Vers une politique de communication d'adéquation en territoire Rdc-Rcd

Aussi longtemps que le RCD ne se dotera pas de supports performants, il ne pourra espérer toucher sa cible, n'obtiendra pas l'adhésion populaire et ne saura conquérir les coeurs des gens

1.4.4.2. Presse nationale privée. Chercher à encadrer journaux, radios, t.v et journalistes, qui nous sont d'abord favorables sans rejeter par principe ceux qui nous seraient défavorables (...).
1.4.4.3. Presse nationale publique. Le pays RCD dispose d'une toile d'araignée constituée de 9 stations radio et 5 stations télé. Il faut ici mettre en route une réforme structurelle.

1.4.4.4. Investir le réseau Internet. À ce jour, la rébellion est cruellement absente formellement de la toile Internet. Nous n'avons aucun site alors que les dirigeants de Kinshasa en ont au moins deux. De plus, tous les adeptes de Kabila aux États-Unis continuent d'irriguer le réseau des réseaux en faveur de leur idole.

1.4.4.5. Aller vers la diaspora. À ce jour, on ne compte aucune conférence de sensibilisation de notre population, très active et très influente, vivant à l'étranger (Europe-Amériques) mais au contraire, des manifestations hostiles sont organisées devant les ambassades américaine, française, rwandaise et ougandaise (Paris-Bruxelles-Kinshasa, etc.) qui frappent l'opinion sur la légitimité restée intacte de Kabila et a contrario l'illégitimité de cette "nouvelle" rébellion. Des réunions publiques oecuméniques sur des campus universitaires ou des interventions sur des radios et des télévisions sont toujours très demandées. Elles permettent de diffuser un certain type de message. Cette guerre est fondamentalement une guerre juste. Si elle n'avait pas eu lieu, elle aurait due être menée. Cependant à la suite d'erreurs de présentation (stratégie et tactique) commises par la rébellion, Kabila apparaît aujourd'hui comme un homme à qui on refuse sa chance. À la suite du manque d'imagination de ses pourfendeurs, Kabila devient ainsi le défenseur du peuple, alors que le camp d'en face est composé de méchants et vulgaires traîtres à la solde de l'étranger pillard de matières premières. Au plus grand regret de la rébellion, l'étranger réaliste prend de plus en plus conscience de ce fait et souhaite accorder sa chance à Kabila. Il faut tenter quelques actions.

II. Plan d'actions.
2.I. Énoncé du problème.
2.1.1. Il n'y a pas de communication sans moyens (supports) de communication;
2.1.2. Vous avez beau élaborer un message, le fignoler autant que faire se peut, si celui-ci ne touche pas physiquement sa cible (le public visé), cela n'est qu'un coup d'épée à l'eau : le résultat que recherche toute communication, c'est-à-dire l'adhésion, c'est-à-dire la transformation des mentalités des gens, sera nul;
2.1.3. Par contre, même si le contenu du message n'est pas élaboré, même si ce contenu est relativement peu performant (peu professionnel), si ce message touche physiquement, régulièrement, systématiquement sa cible, à terme, il laissera des traces (une marque, un impact) sur sa cible. D'où l'urgence dans tout processus de communication, de commencer par le commencement : faire exister le (s) support (s);
2.1.4. Or, dans les territoires RCD, il n'existe aucun support de presse, ni écrit, ni audio-visuel touchant l'ensemble du territoire;
2.1.5. Tout logiquement, le RCD ne peut, dans ses territoires, actuellement, espérer obtenir le résultat, c'est-à-dire l'adhésion du plus grand nombre, et aller à la transformation de la société congolaise que son action armée envisage depuis plus d'un an déjà;
2.1.6. De même, les nouveaux territoires que cherche à conquérir le RCD, ceux du Sud profond et des confins de l'Ouest, ignorent tout des intentions du RCD dès lors qu'ils restent hors d'atteinte du RCD;
2.1.7. Plus grave : la propagande anti-RCD est massive au Sud et à l'Ouest du pays, et même dans nos propres territoires (écoutes collectives par des antennes paraboliques avec effets multiplicateurs par cassettes-vidéo des émissions RTNC-Kinshasa); cette propagande déconsidère l'action du RCD et la disqualifie sur un terrain pré-conditionné (propice).
2.1.8. Conclusion : aussi longtemps que le RCD ne se dotera pas de supports performants, il ne pourra espérer toucher sa cible, n'obtiendra pas l'adhésion populaire nécessaire et ne saura conquérir les coeurs des gens. Le Mouvement perdra chaque jour un peu plus de terrain et finira à terme par être soldé.

