changement, le RCD qu'ils ont rejoint hier
en masse en se confessant au préalable pieusement dans
l'antichambre, est aujourd'hui donné en pâture.
Dans des déclarations désormais distribuées
auprès d'agences de presse internationales, on explique
qu'on pactise avec le diable Kabila parce qu'il n'y a plus de
victoire militaire possible à attendre, que le coût
humain d'une victoire militaire à Kinshasa serait trop
lourd, que le Kasaï et ses mines du diamant étant
minés par les Zimbabwéens, "le coût
économique" d'une prise de Mbuji-Mayi serait également
trop lourd. Est-on venu à Goma parce qu'il y avait, en
perspective, la prise des mines de Mbuji-Mayi? Si l'on doit s'en
aller puisque la prise de la ville minière serait devenue
brusquement impossible, pourquoi ne pas s'en aller calmement?
L'histoire des luttes révolutionnaires dans le monde ne
fait-elle pas état des villes minées mais sur lesquelles
des hommes forts d'un idéal marchent? Parlant de coût,
humain ou économique, quand est-ce que ce coût devient-il
insupportable pour l'homme qui l'a initié? Lorsque, en
temps de guerre, on est en intelligence avec l'ennemi et qu'une
sanction vous frappe, le sérieux n'exige-t-il pas qu'on
se taise? Combien d'officiers et de civils Kabila n'a-t-il pas,
pendant cette guerre, fait passer par les armes pour peu qu'ils
aient été accusés d'être en intelligence
avec les rebelles? Par contre, combien d'hommes les rebelles
ont-ils exécutés pour les mêmes lourds griefs?
Plus que jamais, ce qui compte au RCD c'est l'idéal haut
qu'il faut avoir, ce sont les moyens qu'il faut, dans un processus
révolutionaire, chaque jour créer, qu'il faut avoir
constamment, les hommes de qualité supérieure,
les permanences, les cohérences, les valeurs Près
qu'il faut rechercher et trouver. Le RCD vit un tournant décisif.
Aucun membre ne peut permettre en ce moment, en son sein, qu'on
s'écarte de la ligne du Mouvement. La rigueur doit être
désormais de mise.
Nul n'est intouchable. Le respect de la discipline et du Réglement
du Mouvement doit prévaloir désormais sur tout.
Tout le monde est punissable. L'on doit s'attendre sans doute
à d'autres sanctions et à d'autres départs.
Les départs ne peuvent signifier la fin du Mouvement.
Les hommes sont remplaçables. Seul demeure à jamais
l'idéal. Et celui du Rassemblement Congolais pour la démocratie
n'est autre que de réaliser la paix dans le pays et dans
la Région des Grands lacs.
Goma 12 avril 2000
Le Chef d'Etat major Général de l'Armée
Nationale Congolaise-RCD
Le Commandant Ilondo Efongo Hugo
Le Chef du DÄpartement
de la Communication et de la Culture, le Prof.
Kin-kiey Mulumba,
Porte-parole.
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