2.2. État des lieux.
2.2.1. En attendant une présentation plus exhaustive ou plus précise du secteur de l'audio-visuel dans les territoires RCD et qui ne sera possible qu'après une tournée sur les différents sites, il faut noter qu'il existe une station radio dans les villes ci-après :
2.2.1.1. Goma;
2.2.1.2. Bukavu;
2.2.1.3. Kindu;
2.2.1.4. Uvira;
2.2.1.5. Kalemie;
2.2.1.6. Lodja;
2.2.1.7. Beni;
2.2.1.8. Butembo;
2.2.1.9. Kisangani.

2.2.2. De même, une station de télévision fonctionne dans les villes suivantes :
2.2.2.1. Goma;
2.2.2.2. Bukavu;
2.2.2.3. Kalemie;
2.2.2.4. Kisangani;
2.2.2.5. Beni.

2.2.3. Soit une toile d'araignée constituée de 9 stations radio et de 5 stations télé.

2.2.4. Ces stations sont dans un état de délabrement total et leur équipement ressemble à celui de la préhistoire de l'audio-visuel. La diffusion en continu est impossible, les arrêts fréquents pour cause de panne, les équipements - une vraie quincaillerie - nécessitent des heures de refroidissement. Quant à la télé, il ne s'agit pas d'une télé mais d'un canal vidéo diffusant en continu des images enregistrées sans possibilité d'aucune intervention ultérieure (impossibilité de montage, d'effaçage, de truquage, etc.), sans possibilité de faire intervenir un journaliste ou une téléspeakerine.

2.2.5. Du point de vue du contenu, ces stations, hormis celle de Goma, sont des stations "libres", échappent au contrôle du RCD et, dans tous les cas de figure, ne doivent pas être aussi "surveillées" que la station de Goma. Elles suivent une ligne éditoriale guère conforme à celle du RCD à la suite notamment de leur éloignement géographique du siège des institutions;

2.2.6. Du point de vue de la qualification professionnelle, techniciens et journalistes ne sont pas formés ou ont appris sur le tas les rudiments du métier. D'où l'urgent besoin de les recycler.

2.3. Pistes de solution : les actions d'urgence.

2.3.1. Au plan interne (audio-visuel public.)

2..3.1.1. Faire exister physiquement l'audio-visuel.
2.3.1.1.1. En rendant techniquement possible la production et la diffusion des émissions radio et télé en direct et en différé par l'acquisition sans délai d'un matériel acceptable de production et de diffusion (cfr. annexe.)
De toute urgence, il faut acquérir au minimum :
- un banc de montage;
- 1 mixer-vidéo;
- 2 caméras professionnelles (Betacam);
- 3 magnétoscopes professionnels (Betacam);
- 3 camescope S-VHS;
- 2 microphones;
- 2 ordinateurs;
- Mobilier de studio
- équipement d'éclairage( projecteurs);
- 2 lecteurs CD;
- moyens de télécom (2 GSM, 2 Télécels);
- 1 mixer studio;
- 2 DEK professionnels;
- 2 camionnettes type HIACE (tout en restituant la jeep de la RTNC réquisitionnée par le Département de l'Information et de la Presse, et qui a contribué à l'aggravation de la situation des techniciens et journalistes.)

2.3.1.1..2. En augmentant le temps d'antenne aussi bien que la couverture audio-visuelle sur l'ensemble du pays et au-delà des frontières. À cet effet, divers projets sont en cours pour acquérir une station radio "ondes courtes", avec possibilité de faire de la FM dans certaines villes.

Le temps d'antenne provisoirement arrêté sur RTNC/Goma est le suivant :

- radio: émissions non-stop de 6 heures à 22 heures avec un journal français, swahili toutes les heures, le grand bulletin intervenant à 7 h 00', 8 h 00', 12 h 00' et à 18 h 00'.

- télé : émissions non-stop de 17 h 00' à 22 h 00' avec journaux à 18 h 00' et à 21 h 00.'

2.3.1.1.3. En montant un desk de contenu à Goma, chef-lieu des institutions du RCD, composé d'équipes de stations provinciales. Deux ou trois agents resteraient cependant sur place aux fins d'assurer la couverture des informations locales, avec possibilité de faire fonctionner un système de décrochage au bénéfice des informations provinciales. Dans un premier temps, le contenu sera essentiellement le suivant :
- infos (de proximité);
- débats (qui traitent de tous les sujets d'actualité même difficiles);
- sports;
- musique.
Mais la politique éditoriale devra veiller à tout prix à éviter de mettre en coupe réglée les auditeurs et les téléspectateurs par des discours langue de bois au moment où nos populations sont assiégées par des médias périphériques alternatifs autrement plus performants. Au contraire, la politique doit aller vers l'espace-témoin et préfigurer le projet de société que veut ériger au Congo notre Mouvement.

Dès lors, elle sera la suivante :
- une plus grande liberté;
- une plus grande responsabilité;
- une plus grande indépendance;
- un plus grand professionnalisme (un professionnel comprend au quart de seconde; il entrevoit les enjeux; cela évite des malentendus.)

2.3.1.2. Mettre le cap sur le professionnalisme.

2.3.1.2.1. En organisant une session de formation sur sur les techniques de reportage audio-visuel, sur les nouveaux médias (Internet, Intranet, Cd-Rom, télécoms, modems, etc.), sur l'éthique et la déontologie professionnelle.

2.3.1.2.2. En faisant venir à Goma une équipe de professionnels nationaux évoluant à Kinshasa et en Europe, qui seraient mis en contact des techniciens et journalistes de la RTNC/ RCD;

2.3.1.2.3. En créant un service commercial, absent à l'heure actuelle, avec pour but de vendre l'espace audio-visuel (publicité, sponsoring, etc.) et d'organiser des spectacles en coproduction éventuellement;
2.3.1.2.3. La RTNC, ne recevant pas de subsides de l'État, l'État recourant cependant aux services de la RTNC, celle-ci doit faire payer le service qu'elle rend à l'État afin de sauvegarder l'outil de travail en faillite (à l'annonce de la restructuration du Comité Exécutif, la radio-télévision nationale disposait dans sa caisse d'une somme en nz équivalent à USD 20!) et comme contribution à la qualité.

2.3.1.2.4. L'État a l'obligation, comme prestation démocratique, d'encourager les institutions et les entreprises aussi bien publiques que privées à faire des annonces commerciales à la radio-télé publique;

2.3.1.2.5. Le Département de la Communication et de la Culture souhaite le rétablissement de la redevance sur la radio et la télévision pour le service rendu à la population et réfléchit sur la modalité appropriée de la collecte;

2.3.1.2.6. Le Département doit disposer d'outils élémentaires de travail, soit trois lignes téléphoniques commutées:

2.3.1.2.6.1. La première pour le téléphone local et international;
2.3.1.2.6.2. La deuxième pour la ligne fax internationale;
2.3.1.2.6.3. La troisième pour brancher le système Internet (qui existe déjà);
2.3.1.2.6.4. Un abonnement à deux agences de presse internationales (sur le net);
2.3.1.2.6.5. Un abonnement aux principaux journaux et newsletters confidentielles qui se publient à Londres, Paris, Bruxelles, New York et Washington.

2.3.2. Au plan externe (presse et audio-visuel privés.)

2.3.2.1. Presse internationale et Presse nationale à Goma.
2.3.2.1.1. Aussi souvent que possible et, chaque fois que l'actualité le permet, faire un point de presse (conférence et/ou deux pages maximum de communiqué de presse reprenant l'évolution de la situation des fronts.) Cette rencontre permet de garder le contact avec les journalistes, d'écouter leurs besoins, de mieux socialiser.

2.3.2.1.2. Aussi souvent que possible avoir des contacts informels avec les journalistes, aussi bien nationaux qu'étrangers.

2.3.2.2. Presse internationale étrangère.
2.3.2.2.1. Établir et entretenir des contacts avec les principaux journaux, magazines et radios (...)

2.3.2.3. Presse nationale.
2.3.2.3.1. Chercher à passer un deal avec certains journaux, radios et t.v qui nous sont favorables sans rejeter par principe ceux qui nous seraient défavorables.
2.3.2.3.2. Mettre en place un organe officiel de presse (style bulletin officiel du RCD), disposant d'un fort tirage et qui reprendrait les publications officiel du RCD.

2.3.2.4. Toile Internet
2.3.2.4.1. Il nous faut sans délai être présent sur la Toile et la meilleure façon est de disposer au moins d'un Site propre, officiel. Il faut donc construire ce Site qui doit être mis à jour au moins une fois par jour. Sur ce site se reporteront tous les Internautes, la presse internationale, les chancelleries et les experts à la recherche d'une information d'origine contrôlée RCD. Nous devrions également avoir recours à des sites frères et envoyer des e-mails (courrier électronique) à tous les responsables du monde politique et économique. En même temps, il nous faut désigner des "combattants" qui animent et participent à des débats sur Internet, présentant et défendant nos thèses (...). Goma, le 01 novembre 1999.